Emotion et responsabilité


Grande grande émotion ce matin, alors que le conseil communal m’élisait maire de Lomme, à la suite d’Yves Durand, en présence de Martine Aubry et d’environ 800 personnes venues en l’hôtel de ville.  Emotion, certes, mais aussi une grande conscience des responsabilités qui m’ont été confiées. Plutôt que de répéter ici ce que j’ai dit ce matin, je préfère vous livrer in extenso le texte de mon discours :

« Alors que vient de m’être confié le mandat de maire de Lomme, je souhaite avant toute chose vous dire mon émotion au moment où je prends place dans le fauteuil d’Arthur Notebart et d’Yves Durand, et la conscience aigüe des responsabilités qui sont désormais les miennes. Et je veux saisir cette occasion de la première intervention publique du nouveau maire de Lomme pour vous faire part de ce que je ressens et de ce que j’ai envie de dire aux uns et aux autres.

D’abord à toi, mon cher Yves, et nul ne s’en étonnera.

Nous voilà, toi et moi, arrivés à une nouvelle étape d’un chemin que nous avons en partie parcouru ensemble depuis plus de vingt ans. Nous avons suivi cette route animés, je le sais, de la même passion pour la vie politique et la ville de Lomme. Je veux parler de cette passion pour la chose publique, pour l’intérêt général, pour les débats de société, pour l’envie de faire bouger les choses, « changer la vie » comme le clamait il y a quelques années un slogan de campagne électorale auquel je suis resté très attaché.

Ce chemin là est marqué, pour moi, par la confiance que tu m’accordes depuis des années, et c’est aussi au fil des ans, celui où j’ai pu acquérir à tes côtés l’expérience et la connaissance des dossiers. J’ai eu aussi tout le loisir de t’observer faire de la politique, être le maire de Lomme. J’ai vu cet attachement puissant à ta ville, j’ai constaté cette volonté immuable de donner un sens profond, guidé par tes valeurs, à toute décision de la vie municipale, prendre de la hauteur sur toute chose pour lui donner une autre dimension. J’ai ressenti ton envie permanente d’améliorer la vie quotidienne des Lommoises et des Lommois, de développer la ville, et surtout de renforcer, toujours, la solidarité et la justice. « Continuons ensemble la ville de toutes les solidarités » : c’est ce qui était inscrit sur tes affiches aux élections municipales de 2008, et c’est une synthèse parfaite de ton action à Lomme.

 J’ai vu également, nous avons tous vu ton courage politique. Associer la ville de Lomme à Lille, il y a douze ans maintenant, n’était pas chose acquise d’avance. Les interrogations étaient nombreuses, les doutes s’exprimaient parfois avec force. Nous t’avons tous vu « mouiller la chemise », dans tous les sens du terme du reste, pour convaincre du bien-fondé de cette association. Tu avais raison.

 Nous avons connu des victoires, des difficultés, des défaites aussi, et je veux saluer ici ton sens des responsabilités. Tu es de ceux qui, tout simplement, tiennent leurs engagements. Tu as annoncé il y a bien des mois déjà la tenue du conseil communal qui nous réunit aujourd’hui. Au moment où certains interrogent, s’interrogent, et pour tout dire tergiversent, tu as au contraire intégré très vite la notion de non-cumul d’un mandat national et d’un exécutif local. Non pas par simple discipline militante, mais surtout parce que tu as su comprendre – et je partage totalement cette analyse – que le monde tourne, change, se transforme, et que nous ne pouvons plus, aujourd’hui, avoir les mêmes pratiques qu’auparavant, alors que s’expriment de toute part des aspirations nouvelles et différentes. Ces pratiques n’étaient pas pour autant honteuses, mais elles ne sont tout simplement plus adaptées. Gilles Pargneaux, député européen et maire d’Hellemmes, accomplira le même geste dans quelques jours et je l’en félicite chaleureusement.

