“Réfléchir c’est commencer à désobéir” !

Souvenirs de service militaire : c’est avec cette phrase qu’un adjudant-chef que j’ai bien connu commençait chaque journée ou presque. Je n’ai jamais su s’il se contentait de lancer cela comme un simple slogan, où s’il entrevoyait la vraie démarche qui se cache derrière. C’est à cet adjudant-chef que je ne peut m’empêcher de penser ces jours derniers en lisant la prose gouvernementale sur la suppression de l’histoire comme matière obligatoire en terminale S. Précisons d’abord que cela touche quasiment la moitié des lycéens, qui vont ainsi se voir privés de l’enseignement d’une matière fondamentale.

Car l’étude de l’histoire, comme de la géographie, comme des disciplines artistiques, fait partie d’un vrai processus de formation de l’esprit. Y compris de l’esprit critique, d’ailleurs. C’est peut être cela qui gêne. Etudier l’histoire, c’est savoir mettre en perspective, c’est se livrer à l’analyse, c’est apprendre à se projeter… Tous les progrès humains, sociaux, toutes les avancées, les acquis ont été arrachés grâce aux combats menés au nom d’idéaux, de valeurs, qui n’auraient pu être portés sans cette dynamique. Etudier l’histoire, c’est en un mot réfléchir. Et c’est en “réfléchissant” qu’on devient un homme digne de ce nom. Pas seulement une machine à produire ou à faire des équations, docilement, sagement, comme le souhaite le gouvernement. L’homme qui pense est un homme qui comprend, qui se bat, qui se dresse, qui dialogue, qui échange. Il en va de même avec les disciplines artistiques, qui ouvrent l’esprit, qui titillent l’esprit critique, qui font découvrir d’autres lieux, d’autres cultures, d’autres raisonnement. En un mot, ces enseignements là font grandir. La politique gouvernementale est dans ce domaine d’une parfaite cohérence avec ses objectifs d’asservissement (oui : d’asservissement) de la société. Prochaine étape prévue : la mort de la philo. Cohérent.

Absent jusque vendredi. Bonne semaine à toutes et tous.

“Mon idée des frontières en Europe” : l’expo arrive à Lomme

Pour ceux que cela intéresse, l’exposition dont on a longuement parlé ici sera visible au collège Guy Mollet de Lomme du 7 au 18 décembre…. et donc la photo de Mario, qui y est scolarisée.

A écouter, à voir…

Je livre ceci à votre réflexion… à vos commentaires…

Jules Guesde dans la Voix du Nord d’aujourd’hui

2011-2012 : la rue Jules-Guesde à Lomme va bénéficier de gros travaux

mardi 01.12.2009, 05:03 – La Voix du Nord

Une trentaine de personnes ont assisté, vendredi soir, à la réunion publique organisée aux Tisserands pour annoncer les gros travaux de la rue Jules-Guesde, depuis le carrefour avec la rue Albert-Thomas, jusqu’à celui des rues de l’Égalité et de la rue Émile-Zola. Roger Vicot animait la réunion, « en tant que conseiller général et non en tant qu’adjoint au maire », précisait-il en préambule. Car la rue Jules-Guesde, la RD 208, est une voirie départementale. Deux techniciens du conseil général, MM. Ghesgières et Khiter, ainsi qu’un représentant du cabinet Egis, ont présenté les projets, petit bout par petit bout. Et les riverains ont pu poser des questions, faire des remarques.

« Il s’agit de réhabiliter complètement cet axe, sur environ 1,5 km, pour des raisons de sécurité », a expliqué M. Vicot. Une place de choix sera donnée aux modes de circulation doux (piétons, deux-roues) grâce à des bandes ou des pistes cyclables. Le tapis de la chaussée sera refait, ainsi que les trottoirs (en lien avec Lille Métropole pour ces derniers). Quant au pont, qui a bénéficié l’été dernier de travaux d’urgence, il va être doublé d’une passerelle sur son côté droit (côté cimetière), là encore pour les « modes doux » ; il faudra gagner du terrain sur la butte de terre pour pouvoir installer cette passerelle, mais il ne sera pas fermé à la circulation.

