Plus d’Europe !!


EuropeJe fais suite ici aux commentaires nombreux que je lis dans la presse, ou sous la plume de militants de tous partis, … et y compris aux interpellations en Conseil communal de Lomme (ce qui est par ailleurs parfaitement légitime), concernant l’Europe, l’avenir de l’Union européenne et surtout le rôle de l’Europe aujourd’hui. L’Europe a besoin d’un nouveau souffle, d’une nouvelle ambition, cela crève les yeux si j’ose dire. Alors qu’elle reste la première puissance économique du monde, l’Europe est plongée dans la récession, une crise sociale profonde et un chômage de masse qui la jettent dans le doute. Par leur incapacité à réguler la finance, par leurs cures d’austérité qui aggravent la crise, les conservateurs ont affaibli l’esprit européen. Ils ont produit la méfiance et le repli des peuples, favorisé le regain des nationalismes et des extrémismes. L’Europe a donc immensément besoin de l’engagement de tous les progressistes du continent qui ne veulent pas moins d’Europe mais plus d’Europe pour répondre aux défis du monde de demain : «Maintenant doit grandir ensemble ce qui est fait pour vivre ensemble», disait Willy Brandt. Il nous faut refuser le délitement de l’Europe.C’est la condition de notre propre avenir et de celui de nos enfants.

Avec l’Europe, nous héritons des valeurs humanistes qu’elle a forgées, de son modèle social unique au monde, de tous les grands moments qui ont fait son histoire. L’Europe est une construction politique exceptionnelle qui plonge ses racines dans un rêve ancien. Dans l’histoire du monde, c’est la plus grande union démocratique de langues, de cultures et de peuples. L’Europe, c’est le rêve de Victor Hugo (qui l’un des premiers, évoquait « nos » états unis à construire), le cri de survie de Primo Levi (« Si c’est un homme« ), les clameurs de joie de ces femmes et de ces hommes qui ont abattu le mur de Berlin. Nous pouvons et devons être fiers du combat européen de Jaurès, de Blum, de Mitterrand, de Delors. Ils ont construit un socle essentiel. Je vois bien que la désillusion est là, et que le « Hollande Bashing » bat son plein… mais depuis le premier jour de son mandat François Hollande a porté une nouvelle vision pour l’Europe et le combat pour sa réorientation vers la croissance et l’emploi. Le temps d’une autre Europe est venu.

À force de ténacité, il a déjà obtenu plusieurs victoires : le pacte de croissance, la taxe sur les transactions financières, de nouvelles règles de supervision bancaire, et aujourd’hui, une grande offensive franco-allemande pour l’emploi des jeunes. La France a joué également un rôle moteur dans le combat enfin engagé contre les paradis fiscaux et l’évasion fiscale. Nous avons repris l’initiative en Europe pour anticiper le monde de l’après-crise, le faire advenir et non se laisser submerger par lui. Intégration solidaire, Europe différenciée, gouvernement économique de la zone euro, budget de la zone euro qui soit à la hauteur des enjeux : ce sont les piliers de cette indispensable réorientation à laquelle j’apporte mon plein soutien. L’Europe a été un rêve de paix et de stabilité. Ne le sacrifions pas sous prétexte que le libéralisme aurait dénaturé notre destin commun. Amplifions le au contraire pour construire autre chose, mieux et pour longtemps.

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JOIE ET RESPONSABILITE


Joie et sentiment de responsabilité : la victoire de François Hollande est un véritable soulagement pour tous ceux qui n’en pouvaient plus de cette politique qui ne leur ressemblait pas, mais surtout de ce pays où les Français étaient opposés les uns aux autres en permanence. Enfin, le retour à une France apaisée, responsable, calme, juste et sereine !… Mais surtout, cette victoire n’est qu’une première étape. Certes, François Hollande marquera les premiers jours de son mandat de signes forts qui donneront la mesure des profondes réformes à venir et de leurs conséquences dans la vie quotidienne de tous les Français (retraites, emploi, justice, sécurité, système bancaire.. nous en reparlerons en détails bientôt). Mais la prochaine marche à gravir, ce sont les élections législatives des 10 et 17 juin prochains. Il est hors de question de subir une situation de cohabitation institutionnelle où la droite réussirait à obtenir la majorité (d’une manière ou d’une autre) à l’Assemblée nationale. C’est pourquoi la mobilisation reprend dès ce lundi mardi, tout simplement pour donner au Président Hollande les moyens d’appliquer les propositions sur lesquelles il a été élu. Ce n’est pas une simple alternance politique que nous vivons aujourd’hui, mais bien la mise en place d’une alternative à la fois politique, sociale, de valeurs et presque philosophique. Car François Hollande, lui, croit en l’homme, à la jeunesse de France, à la solidarité, à la justice, à l’équité… et à la croissance. Faut-il rappeler que dès la semaine dernière la Banque centrale européenne (BCE) s’est exprimée pour affirmer que oui, les politiques d’austérité généralisée nous conduisent tous dans le mur, et que la croissance devait redevenir un objectif politique ? C’est tout simplement l’aveu (très largement occulté par la droite ces derniers jours) que le candidat socialiste avait raison avant tout le monde, depuis des mois. L’Europe bouge, nous regarde, nous attend. L’espoir est là pour la France et au-delà. Les 10 et 17 juin, donnons au Président les moyens de sa politique !