 Permettez-moi une citation…« Je demande que chacun de nous fasse le même examen de conscience, procède avec la même sincérité, et mette en pleine harmonie les actes et les paroles » : ma chère Martine, ainsi s’exprimait Jaurès au congrès de Toulouse le 17 octobre 1908…

 Tu viens de le dire, Yves, et je sais à quel point tu tiens à cette idée : tu quittes certes ton poste de maire, mais tu n’abandonnes pas Lomme, les Lommoises et les Lommois. Et tant mieux ! Nous avons besoin d’une voix qui compte et qui porte à l’Assemblée Nationale, au moment où des transformations de fond sont en germe. Le spécialiste des questions d’éducation que tu es joue un rôle majeur dans ces réflexions qui, je le crois, vont bouleverser notre système pour le bien et la réussite des élèves.

 Alors, bonne continuation monsieur le député, à tout de suite à Lomme parmi nous, et surtout, Yves, merci.

 A vous chers collègues du Conseil communal qui venez de m’apporter votre voix.

 Vous venez de vous choisir un nouveau capitaine. Qu’elle soit sportive, associative ou municipale, une équipe est toujours une entité vivante. On y discute, on y débat. Je connais bien l’équipe de Lomme. Je connais la force de ses convictions et sa motivation. Je serai en permanence à l’écoute. Un maire ne peut rien sans les élus qui composent sa majorité. J’aurai besoin de votre connaissance des dossiers de la délégation qui vous sera confiée, de votre expertise, de vos propositions, pour continuer ce qui a été accompli depuis le début de ce mandat et bien au-delà, et pour qu’ensemble nous nous projetions dans l’avenir. Réalisons, inventons, anticipons, et surtout soyons à chaque instant dignes du mandat qui nous a été confié par les électeurs de cette ville. Je compte sur vous. Comptez sur moi.

 A toi chère Martine, maire de la commune associée de Lille…

 Que de choses accomplies ensemble en douze ans d’association ! Je n’en dresserais pas la liste ici bien entendu, mais sache que je suis tout autant convaincu qu’Yves Durand de l’intérêt d’avoir uni les destins de nos deux villes. Nous avons encore de belles réalisations à imaginer et à bâtir ensemble. Je serai aux avant-postes pour mener à bien cette ambition partagée.

 Au personnel municipal

 Je vous connais bien, j’ai même été des vôtres il y a un certain nombre d’années. Je connais votre sens du service public, c’est à dire du service au public. Vous représentez pour beaucoup de nos concitoyens une bonne part de leur lien social. Vous êtes les interlocuteurs qu’on cherche dans la difficulté : « Appellons la mairie ! » Alors qu’enfin ont cessé les attaques permanentes contre la fonction publique accusée de tous les maux et de tous les défauts, je veux vous dire mon soutien et ma confiance. J’ai longtemps travaillé dans la fonction publique territoriale, aussi je me sens encore un peu des vôtres. La crise que nous traversons, les problèmes de tous ordres que rencontrent nos concitoyens, l’individualisme qui s’est développé : tout ceci vous rend encore plus indispensables à beaucoup. Et dans bien des cas il est clair que la fonction publique s’apparente davantage à une véritable mission. Je sais que vous partagez spontanément cette vision, dans votre travail quotidien. Merci pour tout ce qui a été fait. Merci pour tout ce que nous ferons ensemble demain.

 Aux Lommoises et et aux Lommois

 Je n’aime pas l’expression « carrière politique » que l’on lit ou entend ici ou là assez fréquemment, parce que je ne crois un instant à la notion de carrière dans ce domaine. J’aime beaucoup en revanche l’idée d’engagement politique. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : l’engagement.

 Alors je m’engage devant vous. Je m’engage à être à votre écoute et surtout à vos côtés, à continuer à faire de Lomme une ville où il fait bon vivre quel que soit son âge ou sa situation ; une ville où la solidarité n’est pas un concept, une idée mais une réalité quotidienne ; une ville dont l’histoire doit être respectée et valorisée ; une ville qui se développe, où les enjeux du logement, de l’éducation, de l’économie, de l’environnement sont au cœur de notre action ; une ville où la culture n’est pas réservée à quelques uns mais ouverte à tous ; une ville où les associations trouvent un soutien permanent ; une ville ou chacun peut ressentir chaque jour qu’on se préoccupe de lui. Bref, je m’engage à ce que Lomme conserve tout ce qu’on aime en elle, et à la mener avec vous vers demain.