Cet ouvrage voit passer 13 000 véhicules par jour, dont 500 à 600 camions. « Il est impossible d’interdire la circulation des poids lourds », a déclaré M. Vicot en réponse au souhait d’un Lommois. Tout simplement parce qu’ils ne peuvent guère passer ailleurs…

Le patron d’Ondulys a expliqué que le départ de l’entreprise n’était plus à l’ordre du jour, ce qu’ont regretté tout haut plusieurs riverains. Des aménagements sont prévus aux abords de la société, qui pourrait même s’étendre…

Le « tournez-à-gauche » près de l’école Voltaire-Sévigné reste en l’état pour l’instant ; à l’avenir, au moment de la construction de la LINO, LMCU en fera un carrefour.

Le carrefour des rues Zola et de l’Egalité sera réaménagé.

Roger Vicot et les techniciens du conseil général ont ensuite évoqué les problèmes de stationnement aux abords du parc du Rossignol, rue Victor-Hugo : trois solutions vont être examinées au sein d’un atelier d’urbanisme composé de riverains, de commerçants et de membres du comité de quartier.

Le coût de ces travaux se monte à 4 M E, financés à 83 % par le conseil général ; la part de LMCU est de 420 000 E, celle de la ville de Lomme se monte à 400 000 E.

Pour la voirie et les trottoirs, les travaux devraient débuter au printemps 2011 et durer neuf mois ; pour le reste, le chantier devrait commencer début 2012 et durer six mois. • I. E.

Yves Durand, l’école, sur internet

N‘ayant pas n mot à retirer à l’excellent article qu’Yves Durand vient de publier sur son blog, je vous le livre ci-dessous in extenso :

Pour la première fois depuis que l’école a été instituée dans notre pays, enseigner devient le seul métier qui ne s’apprend pas. Les enseignants n’auront jamais vu un élève avant de prendre une classe en responsabilité.

En prétendant le contraire, les deux ministres Luc Chatel et Valérie Pécresse mentent ! Ils mentent parce qu’ils savent pertinemment qu’en faisant de la deuxième année de master une véritable course d’obstacles, ils obligent de fait les étudiants à sacrifier les stages devant une classe devenus facultatifs.

On peut aisément comprendre qu’il soit impossible de distraire un peu de temps à des stages après avoir passé un concours en Septembre, préparé un second pour mai tout en terminant son travail de recherche nécessaire à la validation de son année de master.

Il faut tout le cynisme ou l’incompétence de nos deux ministres pour imposer, sans concertation, une telle organisation du recrutement de nos futurs enseignants.

La disparition de toute véritable formation professionnelle dans l’apprentissage du métier d’enseignant est une véritable ineptie pour quiconque s’est confronté à cette collectivité particulière que constitue une classe. Il ne suffit pas de maîtriser une discipline pour avoir la capacité de la transmettre.

C’est aussi affaire de psychologie, de tact, d’écoute, tout simplement de pédagogie pour employer un mot qu’ont toujours su incarner nos maîtres, mais que nos savants ministres ignorent, voire récusent.

Il y a plus grave : les futurs enseignants sans formation professionnelle seront incapables, sauf à avoir la pédagogie innée, de répondre aux nouvelles exigences du métier qu’ils ont pourtant choisi la plupart du temps avec enthousiasme. Le monde dans lequel vivent les enfants et les adolescents scolarisés est celui de l’image de l’immédiat, de la dictature, de l’émotion et du paraître. C’est à l’enseignant qu’il reviendra de plus en plus de faire comprendre à tous les jeunes le monde, dans toute sa complexité, en leur faisant admettre que la société dans laquelle ils vivent vient de loin et existera après eux. La mission de l’éducation ne sera plus tant d’apporter les connaissances que d’apprendre au futur citoyen qu’il a devant lui à les hiérarchiser pour leur donner du sens. Le souci d’appliquer scrupuleusement la politique de restriction budgétaire et de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux imposée par Nicolas Sarkozy, n’explique pas tout. Même si la suppression des stages « économise » près de 15 000 postes. Nos ministres sont aussi prisonniers de cette vieille idée selon laquelle la spécialisation dans un savoir disciplinaire serait à elle seule le gage d’un enseignement de qualité.

On pouvait espérer que cette conception rétrograde n’avait pas survécu à la démocratisation de l’enseignement effectuée depuis les années 1975 ; mais l’arrivée en masse, dans l’entourage du ministre de l’Education Nationale depuis 2002, des tenants d’une école élitaire l’a ressuscitée.