« Homme de devoir »… tu parles !


CLIQUEZ POUR AGRANDIR« Homme de devoir« … c’est en ces termes que la droite toute entière qualifie Nicolas Sarkozy à la suite de son intervention télévisée. Homme de devoir… Qu’est ce qu’un homme de devoir ? S’il s’agit de celui qui prend ses responsabilités, qui assume, qui possède une vision de l’avenir, qui ne rejette pas la faute sur les autres… bref s’il s’agit d’un homme d’Etat, alors on n’y est pas. Car l’intervention télévisée du chef de l’Etat était presque puérile, malgré la solennité et la gravité affiché. Qu’avons-nous entendu : c’est moi le plus sérieux, c’est moi le chef, je suis en outre le sauveur, et les autres ont fait rien que nous embêter pendant trente ans. En version officielle, cela donne l’hallucinant discours sur le fait que « je n’étais pas aux responsabilités lorsque la décision a été prise de faire entrer la Grèce dans l’Europe« , « la nationalisation des banques en 1981 a été une erreur majeure« , « je n’étais pas au pouvoir lorsque les socialistes ont mis en place les trente-cinq heures » etc… Le bouclier fiscal ? les milliards d’allègements d’impôts pour les plus riches ? l’ensemble des mesures destinées aux plus favorisés, qui ont creusé le déficit ? Les 150 milliards d’euros de déficit qui se sont creusés à une vitesse jamais connue depuis qu’il est au pouvoir ?… Aucun mot sur tout cela. Les responsables de la crise s’appellent, si j’ai bien entendu, Mitterrand, Jospin et Aubry. Oui c’est bien quelque chose de puéril qui transparaissait dans ces propos. D’autant que le reste est à l’avenant. Grâce à Nicolas Sarkozy, l’Europe vient d’échapper à la catastrophe. Bien sûr. Mais ce  dont ne parle pas le Président de la République, c’est du fort retournement de l’histoire qui est en train de se dérouler sous nos yeux, et sans qu’il semble bien le comprendre. L’Europe politique peut se construire enfin, sous la pression d’une situation devenue intenable. C’est paradoxalement la gabegie invraisemblable des banques qui va peut-être forcer le destin de l’Europe. L’Europe financière et économique sans gouvernance va peut-être accoucher à son corps défendant d’un continent plus unie, fort d’une vraie gouvernance monétaire qui débouchera nécessairement sur une structuration politique qui lui manque tellement. Quelle ironie d’entendre certains dirigeants européens en appeler aujourd’hui au fédéralisme et même aux Etats-Unis d’Europe !  Rien n’est fait… mais l’ébranlement du vieux continent assoupi soumis à la loi des banques et des marchés peut en fin de compte s’avérer positif et devenir une vraie chance. Tout cela se fera, heureusement, sans Sarkozy. L’Europe nous a préservés de la guerre. L’Europe c’est avant tout la paix. Offrons-là à nos enfants.

TANT DE SOUFFRANCES A SOULAGER


Et bien voilà… Le résultat des élections européennes suscite bien des déceptions et des amertumes. Je souhaite tout d’abord remercier les militants du canton de Lomme (et europenotamment de Lomme) qui n’ont pas ménagé leur peine ces dernières semaines, qui étaient présents sur les marchés, qui ont distribué tracts, documents divers, lettres. Parce qu’ils étaient mus par la force de leur conviction. Je comprends, parce que je la partage, leur déception.

L’analyse des résultats est comme toujours assez complexe, mais on peut en tirer quelques grands axes :

1. L’abstention n’est pas une caractéristique française. Toute les pays de l’Union sont frappés par ce mal. L’Europe continue à paraître lointaine, et ses conséquences permanentes dans la vie quotidienne des européens ne sont pas perçues. Ils ne se sont donc pas sentis concernés.

2. Le recul de la social-démocratie est lui aussi un phénomène européen. Quitte à donner l’impression de vouloir minimiser la défaite (mon contradicteur David va s’en donner à coeur joie dans ses réactions à cet article 😉 ), ce recul n’est pas étonnant. Un simple coup d’oeil sur l’histoire suffit à montrer que les périodes de crise ont toujours favorisé la droite. Pourquoi ? Parce que le progrès n’est jamais à l’ordre du jour lorsque la peur s’est installée. Or les européens ont peur : pour leur emploi, pour leur salaire, pour leur avenir et celui de leurs enfants. Et les conservateurs paraissent toujours beaucoup plus rassurants dans ces moments-là… même si paradoxalement les tenants du libéralisme sont les  seuls coupables de la crise qui dévaste le monde.

3. La montée de la droite est à surveiller de près : aux Pays-Bas, en Italie, en Slovénie, en République Tchèque, en Roumanie, en Grande-Bretagne, c’est l’extrême-droite qui marque des points. Celle qui affiche désormais publiquement son racisme.

