Plus d’internet !

Je n’ai plus Internet depuis plusieurs jours… et je récupèrerai ma connexion au mieux le 15 février. Difficile de rédiger des articles à partir de l’IPhone. Il y a pourtant beaucoup à dire en ce moment : Obama et son discours sur l’état de l’union, le projet de loi Loppsi 2 sur la sécurité, Martine Aubry, Frêche… Si je peux, j’emprunte un ordinateur accueillant dès que possible. Sinon à dans 15 jours !

UN SEUL ENJEU !

Martine Aubry a fixé la barre très haut… mais raisonnablement très haut. En fixant au PS l’objectif de remporter TOUTES les régions au soir du second tour des élections régionales, le 21 mars prochain, elle ne fait que s’appuyer sur des éléments très concrets. D’abord le fait que le Parti socialiste remonte, certes dans les sondages, mais aussi et surtout dans les estimes des Français. Parce que le travail de fond qui a été mené, et qui est mené quotidiennement depuis le congrès de Reims, commence à porter ses fruits. Parce que le PS montre, montre de nouveau jour après jour qu’il est une force de proposition, et pas seulement d’opposition. Parce que le mot d’ordre fixé par Martine Aubry – le travail d’abord – est le seul qui vaille et qu’il est chaque jour appliqué davantage. Oh certes, tout n’est pas rose… et j’entends déjà, je lis déjà les commentaires que certains et certaines d’entre vous ne manqueront pas de m’envoyer plus ou moins rageusement : oui mais Dray, oui mais Peillon, oui mais Frêche !… Certes, mais le SEUL, l’UNIQUE enjeu qui doit tous nous mobiliser entièrement aujourd’hui, c’est de sortir les Français de la situation absolument catastrophique dans laquelle Sarkozy les a plongés : les sortir de l’inégalité posée en valeur, leur rendre leurs services publics, leur redonner l’égalité devant l’impôt, leur redonner des collectivités qui auront de nouveau les moyens d’être totalement à leurs côtés au quotidien, les libérer du pouvoir personnel du Président de la République et de ses idées nauséabondes, leur redonner une politique digne de ce nom, qui ait du sens et du fond !… et bien d’autres choses encore. Les élections régionales dans tout cela : c’est la première marche de cette reconquête, parce que le Conseil régional symbolise parfaitement cette proximité, cette solidarité dont les Français ont tant besoin. Alors c’est ici que cela se passe http://www.npdc2010agauche.fr/

Eternel Badinter

Je suis tombé ces jours derniers (au Furet pour tout dire) sur la réédition en Livre de Poche d’une compilation de textes de Robert Badinter : « Contre la peine de mort – Ecrits 1970-2006« . Il y aurait tellement à dire, à écrire, à la lecture de ces vingt six textes, marqués de la beauté du style, de la précision de l’argumentation, et du souffle de la passion du combat d’une vie. Robert Badinter (qui était récemment à Lille à l’invitation de Dalila Dendouga, avocate et adjointe au maire de Lille) passe de l’analyse de ce qui amène une société à tuer, à la description de ce qu’est concrètement la peine de mort, dans un propos d’une grande richesse qui mêle sociologie, philosophie, morale, histoire et politique. Un seul passage, plutôt que de longs discours : « Tant qu’on fusillera, qu’on empoisonnera, qu’on décapitera, qu’on lapidera, qu’on pendra, qu’on suppliciera dans ce monde, il n’y aura pas de répit pour tous ceux qui croient que la vie est, pour l’humanité toute entière, la valeur suprême, et qu’il ne peu y avoir de justice qui tue. Le jour viendra où il n’y aura plus, sur la surface de cette terre, de condamné à mort au nom de la justice. Je ne verrai pas ce jour-là. Mais ma conviction est absolue : la peine de mort est vouée à disparaître de ce monde plus tôt que les sceptiques, les nostalgiques ou les amateurs de supplices le pensent« . Bizarrement, compte tenu du sujet, je trouve ce livra rafraîchissant, dans le contexte actuel. Lire les mots d’espoir, d’ouverture, de convictions, d’humanité, de combat… au moment où l’on nous assène quotidiennement la nécessité supposée de rejeter, d’exclure, de trahir, de trancher, d’individualiser, d’ »égoïser« , c’est une bouffée d’air frais. A lire, relire.