 Vive les Lommoises et les Lommois !

Vive Lomme !

Vive la République !

Belle journée (2) !


Nos souhaits ont été exaucés à tous les niveaux avec les résultats de ce deuxième tour des élections législatives ! La victoire, la très belle victoire d’Yves Durand, d’abord. Je veux le féliciter plus

Yves Durand (ici en campagne avec Thierry Fontaine)

que chaleureusement, à titre personnel et amical. La voix d’Yves Durand est respectée à l’Assemblée nationale, et reconnue localement. Cet homme de convictions et de combats honore la République et son mandat par la manière dont il le conçoit, dont il le vit, par la manière aussi qu’il a de respecter ses électeurs. On est bien loin de la politique à courte vue dont certains (et certaines) nous donnent parfois l’affligeant spectacle… Plébiscité dans sa ville avec plus de 68% des voix (et allez, je ne résiste pas à le dire, 83,5% au bureau 11 de la Délivrance), reconduit dans sa circonscription avec plus de 58%, reconnu dans le canton de Lille sud ouest qui avait été « raccroché » récemment par le redécoupage, Yves s’impose sans conteste. Et des confirmations : Sequedin qui frise les 50% pour la gauche, comme c’était déjà le cas aux cantonales de 2008… Et Hallennes-lez-Haubourdin où Yves réalise plus de 54%… Et Houplines bien sûr, où ses 60%  laissent présager des lendemains qui pourront enfin chanter dans cette commune où Thierry Fontaine mène un incroyable et inlassable travail de terrain.

Et puis nos souhaits sont exaucés au niveau, où les socialistes à eux seuls recueillent la majorité absolue à l’Assemblée nationale. J’ai déjà entendu des commentaires de droite criant à la dictature sous prétexte que le PS s’est vu donner tous les leviers républicains par le suffrage universel. Dictature… voilà bien une conception des choses, une imagination, une anticipation, un prolongement qui ne peut germer que dans un cerveau… de droite. C’est la possibilité offerte à François Hollande de réaliser sans entrave son programme et tenir ses promesses… dans le respect des autres acteurs de la vie politique. N’en déplaise à la droite, mais le changement il est là aussi. On en aurait presque oublié, ces dernières années, que le respect des autres peut exister aussi en politique. Mais tout ceci relève presque de l’anecdote désormais. Hollande est à la tâche, et il est le seul dirigeant européen a avoir proposé, dès hier, un plan de relance à l’échelle européenne, qui est désormais sur la table. Tout commence aujourd’hui !

Belle journée !


Yves Durand

Belle journée que celle de ce dimanche… à renouveler dimanche prochain. Belle à plus d’un titre. D’abord, bien sûr, parce que les résultats des élections législatives en France laissent présager une majorité à l’ensemble de la gauche ; belle journée, ensuite, parce que le Parti socialiste à lui seul peut commencer à rêver, prudemment certes, de la majorité absolue ; belle journée encore parce que le projet du Président de la République François Hollande va pouvoir s’appliquer en profondeur dès cet été ; belle journée parce que les Français ont compris que les promesses du candidat étaient sérieuses, et qu’ils ont pu constater qu’il les appliquait dès son arrivée à l’Elysée ; belle journée enfin, parce qu’Yves Durand, dans la XIème circonscription du Nord, peut envisager le deuxième tour sur une base solide. Les Lommoises et les Lommoises lui ont donné la majorité absolue dans leur ville dès le premier tour, à près de 52%. Les électeurs de l’ensemble de la circonscription lui ont apporté près de 40% des voix… ce qui constitue une bien belle performance, quand on songe qu’Yves Durand est un peu moins connu dans la canton de Lille sud-ouest (récemment rattaché à cette circonscription redécoupée), et quand on se rappelle surtout que onze autres candidats se présentaient hier.

