Le même coup à chaque fois ! Dès que se profile une élection, le gouvernement nous ressort un de ces joujoux idéologiques qui ne servent que de torchon rouge, et dont le fond lui est totalement indifférent. Ainsi le “grand” débat sur l’identité nationale est-il de retour depuis quelques jours, et aujourd’hui le couvre-feu pour les moins de 13 ans. Même le syndicat de police Alliance, pourtant pas réputé être proche de l’opposition, a réagit en expliquant qu’on ne peut à la fois supprimer les effectifs de police par milliers et proposer des missions supplémentaires aux agents (ce qui évite audit syndicat d’aborder la question de l’opportunité d’une telle mesure). Pierre Moscovici et Martine Aubry ont qualifié le “grand” débat de Besson de malsain. Et ils ont raison(quant à Besson lui même,…).
Malsain, grossier et cynique. Oui au débat, mais pas maintenant, et pas comme çà. Pas en insinuant que tout ce qui vient d’ailleurs serait contraire à l’identité de la France qui , au contraire, s’est bâtie sur des immigrations successives. Qui s’aviserait de remettre en cause l’identité française des immigrés de deuxième génération Brassens, Montand ou Aznavour ? Là où le débat sera intéressant, s’il est vraiment posé sereinement et avec raison, c’est lorsqu’il abordera et posera la vraie et seule question : moi, Français, d’où suis-je ?… Suis-je de là où je suis né et où sont nés mes aïeux ? Suis-je de là où je suis bien ? Suis-je de là où je partage les valeurs du pays ? Suis-je de là où j’ai un projet ? Et on reposera alors la question du droit du sol et du droit du sang. “L’homme n’appartient ni à sa langue, ni à sa race : il n’appartient qu’à lui-même, car c’est un être libre, c’est un être moral (…). La vérité est qu’il n’y a pas de race pure, et que faire reposer la politique sur l’analyse ethnographique est une chimère. Les plus nobles pays, l’Angleterre, la France, l’Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé!“, disait Ernest Renan dans sa fameuse conférence de la Sorbonne qui a posé les bases de la conception française de la nation, conception ouverte, généreuse et intelligente (alors que Fichte théorisait la nation allemande, fondée sur le droit du sang). Relisons Renan, et si débat il y a, qu’il se fasse dans le respect des uns et des autres, sans arrière-pensées électoralistes. Un vrai débat. Pas une manipulation.
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