Le pari fou d’Euratechnologies

Yves Durand présentait hier ses voeux à la population, en présence de Martine Aubry, de Pierre de Saintignon son Premier adjoint à Lille et Vice-Président du Conseil régional, et de Patrick Kanner, 1er Vice-Président du Conseil général. Plus de 900 lommoises et lommois s’étaient déplacés malgré le froid, et pour écouter l’histoire que le député-maire de Lomme avait décidé de leur raconter. Un pari d’ailleurs, plus qu’une simple histoire : celui lancé il y a dix ans, de faire de l’usine Leblan-Lafont, de ce château abandonné du textile triomphant, l’équivalent européen de la Silicon Valley californienne ; faire revivre Leblan-Lafont à un niveau plus élévé encore ; redonner des couleurs à cette partie de la ville, et en faire un symbole connu et reconnu dans le monde entier. Reportons-nous dix ans en arrière… et convenons que l’idée pouvait paraître folle. Beaucoup de ne sont pas gênés pour le dire. Les mêmes avaient d’ailleurs parié sur l’échec d’Euralille… Aujourd’hui, Euratechnologies accueille des centaines d’entreprises, de la jeune pousse à des géants internationaux comme Microsoft. On sait que ces derniers ne sont pas précisément des philanthropes, et que le choix d’Euratechnologies c’est tout simplement un choix raisonné, celui du meilleur site en Europe, le mieux placé, le mieux équipé, celui qui est promis au plus fort développement. Aujourd’hui, à Euratechnologies, on va devoir « pousser les murs« , pour rependre l’expression de Martine Aubry. Tant la liste d’attente s’allonge, tant la demande est forte.

J’avais eu la chance d’être associé au pari d’il y a dix ans. Nous nous étions alors déplacés avec Yves Durand, Pierre de Saintignon et Didier Delmotte, à Sofia Antipolis, près d’Antibes. Le site était alors LA référence. On nous y avait présenté, je m’en souviens, des cartes de visite, comme des cartes de crédit, qui renfermaient des informations de présentation des entreprises, et qui étaient en fait des mini CD que n’importe quel ordinateur pouvait lire. A l’époque, c’était la révolution…  En rentrant de Sofia Antipolis, nous nous étions dits : c’est très bien, mais c’est surtout ce qu’il ne faut pas faire ! Eviter, comme à Antibes, le ghetto technologique, l’absence totale de vie dès le début de la soirée, l’absence de loisirs, de boutiques, de logements. Bref, l’absence de vie. Dix ans après, ce pari de Lille et de Lomme, cette volonté de travail en commun, ce désir de réussir, a créé d’ores et déjà 1800 emplois sur le site. Et ce n’est que le début. Mais Euratechnologies c’est aussi autre chose.  Euratechnologies ne sera pas un ghetto, mais un vrai morceau de ville partagé entre Lille et Lomme. Un éco-quartier avec des logements qui commencent à sortir de terre, avec de la mixité sociale, avec des magasins, des loisirs et toute une série d’équipement qui vont commencer à arriver dans les mois et années qui viennent. A suivre passionnément !

Incertitude et espoir

La période des voeux peut paraître parfois factice. Elle l’est souvent. Difficile de toucher chacun au coeur, au plus profond, au plus sensible, au plus vrai… pour lui souhaiter ce qu’il recherche réellement le plus. Je me contenterais donc, mais avec sincérité, de vous souhaiter traditionnellement à la fois la santé, bonheur et réussite. En s’entendant bien entre nous sur le mot « réussite » : la vraie réussite, celle qui permet de s’accomplir, de retrouver la sérénité, l’harmonie.

L’année 2010 démarre sous des auspices que l’on a du mal à qualifier. Le mot incertitude convient sûrement le mieux. Et l’on a davantage de questions à poser et à se poser, que de réponses à apporter : quelle sortie de crise ? quand ? comment ? à quand la baisse du chômage ? le retour de la solidarité et de l’entraide ? etc. etc. Mais je reste persuadé que l’espoir est toujours de mise, quelle que soit la situation, que le combat ne peut et ne doit pas s’arrêter, que les efforts seront payés en retour, que le progrès social et humain reste le le plus puissant moteur, qu’il nous faut l’alimenter sans cesse en idées, en actions. « Une société s’autoproduit sans cesse parce qu’elle s’autodétruit sans cesse« , écrit Edgar Morin. Difficile de ne pas voir une forme d’autodestruction dans la marche du libéralisme depuis deux ans. Et donc de ne pas y voir l’espoir de voir émerger autre chose sur les décombres. A nous de produire.

Bonne année à tous !

Je suis absent de demain à samedi…

Bon anniversaire à l’OHL !