C’est je crois le signe d’une véritable reconnaissance du travail d’un député qui allie à la fois l’expertise au niveau national, l’implication dans le travail de l’Assemblée, et la présence permanente sur le terrain. Yves est aujourd’hui incontestablement l’un des principaux spécialistes français dans le domaine de l’éducation, et il a largement contribué à structurer le projet de François Hollande sur ce sujet complexe. L’expérience d’aménagement du temps de l’enfant (ATE) qui sera menée à Lomme dès la rentrée prochaine doit beaucoup à sa volonté de faire bouger les choses, de considérer l’éducation comme une stratégie globale et partenariale qui dépasse largement l’enseignement dispensé par l’école. Quelque chose me dit que cette expérience est d’ores et déjà regardée de près par bien des acteurs de l’éducation dans ce pays ;-)… Mais Yves Durand est aussi un homme de terrain qui est en permanence présent à vos côtés, dans l’ensemble de la XIème circonscription. Le ré-élire député dimanche, c’est apporter une pierre solide à l’édifice que François Hollande nous a proposé de bâtir ensemble, c’est donner au Président les moyens de tenir ses promesses, toutes ses promesses, c’est contribuer à donner une majorité au changement, c’est désigner une voix qui porte, une voix respectée, une voix expérimentée. Plus que jamais il faut donc éviter l’abstention ou se laisser à penser que les choses sont faites. Pas une voix ne doit manquer à Yves Durand dimanche, pour le changement !

Un arbre à Guy Mollet


Opération « Plantons un arbre dans la cour du collège« , cet après-midi au collège Guy Mollet de Lomme, en compagnie d’Yves Durand, député-maire, et de Patrick Kanner, Président du Conseil général du Nord : le moment était symbolique, mais nullement étonnant dans cet établissement. Sous l’impulsion du Principal Patrick Spelbroit, Guy Mollet a développé depuis bien des années des actions de sensibilisation à l’éco-citoyenneté et au développement durable. C’est vrai avec la plantation d’arbres dans ce qui n’est pas une cour mais plutôt le jardin du collège… mais c’était vrai précédemment avec la mare pédagogique ou le jardin potager, ou  encore la sensibilisation au tri et au recyclage des déchets (les élèves de 6ème fabriquent cette année du papier avec de vieux journaux recyclés). Une action volontariste largement reconnue puisque le collège va décrocher cette année, et pour la quatrième année consécutive, le label Eco-Ecole qui souligne les efforts particulièrement méritants dans ce domaine. Tout ceci s’inscrit par ailleurs à la fois dans la politique menée par le Conseil général qui pilote l’opération « Plantons un arbre« , et dans celle de la ville de Lomme, notamment dans le cadre du Projet Educatif Global (PEG). Bravo donc à Patrick Spelbroit à son équipe, qui font en sorte de dépasser la notion d’enseignement (de savoirs identifiés) pour aller vers une véritable politique d’éducation, ici au développement durable, au sein de l’établissement.

Violences faites aux femmes : une « grande cause nationale » ratée…


Comme chaque année le Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, vient de communiquer les chiffres de la délinquance pour l’année précédente, en l’occurrence 2010.  Comme chaque année aussi on nous annonce une baisse générale de la délinquance de l’ordre de 2%. Soit. Une étude attentive des chiffres laisse pourtant apparaître la continuation d’une tendance engagée il y a plusieurs années, et qui est très inquiétante. Si les vols et les cambriolages sont annoncés comme étant en baisse, les vols avec violence sont en revanche en hausse. On entend par là ce qu’on appelle par exemple le « car jacking« . Les véhicules étant désormais de moins en moins volables de façon « traditionnelle » (parce que de plus en plus et de mieux en mieux équipées d’antivols, d’alarmes diverses) les délinquants hésitent de moins en moins à s’attaquer aux conducteurs lorsqu’ils sont dans leur voiture, aux carrefours ou feux rouges par exemple. Mais il y a encore plus inquiétant : alors que le gouvernement avait déclaré les violences faites aux femmes « grande cause nationale de l’année 2010« , l’échec est terrible, puisque celles-ci augmentent de 13 %. Chiffre que Brice Hortefeux s’est bien gardé de commenter. Un silence qui a provoqué la colère des associations spécialisées.