Il est urgent de résister vigoureusement à cette tentative de retour en arrière, au risque de ne jamais atteindre l’objectif nécessaire et juste de 50 % d’une classe d’âge à la licence, objectif d’ailleurs inscrit dans la loi Fillon sur l’école en 2005.

L’école a reçu une mission de la Nation : celle de faire réussir tous les enfants, c’est-à-dire de les pousser au plus haut niveau de leur possible, tout en ayant la même exigence pour tous. C’est parce que nous voulons apporter à chaque enfant des réponses individuelles à une ambition collective que nous plaçons la pédagogie au centre de l’éducation.

Mais cette « révolution pédagogique » ne pourra faire l’économie d’éducateurs nombreux, d’enseignants formés et d’un corps enseignant à l’image de la nation au nom de laquelle il enseigne :

 d’enseignants nombreux : il faut un moratoire immédiat à la suppression de postes, encore 16 000 pour 2010 dans l’Education Nationale ;

 d’enseignants formés aux nouvelles exigences de leur métier. Assommés par des réformes le plus souvent méprisantes, les enseignants ont besoin à la fois de liberté et de reconnaissance. Il est temps d’engager une large concertation sur le métier d’enseignant et sur les métiers de l’éducation en général. Cette concertation concerne au premier chef les enseignants eux-mêmes et leurs organisations représentatives, mais aussi l’ensemble des forces syndicales et les associations d’éducation populaire qu’il faut faire renaître.

Dans un premier temps, il est urgent que le bon sens et la compétence réinvestissent le ministère de l’Education Nationale : les ministres doivent reprendre leur copie sur la formation des maîtres.

 d’enseignants à l’image de la nation pour que le fossé entre la culture scolaire et celle de la rue cesse de se creuser, sans concession à un jeunisme qui n’est qu’une forme de mépris pour la jeunesse.

Une politique de prérecrutement des jeunes se destinant à l’enseignement, permettrait d’ouvrir l’enseignement supérieur à des jeunes de milieux modestes, tout en donnant à la nation un corps enseignant représentatif de toutes les catégories sociales.

Aujourd’hui, la mastérisation sans prérecrutement et sans réelle aide sociale pour les étudiants de milieux modestes restreint l’accès à l’enseignement aux catégories aisées.

Ce sont là quelques pistes de réflexion que nous voulons livrer au nécessaire débat sur l’éducation.

Mais l’urgence aujourd’hui est de bloquer le train de contre réformes en matière éducative imposées par le gouvernement depuis 2002  -et dont la suppression de la formation professionnelle des maîtres est sans doute le plus grave-.

Refuser de considérer la mission d’enseigner comme un métier qui s’apprend, c’est nier la place de l’éducation dans notre pays.

C’est l’école  qui constitue le creuset de la République ; encore faut-il donner aux enseignants qui la servent avec passion, les outils pour faire comprendre à des élèves de plus en plus divers, qu’au-delà de leur culture d’origine, il existe des valeurs universelles qui les rassemblent.

Aux  Français de dire s’ils acceptent une société sans éducation !

Rue Jules Guesde : on continue à avancer !

Réunion publique il y a quelques jours en la salle des Canuts du quartier du Marais. Assez peu de monde, pour des enjeux pourtant importants : la présentation complète de la rénovation de la rue Jules Guesde, du carrefour Guesde/Albert Thomas au carrefour Emile Zola/Egalité. Presque un kilomètre et e demi, passant par le celèbre “pont-de-la-rue-jules-guesde” qui avait bénéficié de travaux de sécurisation d’urgence cet été… et la présentation pour la première fois de la passerelle réservée aux modes doux (piétons, vélos). 4,8 million d’€ de travaux, dont 400 000 pour la ville de Lomme et 400 000 pour LMCU. Le reste pris en charge par le Conseil Général du Nord, votre serviteur suivant ce dossier de très près comme vous le savez. Si le délais de chantier sont tenus, tout sera terminé pour juillet 2012 ! Enfin, nous mettons en place un atelier d’urbanisme (avec le comité de quartier, les commerçants, les riverains…) pour régler la question du stationnement face à l’entrée du parc du Rossignol rue Victor Hugo. Un bel exercice de concertation et de démocratie participative à vivre dans les mois qui viennent. Les plans la prochaine fois !