C’était la Vétérante, ainsi nommée parce qu’il s’agit de la plus vieille association lommoise. Nous avons fêté hier soir ses… 140 ans, rien que çà. La Vétérante est depuis devenue l‘Orchestre d’Harmonie de Lomme. Il faut rendre ici un hommage appuyé à ceux qui au fil des ans ont su donner à cette formation une qualité exceptionnelle. L’OHL est composé de musiciens amateurs qui n’ont rien à craindre de la comparaison avec des pros. Et ceux, nombreux, qui l’ont déjà vu et entendu savent de quoi je parle. Hier soir donc, plus de 800 personnes s’étaient réunies à la salle du Parc pour fêter l’événement en compagnie de Jean-Michel Dubus, le Président, très ému hier, et Philippe Leroy qui, comme Jean-Michel, dirige son petit monde avec une passion peu commune. Un invité d’honneur était venu s’associer à l’Orchestre, le Brass Band du Nord/Pas-de-Calais pour un spectacle de grande qualité. C’est la fidélité et les valeurs qui caractérisent le plus notre OHL. De ces valeurs de solidarité, d’humanité sont notre société à tant besoin. L’Orchestre, comme beaucoup d’associations lommoises (la batterie-fanfare, les majorettes, les Starlines, Handilom, et bien d’autres, nous en reparlerons) est présent partout où un « coup de main » peut-être donné… voire un « coup de coeur ». Fidélité aussi. Hier soir, Edmond Mangon fut mis à l’honneur, lui qui continue à suivre les concerts de l’OHL à 86 ans passés, lui qui intégra la formation il y a… 70 ans. C’est çà l’OHL : des passionnés, des gens de coeur, des hommes et des femmes qui croient, et ils ont raison, que la culture est un merveilleux moyen d’épanouissement individuel, de curiosité et donc de construction personnelle. Bon anniversaire !

http://www.orchestreharmonielomme.org

Bye bye UTEQ

Les UTEQ c’est terminé... Souvenez-vous, les Unités territoriales de quartier signaient le retour d’une forme de police de proximité. Lancé en avril 2008 par Michelle Alliot-Marie, ce nouveau dispositif devait être étendu à

toute la France. La trentaine d’UTEQ actuelles devaient passer à cent en 2011. Ce ne sera pas le cas, vient d’annoncer Brice Hortefeux. La faute aux 2632 suppressions de postes dans la police nationale au budget 2010. Ils n’ont même plus les moyens de tenir leurs propres promesses, Sarkozy taillant dans tout ce qui peut représenter un soutien aux Français, une implication de la puissance publique… et les Français sont de plus en plus abandonnés. Et les mêmes continuent à nous dire que le désengagement de l’Etat n’est qu’un fantasme. Reste à connaître le sort qui sera réservé aux UTEQ existantes, comme celle de Lille-sud par exemple. Elles deviendraient « mobiles »… donc destinées à bouger. A partir ?

« Réfléchir c’est commencer à désobéir » !

Souvenirs de service militaire : c’est avec cette phrase qu’un adjudant-chef que j’ai bien connu commençait chaque journée ou presque. Je n’ai jamais su s’il se contentait de lancer cela comme un simple slogan, où s’il entrevoyait la vraie démarche qui se cache derrière. C’est à cet adjudant-chef que je ne peut m’empêcher de penser ces jours derniers en lisant la prose gouvernementale sur la suppression de l’histoire comme matière obligatoire en terminale S. Précisons d’abord que cela touche quasiment la moitié des lycéens, qui vont ainsi se voir privés de l’enseignement d’une matière fondamentale.

Car l’étude de l’histoire, comme de la géographie, comme des disciplines artistiques, fait partie d’un vrai processus de formation de l’esprit. Y compris de l’esprit critique, d’ailleurs. C’est peut être cela qui gêne. Etudier l’histoire, c’est savoir mettre en perspective, c’est se livrer à l’analyse, c’est apprendre à se projeter… Tous les progrès humains, sociaux, toutes les avancées, les acquis ont été arrachés grâce aux combats menés au nom d’idéaux, de valeurs, qui n’auraient pu être portés sans cette dynamique. Etudier l’histoire, c’est en un mot réfléchir. Et c’est en « réfléchissant » qu’on devient un homme digne de ce nom. Pas seulement une machine à produire ou à faire des équations, docilement, sagement, comme le souhaite le gouvernement. L’homme qui pense est un homme qui comprend, qui se bat, qui se dresse, qui dialogue, qui échange. Il en va de même avec les disciplines artistiques, qui ouvrent l’esprit, qui titillent l’esprit critique, qui font découvrir d’autres lieux, d’autres cultures, d’autres raisonnement. En un mot, ces enseignements là font grandir. La politique gouvernementale est dans ce domaine d’une parfaite cohérence avec ses objectifs d’asservissement (oui : d’asservissement) de la société. Prochaine étape prévue : la mort de la philo. Cohérent.

Absent jusque vendredi. Bonne semaine à toutes et tous.