Il y a pourtant bien des choses à faire en la matière. Lille, Lomme et Hellemmes se sont considérablement mobilisées sur le sujet ces derniers mois. La semaine consacrée aux violences faites aux femmes et aux enfants fin novembre a permis de réunir des centaines de participants, professionnels et associations, tous avides de voir se constituer un réseau structuré. Le travail qui a débuté sera de longe haleine. Parce qu’on touche là à un sujet particulièrement délicat, où les plaintes ne sont pas systématiques, où la dimension psychologique est largement aussi forte que la souffrance physique.La magnifique exposition de photos visible en novembre dernier à l’Hôtel de ville de Lille en était une illustration à la fois très pudique et très forte. Beaucoup sont déjà impliqués depuis longtemps, mais la mise en place progressive de ce réseau, d’actions coordonnées, d’informations partagées, d’échanges de pratiques, devrait constituer une valeur ajoutée précieuse à tout ce qui est déjà engagé. La Ville de Lomme n’est pas en reste. Yves Durand a désigné il y a quelques mois Catherine De Ruyter adjointe chargé de la famille et des droits des femmes. Une délégation symbolique de notre volonté d’aller plus loin sur ces questions.

Le pari fou d’Euratechnologies


Yves Durand présentait hier ses voeux à la population, en présence de Martine Aubry, de Pierre de Saintignon son Premier adjoint à Lille et Vice-Président du Conseil régional, et de Patrick Kanner, 1er Vice-Président du Conseil général. Plus de 900 lommoises et lommois s’étaient déplacés malgré le froid, et pour écouter l’histoire que le député-maire de Lomme avait décidé de leur raconter. Un pari d’ailleurs, plus qu’une simple histoire : celui lancé il y a dix ans, de faire de l’usine Leblan-Lafont, de ce château abandonné du textile triomphant, l’équivalent européen de la Silicon Valley californienne ; faire revivre Leblan-Lafont à un niveau plus élévé encore ; redonner des couleurs à cette partie de la ville, et en faire un symbole connu et reconnu dans le monde entier. Reportons-nous dix ans en arrière… et convenons que l’idée pouvait paraître folle. Beaucoup de ne sont pas gênés pour le dire. Les mêmes avaient d’ailleurs parié sur l’échec d’Euralille… Aujourd’hui, Euratechnologies accueille des centaines d’entreprises, de la jeune pousse à des géants internationaux comme Microsoft. On sait que ces derniers ne sont pas précisément des philanthropes, et que le choix d’Euratechnologies c’est tout simplement un choix raisonné, celui du meilleur site en Europe, le mieux placé, le mieux équipé, celui qui est promis au plus fort développement. Aujourd’hui, à Euratechnologies, on va devoir « pousser les murs« , pour rependre l’expression de Martine Aubry. Tant la liste d’attente s’allonge, tant la demande est forte.

J’avais eu la chance d’être associé au pari d’il y a dix ans. Nous nous étions alors déplacés avec Yves Durand, Pierre de Saintignon et Didier Delmotte, à Sofia Antipolis, près d’Antibes. Le site était alors LA référence. On nous y avait présenté, je m’en souviens, des cartes de visite, comme des cartes de crédit, qui renfermaient des informations de présentation des entreprises, et qui étaient en fait des mini CD que n’importe quel ordinateur pouvait lire. A l’époque, c’était la révolution…  En rentrant de Sofia Antipolis, nous nous étions dits : c’est très bien, mais c’est surtout ce qu’il ne faut pas faire ! Eviter, comme à Antibes, le ghetto technologique, l’absence totale de vie dès le début de la soirée, l’absence de loisirs, de boutiques, de logements. Bref, l’absence de vie. Dix ans après, ce pari de Lille et de Lomme, cette volonté de travail en commun, ce désir de réussir, a créé d’ores et déjà 1800 emplois sur le site. Et ce n’est que le début. Mais Euratechnologies c’est aussi autre chose.  Euratechnologies ne sera pas un ghetto, mais un vrai morceau de ville partagé entre Lille et Lomme. Un éco-quartier avec des logements qui commencent à sortir de terre, avec de la mixité sociale, avec des magasins, des loisirs et toute une série d’équipement qui vont commencer à arriver dans les mois et années qui viennent. A suivre passionnément !