“MON IDEE DES FRONTIERES EN EUROPE”

Voici donc comme convenu la photo de Marion BRENNE, collégienne du collège Guy Mollet de Lomme, et qui a été sélectionnée dans le cadre d’un concours photos européen. De quoi s’agit-il ? Le Département du Nord a organisé, courant 2009, ce concours sur le thème « Mon idée des frontières en Europe » (concours lancé dans le cadre de lille3000 « Europe XXL »). Les lauréats sélectionnés dans le Nord et chez les autres participants (Voïvodie de Lodz en Pologne, Municipalité de Varna en Bulgarie, Judet de Suceava en Roumanie, Département de Baranya en Hongrie) ont permis de monter l’exposition photos « Mon idée des frontières en Europe ». Le règlement du concours prévoyait que les lauréats français gagneraient un séjour chez un des partenaires organisateurs. En accord avec Varna, et compte tenu des autres déplacements prévus en 2009, le Département a souhaité organiser ce séjour à Varna. Avec l’accord de M. Kiril YORDANOV, Maire de Varna, celui-ci a eu lieu du 25 au 29 octobre 2009, afin de coupler l’accueil de la délégation du Nord avec le vernissage de l’expo photos sur place. La photo de Marion est pour moi particulièrement rassurante et pleine d’espoir. Elle tend à prouver, en effet, que l’Europe qui se construit dans la tête de nos jeunes collégien(ne)s est tout sauf fermée sur elle même… Aussi belle symboliquement qu’esthétiquement, elle parle d’ouverture, de partage, de projets, de fraternité et de dépassement. Bravo Marion.

Mais le déplacement à Varna nous a aussi permis de rencontrer les autorités locales et de travailler à l’approfondissement de plusieurs actions, et notamment les projets « Mieux vieillir en Europe : regards croisés de collectivités locales » et  ”renforcement institutionnel et action sociale ». L’occasion d’échanger sur les thématiques communes qui nous lient et de mettre en place un protocole d’échange d’expériences de de pratiques. L’occasion surtout de faire vivre concrètement une Europe dont le destin de chaque membre est désormais commun à celui des autres. Nous avons aussi planifié la possibilité d’échanges culturels, et d’actions dans le domaine de la jeunesse. Enfin Varna envisage sérieusement de se porter candidate pour être Capitale européenne de la culture en 2019. Inutile de dire que notre expérience dans ce domaine suscite une curiosité évidente.

ECONOMIES D’ENERGIE

En réponse à une question récente, je crois qu’il n’est pas inutile de rappeler ce que la ville de Lomme a engagé en matière d’économies d’éclairage public… sans que la qualité de luminosité en pâtisse.

La municipalité investit sur 8 ans de 2005 à 2013, un montant 4,5 millions d’Euros pour l’amélioration de son éclairage public. Nous avons pour ce faire passé un marché avec la Société ETDE  à qui a été confié l’entretien, la gestion, la réparation et les travaux neufs d’éclairage public. Les chiffres sont impressionnants, puisque nous économisons globalement ainsi 42% de la consommation d’énergie.

 Comment arriver à un tel résultat ? D’abord en diminuant la puissance des sources d’éclairage (lanternes) en installant du matériel plus performant et moins énergivore. Nous sommes par exemple  passés sur les  axes structurants de la ville de 250 Watts à 150 Watts, et sur les mats plus petits de 150 Watts à 70 watts  sans que cela soit perceptible à l’œil et en améliorant même le rendu lumineux. A ce jour,  70 % du parc a été ainsi remplacé ou rénové, permettant de  réaliser 35% d’économie sur la facture d’électricité.

 Ensuite en remplaçant le système d’allumage  basé auparavant sur des horloges. Aujourd’hui, un système électronique capte en plusieurs points de la Ville, l’intensité de la lumière du jour, et au delà d’un seuil déterminé, l’allumage et l’extension se font simultanément sur l’ensemble de la commune. Cette économie est obtenue sans « baisser »  le rendu lumineux  et en maintenant un éclairage constant  toute la nuit, dans un souci de sécurité des biens et personnes.

Des choses simples pour une efficacité maximum.