4. Le score des Verts, c’est celui de tous ceux qui ont voulu sanctionner le PS, en partie (en partie seulement, car les électeurs traditionnels du PS ont, eux, grossi les rangs des abstentionnistes). L’autre partie, c’est la part du rêve qu’ils ont réussi à montrer du doigt… et que nous devons réaliser pleinement. Celui d’une autre société. Nous ne cessons d’appeler ici à tourner enfin la page libérale, pour écrire celles d’une autre vie dont la solidarité sera le coeur. Le discours environnementaliste des Verts est juste… mais il n’est qu’environnementaliste. Force est de constater qu’ils interviennent peu, pour le moins, sur le financement des retraites, sur la sécurité, sur la politique économique, sur la politique sociale, sur la santé, sur l’industrie (hormi pour parler pollution), sur la recherche, sur l’école, sur le système éducatif… ? La préoccupation environnementale est bien entendu majeure et les Verts ont raison et la portent à merveille, mais elle ne suffit évidemment pas. La gauche et le PS ont la responsabilité d’inventer l’avenir. Tout simplement 😉

Voilà pourquoi, dès aujourd’hui, c’est debout qu’il faut continuer. Il y a tant de souffrances à soulager.

NI ABSTENTION, NI DISPERSION


europa hart am windLe mode de scrutin européen est l’un de ceux qui favorisent le plus la dispersion des voix… et est en ce sens peut-être l’un des plus porteurs de risques pour l’Europe elle-même, dans la mesure où chacun joue sa partition, entame sa petite musique, quand bien même elle serait fluette, inaudible, ou discordante. Quel projet sensé peut- bien, en effet, proposer la « Liste des Gens« , hormi la démagogie la plus aboutie ? Quelle perspective peut offrir le rassemblement des chasseurs-pêcheurs-traditionnalistes de Nihous et des souverainistes de De Villiers ? Ne voit-on pas le paradoxe des listes d’extrême-gauche qui entendent envoyer des députés dans une enceinte qu’ils n’ont de cesse de dénigrer violemment depuis toujours ? Que penser des propos d’un Bayrou qui s’auto-désigne ces jours-ci fils spirituel de Jacques Delors, mais dont les députés centristes siègent à Strasbourg aux côtés de toute la droite européenne au sein du groupe PPE, et ont toujours apporté leur soutien sans broncher aux propositions les plus claires de déréglementation ?

Le seul vrai choix qui s’offre aux électeurs le 7 juin est celui du libéralisme ou de la protection. Le développement en Europe de ce que Sarkozy nous impose en France depuis deux ans, ou la perpective d’une Europe qui protége ses citoyens des excès qui font trembler la planète. Le Manifesto, plateforme programmatique de tous les socialistes européens, synthétise cette volonté régulatrice et protectrice (voir lien ci-contre à gauche). La donne politique doit s’inverser, et aucun électeur de peut, ne doit, n’a le droit de se désintéresser de ce srutin majeur. Abstention et dispersion seraient tout autant dramatiques pour l’Europe.

La campagne européenne du PS en direct…


… en vous rendant simplement sur ce site, à tout moment, et les jours de meeting en direct : http://www.changerleurope.fr/

URGENCE EN EUROPE


Première table ronde, ce soir, organisée dans le cadre du Conseil des Territoires du PS. Peu importe le fonctionnement de cette structure nouvelle, et qui relève de l’organisation delebarre_en-delebarre190x130-1interne du Parti socialiste. Le thème abordé, en revanche, importe : l’Europe, bien sûr… Et parmi les interventions, celle de Michel Delebarre mérite d’être soulignée. Le maire de Dunkerque a fort justement rappelé que dans cette Europe dominée par la droite, la vision qu’ont certains de l’aide aux régions est parfaitement cohérente avec la conception libérale du développement économique : les régions leaders doivent être davantage aidées pour aller plus loin… et on compte sur le développement économique qu’ils généreront pour que les plus faibles suivent. Inutile de préciser que le maire de Stuttgart, par exemple, dont le PIB par tête d’habitant est le plus important dans cette Europe des 27, est assez d’accord avec cette manière de voir les choses. Là où Jacques Delors créait le FEDER pour aider les régions en difficulté, pour mettre en place une solidarité à l’échelle du développement… la droite des Barroso et autres libéraux de tous poils ne voit dans le budget européen qu’un moyen de renforcer les inégalités. A terme, et si le résultat des élections du 7 juin n’y change rien, le Nord/Pas-de-Calais y perdrait des millions d’Euros chaque année.

Tout est là : aider, encore, toujours, les plus forts ; privilégier les priviliégiés, sciemment, consciemment. Continuer à appuyer le développement européen sur le mirage de la « main invisible du marché » qui résoudrait tout, partout. Livrer davantage les Européens aux financiers et libéraux de tous les continents, sans règles et sans lois… alors que l’urgence d’une Europe politique, sociale, équilibrée, solidaire crève les yeux.

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