CCC acte II


EnnetièresSeconde réunion du Conseil Cantonal de Concertation ce matin en mairie de Lomme, sur le thème du développement des Weppes, comme convenu lors de la réunion d’installation il y a quelques mois. .. et beaucoup de motifs de satisfaction. D’abord le fait que les dix communes du canton étaient représentées, signe de l’intérêt porté à la démarche. Ensuite le fait que le Conseil me semble remplir le rôle que j’ai souhaité lui assigner, en accord avec ses membres,  c’est-à-dire une vraie structure de réflexion et d’échanges, qui permette d’avancer et de faire des propositions. Personne n’était venu avec un catalogue de problèmes municipaux à régler, mais avec l’idée de travailler au mieux de l’intêrêt général, en portant des réflexions communes à tous.

Patrick Kanner, 1er Vice-Président du Conseil général, nous fit un exposé remarquable sur les principes de l’action du Département, et notamment son implication forte dans les politiques dites « volontaristes » (c’est à dire non obligatoires), notamment au travers du FDST et le FDAN (deux fonds d’interventions pour soutenir les projets des communes). Ce qui permit à Yves Durand, député-maire de Lomme, de réagir au regard des projets de réforme des collectivités territoirales, que le Président de la République devrait aborder lors de la réunion du Congrès le 22 juin. La question est sur toute les lèvres : quid de l’avenir des conseils généraux ? Intervention très intéressante également de Jocya Vancoillie, Vice-Présidente en charge du réseau routier et des infrastructures. Deux idées à retenir : le développement d’une maîtrise d’ouvrage commune entre le Conseil général du Nord et Lille Métropole Communauté Urbaine, c’est à dire la gestion commune et concertée des projets sur lesquels les deux collectivtés interviennent (réseau routier en traversées de villes, notamment) ; la volonté ferme du Département, dans un budget contraint, de ne pas faire moins pour les communes. Enfin, une représentante de LMCU expliqua aux participants le principe des Contrats de territoire (nous y reviendrons ici plus tard), et notamment les caractéristiques du Contrat de territoire des Weppes, qui sera voté à LMCU en décembre. Le débat entre nous fut riche et mit en lumière l’absolue nécessité de coordonner davantage non seulement les actions, mais aussi et surtout les réflexions des différents acteurs du développement des Weppes, de l’Etat aux communes. Prochain rendez-vous en novembre.

LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE VERS L’AVANT


comites-de-quartierUn petit tournant du mandat municipal, ce matin, avec l’installation des nouveaux comités de quartier. Plutôt qu’un long développement sur le sujet, vous trouverez ci-dessous l’intervention que j’ai faite à cette occasion :

« Monsieur le Maire,

Monsieur le Conseiller municipal délégué,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs les membres des Comités de quartier,

Mesdames, Messieurs,

 

 Il y a un peu plus de six ans, la Ville de Lomme prenait la décision de se lancer dans une expérience : l’expérience de la démocratie participative et des Comités de quartier. Il ne s’agissait pas d’un bond dans l’inconnu, bien entendu, puisque Pierre Mauroy avait été à la fois précurseur et visionnaire, en créant les Conseil de quartier à Lille dès 1978, près d’un quart de siècle avant que la loi du 27 février 2002 ne les rendent obligatoires pour les villes de 80 000 habitant et plus.

 

Rien ne nous obligeait par conséquent, au regard de la loi, à faire le choix des Comités de quartier à Lomme. Rien, sinon votre conviction Monsieur le Maire, qu’il y avait là une ouverture vers un approfondissement de la démocratie locale, vers un dialogue renforcé avec les lommoises et les lommois, vers un enrichissement et une diversification des formes de la construction de notre ville, et même vers une co-construction du projet commun.

 

Car le rôle des Comités de quartier s’étend bien au-delà des quartiers. Il s’agit de partager une vision du développement de la ville, au nom de l’intérêt général. Partager… c’est-à-dire par le débat, le dialogue, l’explication, l’information et l’argumentation. Et ce débat ne vise pas à l’unanimité, mais à l’enrichissement du projet, à son amélioration par la participation des membres des Comités de quartier.