Quand les conseillers généraux se rebiffent

Quand les conseillers généraux se rebiffent

LA VOIX DU NORD  – mardi 17.11.2009  - PAR EMMANUEL CRÉPELLE ET CHRISTOPHE CARON

 Trajet en TGV pour les élus nordistes (photo), en bus pour les élus du Pas-de-Calais. Mais une seule destination: le palais des Congrès de Paris. PHOTO PIERRE LE MASSON

| RÉFORME TERRITORIALE |

La réforme de l’organisation territoriale voulue par le gouvernement, applicable en 2014, prévoit la suppression des conseillers généraux au profit de conseillers territoriaux qui cumuleraient les fonctions d’élus du Département et de la Région. Le projet fait grincer des dents…

 L’Assemblée des départements de France a ainsi réuni ses troupes hier après-midi au palais des Congrès de Paris pour débattre de la réforme. Les 4 220 conseillers généraux de France étaient conviés. Le Nord et le Pas-de-Calais n’étaient pas en reste !

Imaginez la scène, hier matin… Une trentaine de conseillers généraux, dont le président Dominique Dupilet, qui prennent le bus à Arras avec pour toute collation un sandwich. L’image n’est pas banale et fait même sourire les premiers intéressés. Elle illustre en fait la motivation des élus pour contrer l’État. « Nous sommes d’accord pour discuter d’une réforme, pas pour qu’on nous l’impose au pas de charge », martèle le président Dupilet. Lequel peut compter sur un soutien unanime de ses collègues conseillers généraux : groupes PS, PC et même d’opposition de droite ! Qui ont participé à la conférence de presse d’avant départ pour abonder dans le sens du patron du Pas-de-Calais.

Pour Alain Lefebvre (PS), la création de futurs conseillers territoriaux « obligera à des interventions plus diffuses et à une présence moins forte sur le terrain. Nous ne sommes pas là pour défendre nos privilèges, mais pour défendre cette proximité dans notre action. » Mê- me tonalité dans les propos de Dominique Watrin (PC) qui ne voit dans cette volonté de réforme que l’ambition de « remodeler les territoires et de les confier aux mains du privé. Nous sommes devant un risque de recentralisation autour d’hypermétropoles ». À droite, Ernest Auchart demande une réflexion et une consultation en s’interrogeant sur le devenir des secteurs ruraux.

En tout cas, la réunion parisienne n’est qu’un premier acte pour le président Dupilet. « Nous n’allons pas semer la pagaille, mais faire passer nos objections. En aucun cas ce ne sera un coup d’épée dans l’eau. » Il souhaiterait faire comprendre à la population l’intérêt du Département en n’assurant pas le transport scolaire ou le service de cantine un jour, voire en ne déneigeant pas les routes en cas de mauvais temps. Des idées qui lui trottent dans la tête au cas où l’État aurait un peu de mal à entendre les doléances.

« Trop modestes »

Même type de refrain sur le quai de la gare de Lille-Flandres, en fin de matinée. Dans le sillage du président socialiste Bernard Derosier, on trouve une quarantaine de conseillers généraux nordistes estampillés PS et PC. « J’espère retrouver à Paris mes collègues de l’UMP », lance M. Derosier, non sans ironie. Les Départements ? « Nous avons été trop modestes. Nous avons deux siècles d’histoire. En fait, à l’instar de M. Jourdain, les Français vivent le Département sans s’en rendre compte. Avec cette réforme, on recentralise. Les préfets sont en train de devenir gouverneurs de leur province. » Quid de la fin de l’empilement administratif entre État, départements et régions ? « Tout cela se complète ! Prenez la politique culturelle. Heureusement que les collectivités s’en occupent. Si la compétence ne venait que de l’État, on pourrait attendre longtemps.

 » Et les futurs conseillers territoriaux ? « À la fois au Département et à la Région… Leur tâche deviendrait humainement impossible.

 » À l’issue de la réunion du palais des Congrès qui a finalement rassemblé plus de 2 000 conseillers généraux, Bernard Derosier se disait « conforté dans (ses) analyses ». Les quelques « courageux » présidents de conseils généraux défendant la réforme n’ont semble-t-il pas convaincu l’ensemble d’un auditoire où la gauche est majoritaire. D’où une motion votée à l’unanimité, moins dix abstentions. « Beaucoup d’élus de droite se sont exprimés pour évoquer leurs réserves, s’empresse néanmoins d’ajouter le chef de l’exécutif nordiste. Le gouvernement doit se souvenir de 1969 : on ne s’attaque pas impunément à la démocratie locale. Cette réunion n’était qu’une étape dans une série de résistances. » Prochaine étape aujourd’hui, avec le congrès de l’Association des maires de France, qui se tient jusqu’à jeudi à Paris. Même Jacques Pélissard, président UMP de l’association, affirme qu’il est prêt à se désolidariser de la majorité parlementaire.