 

Et je souhaite ici remercier à la fois les animateurs et les membres des anciens Comités de quartier, pour la manière dont ils ont su prendre en compte et intégrer dans leurs débats cette dimension d’intérêt général, et se projeter au-delà du quartier pour participer à la réflexion sur l’avenir de la ville. Cela a été vrai pour les questions de sécurité, de stationnement, de circulation, d’urbanisme, notamment.

 

La démocratie participative n’est pas un système alternatif, mais complémentaire à la démocratie représentative, et c’est bien le suffrage universel qui fait le choix du projet politique, de l’orientation générale. C’est par conséquent le Conseil communal, avec la légitimité du suffrage universel, qui in fine décide.

 

Mais vous avez montré, Monsieur le Maire, l’importance que revêt à vos yeux la démocratie participative et les Comités de quartier, en nommant au début de ce mandat un Adjoint délégué à la citoyenneté et, rattaché à lui, un Conseiller municipal délégué à la Démocratie participative. Je veux saluer une fois de plus le travail qui a été mené par Denis Vinckier pendant de nombreux mois, et dont il nous décrira la méthode dans quelques instants.

 

Au moment du bilan et des projets, il fallait synthétiser à la fois les avancées et les difficultés, prendre en compte les souhaits et les regrets, intégrer l’exigence de renouvellement et de parité. Ces principes ont été compris par tous, et ce travail a été mené à bien. Il a demandé de la patience et du temps. Du premier jet à la version finale de la délibération et de la Charte que nous avons présentées lors d’un récent Conseil communal, il s’est passé neuf mois, et l’ouvrage a été remis sur le métier à de nombreuses reprises.

 

L’ensemble de cette démarche est d’ailleurs représentatif de la démocratie participative toute entière : présentation des principes – concertation – débat avec les représentants des quartiers d’une part, les élus d’autre part – mise au point d’une version finale – vote par le Conseil communal.

 

Nous voilà donc au seuil non pas d’une nouvelle aventure, mais d’un nouvel épisode de cette aventure. Nous l’abordons avec expérience et enthousiasme, avec sérénité et espoir.

 

Mesdames et messieurs les membres des Comités de quartier, votre responsabilité est grande. Nous vous demandons d’être des partenaires de l’action municipale, d’imaginer avec nous l’avenir de votre quartier dans la ville, d’imaginer aussi le développement de la ville dans votre quartier, de nous faire partager votre expérience. Nous faisons appel à votre sens des responsabilités et de l’engagement. Nous comptons sur votre implication, votre réflexion, votre sens des responsabilités, votre intérêt pour la chose publique, votre passion de l’intérêt général.

 

N’étant soumis à aucun lien hiérarchique, ou à aucune autorité quelconque émanant de la municipalité, les Comités de quartier exercent donc leur droit de parole le plus librement qui soit dans le cadre qui leur est fixé, et au sens où l’entend le scientifique et philosophe Albert Jacquard : « La liberté n’est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s’imposeront à tous ». Quel enjeu ! Alors, soyons libres, ensemble ! »

GENS DU VOYAGE (SUITE)


Merci David de votre commentaire. J’y réponds par cet article, afin que l’information soit la plus large possible. Les choses évouent en effet… sans évoluer. Je m’explique : la presse s’est fait assez largement l’écho de notre récente conférence de presse (notamment Nord Eclair sous la plume de Florence Traulé et La Voix du Nord sous celle de Benoît Deseure), faisant un point précis sur cette question dans la Métropole. Aucun écho en revanche, du côté de la Préfecture. Ce matin encore j’ai tenté de joindre le Préfet, en vain. Egalement ce matin nous avons rencontré avec Yves Durand, les personnes à l’origine de la (légitime) pétition qui a circulé rues Jacquard et Wiston Churchill. Le terrain qui est actuellement occupé est connu sous le nom de « friche Firantelli » (du nom de l’entreprise qui y était implantée il y a longtemps). Il appartient aujourd’hui à la Soreli, la société d’aménagement qui développe notamment Euratechnologies. La Soreli a déposé le référé de demande d’explusion dans les 24h00 suivant l’occupation. Le jugement a été transmis en Préfecture le 15 mai. Cela fait donc deux semaines que le Préfet peut à tout moment faire évacuer le terrain en mandatant les forces de l’ordre. Yves Durand fera porter lundi matin une nouvelle lettre au Préfet, lui demandant de venir constater la situation sur place. Enfin, nous organisons une réunion pulique jeudi soir en mairie avec les riverains, afin d’envisager toutes les solutions si rien ne bouge.

Concernant la situation lommoise. Notre ville est dotée d’un terrain d’accueil des gens du voyage depuis 1998, c’est à dire deux ans avant la loi Besson I qui oblige les villes de plus de 5000 habitants à s’en doter. Ce terrain est situé derrière la caserne de pompiers de Lomme. Il es actuellement en travaux, et ce pour encore quelques mois, afin de le mettre en accord avec la loi Besson II, qui prévoit l’individualisation des fluides etc. Je dois dire que nous ne rencontrons aucun problème avec ces familles, dont les enfants sont d’ailleurs scolarisés à Lomme. Nous travaillons aussi avec une association spécialisée, l’AREAS, qui ait le relais et l’interface avec la municipalité et toutes les autres autorités compétentes. Ces familles occupent actuellement un terrain provisoire, durant les travaux, qui se trouve aux abords du stade des Ormes. La « cohabitation » avec les riverains se déroule d’ailleurs très bien. Les quelques personnes qui s’étaient mobilisées contre cette implantation provisoire ont du reste rapidement abandonné leur action.

Mais au-delà de ces apsects « pratiques », je partage totalement ce que vous écrivez David. La misère humaine est non seulement à notre porte, mais même parmi nous. Je n’avais encore jamais vu d’enfants fouiller nos poubelles pour y trouver à manger, ni des personnes plonger dans la Deûle pour y récupérer les poissons morts… Je renouvelle donc mon souhait, exprimé lors de la conférence de presse, de faire en sorte que la loi soit respectée par tous, et notamment par les communes qui pourraient aménager des terrains obligatoires, mais qui ne le font pas… mais aussi par le Préfet. Expulser, tout le monde le comprend, n’est qu’une solution de très court terme et très localisée.

LETTRE OUVERTE AU PREFET


Yves DURAND, député-maire de Lomme, Olivier HENNO, maire de Saint-André et conseiller général, et moi même tenions hier une conférence de presse afin de rendre publique la lettre ouverte que nous envoyons au Préfet. Un « coup de gueule« , pour reprendre les termes de la presse, lié à la question du stationnement ilicite des gens du voyage. 

Petit rappel du contexte : la loi Besson de 2000 oblige toute commune de plus de 5000 habitants à s’équiper d’une aire de stationnement. Lesdites communes avaient alors deux ans pour s’acquitter de cette obligation. Saint-André et Lomme se sont quant à elle dotées d’un terrain en… 1995 et1998 ! 2007 : un certain Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, présente sa loi sur la prévention de la délinquance, qui prévoit notamment des expulsions dans un délai de 24h dans les communes qui ont fait l’effort de s’équiper en terrain. Or, aujourd’hui, les installations illicites de gens du voyage peuvent durer des semaines, voire des mois. D’une part parce que une majorité de communes de la Communauté urbaine ne respecte pas la loi (et donc les capacités d’accueil sont limitées), et que le Préfet ne met pas en oeuvre son pouvoir de réquisition de terrain ; d’autre part parce que la fameuse loi de 2007 sur les expulsions n’est pas davantage appliquée.

Mais qu’on ne se méprenne pas : nous ne nous attaquons pas aux gens du voyage. Tout le monde souffre de cette défaillance des services de l’Etat. Les gens du voyage eux-mêmes, qui ne sont pas accueillis au moins dans des conditions d’hygiène décentes. Les riverains, qui pour les mêmes raisons n’acceptent pas l’installation de campements de fortune à proximité. Or l’accueil dans des terrains aménagés est la meilleure garantie d’une intégration réussie de ces populations. La réflexion doit donc être menée, enfin, collectivement, pour que les communes respectent la loi, et pour que les services de l’Etat l’applique. IL NE S’AGIT D’UN PROBLEME TECHNIQUE MAIS D’UN PROBEME HUMAIN.

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