2013 année de transition… ?!


Le Président de la République lors de ses voeux

Le Président de la République lors de ses voeux

La lecture des journaux n’est pas particulièrement réjouissante en ce début d’année… Chacun voit bien que la situation économique et sociale est très préoccupante dans l’ensemble de l’Europe et au-delà (Barak Obama n’en n’a pas terminé avec la « falaise fiscale » américaine). Chacun voit bien aussi que l’Europe ne sortira de la crise qu’unie, et que toute tentative d’aventure isolée risquerait d’engendrer une catastrophe générale. Et pourtant, les choses avancent. Un peu… mais elles avancent. Y compris des choses qui étaient considérées comme irréalistes il y a quelques mois encore (l’union bancaire européenne…). Elles avancent aussi en France, où l’effort sans précédent de rigueur qui est mené par le gouvernement va permettre de rééquilibrer, en quelques années, un budget que ses prédécesseurs avaient précipité dans d’irresponsables abysses. Elles avancent avec la mise en place des emplois d’avenir, des contrats de génération… Elles avancent lentement, c’est vrai. Beaucoup trop lentement au regard des souffrances quotidiennes de nos concitoyens. Mais la voie est tracée, et nul n’est tenu à l’impossible qui consisterait à retourner totalement une situation économique en six mois.

Je lis toujours avec beaucoup d’attention les messages que vous me faites parvenir. On m’a beaucoup parlé de couacs, d’erreurs, de tâtonnements ces derniers mois… C’est vrai : pourquoi ne pas le reconnaître ? Les opposants à la majorité actuelle me font savoir leur « effarement » devant une politique brutale et même « mortifère« … sans s’interroger un instant sur les raisons qui amènent ce gouvernement à devoir gérer une dette de 600 milliards supplémentaires laissée par les locataires précédents de l’Elysée et de Matignon. Les supporters de la majorité ne sont pas toujours les moins sévères : impatients, certains rongent leur frein, ne comprennent pas qu’on n’en fasse pas plus, plus vite, plus fort. On peut probablement reprocher un certain nombre de choses à François Hollande, mais pas sa constance. Personne ne doit être étonné de ce qui se passe : le Président de la République fait exactement ce qu’il avait annoncé, au rythme qu’il avait prévu. C’est du reste sur cette base qu’il a été élu. C’est aussi pour cette raison que je fais confiance au Président qui a fait de 2013 une année de transition avant l’inversion de la courbe du chômage.

Alors que souhaiter, que vous souhaiter pour 2013 ? Le plus sincèrement du monde que vos difficultés s’apaisent, que les douleurs s’éteignent, que les angoisses se taisent… Je souhaite que nos politiques en matière de logement amènent un maximum d’entre-vous à trouver un toit digne et adapté à vos besoins ; je souhaite que le retour de la croissance ne tarde pas, afin que nos jeunes (dont le quart sont en recherche d’emploi) voient enfin une lueur d’avenir briller à l’horizon ; je souhaite enfin que chacun d’entre-vous puisse réaliser son rêve secret, sa demande intime, son espoir caché.

Je continuerai à être pour cela au plus près de vous.

Bonne année 2013 à toutes et tous !

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La crise est violente, hein !


On revoit cet extrait de l’émission « A vous de juger » avec à la fois avec tristesse et une certaine forme de nausée... Nous étions en 2007, Sarkozy était en campagne électorale pour l’élection présidentielle. Demain on allait raser gratis, terrasser le chômage, et qui plus est se soumettre bien volontiers à la sanction des Français si on échouait. C’est la démocratie madame Chabot… Cinq ans après, le Président de la République convoquait aujourd’hui un sommet social avec les partenaires sociaux. Sommet de crise bien entendu, Sarkozy est le champion des sommets de crise. Pour déboucher sur quoi ?... Sur un plan (encore un plan) de 430 millions d’Euros pour l’emploi. Par redéploiement, c’est-à-dire sans débloquer un centime de plus du budget de l’Etat (il ne faut pas creuser le déficit madame Chabot, hein, même si je suis directement responsable d’un trou de plusieurs dizaines de milliards). Et puis on va embaucher 1000 personnes à Pôle emploi (mais en CDD, hein, madame Chabot, car forcément dans quelques mois ça ira beaucoup mieux). Cela fera sûrement plaisir au personnel qui, pour certains doivent gérer plusieurs centaines de dossiers de demandeurs d’emploi (bon c’est vrai madame Chabot, Christine Lagarde en son temps annonçait que chaque référent ne suivrait au maximum que trente dossiers… Mais elle n’est plus là Madame Lagarde). Le Medef se dit satisfait d’un sommet « très riche » (lapsus ?) , les autres syndicats se disent mitigés. La routine quoi… Ah j’allais oublier : le Président trouve que la crise est violente…

« Homme de devoir »… tu parles !


CLIQUEZ POUR AGRANDIR« Homme de devoir« … c’est en ces termes que la droite toute entière qualifie Nicolas Sarkozy à la suite de son intervention télévisée. Homme de devoir… Qu’est ce qu’un homme de devoir ? S’il s’agit de celui qui prend ses responsabilités, qui assume, qui possède une vision de l’avenir, qui ne rejette pas la faute sur les autres… bref s’il s’agit d’un homme d’Etat, alors on n’y est pas. Car l’intervention télévisée du chef de l’Etat était presque puérile, malgré la solennité et la gravité affiché. Qu’avons-nous entendu : c’est moi le plus sérieux, c’est moi le chef, je suis en outre le sauveur, et les autres ont fait rien que nous embêter pendant trente ans. En version officielle, cela donne l’hallucinant discours sur le fait que « je n’étais pas aux responsabilités lorsque la décision a été prise de faire entrer la Grèce dans l’Europe« , « la nationalisation des banques en 1981 a été une erreur majeure« , « je n’étais pas au pouvoir lorsque les socialistes ont mis en place les trente-cinq heures » etc… Le bouclier fiscal ? les milliards d’allègements d’impôts pour les plus riches ? l’ensemble des mesures destinées aux plus favorisés, qui ont creusé le déficit ? Les 150 milliards d’euros de déficit qui se sont creusés à une vitesse jamais connue depuis qu’il est au pouvoir ?… Aucun mot sur tout cela. Les responsables de la crise s’appellent, si j’ai bien entendu, Mitterrand, Jospin et Aubry. Oui c’est bien quelque chose de puéril qui transparaissait dans ces propos. D’autant que le reste est à l’avenant. Grâce à Nicolas Sarkozy, l’Europe vient d’échapper à la catastrophe. Bien sûr. Mais ce  dont ne parle pas le Président de la République, c’est du fort retournement de l’histoire qui est en train de se dérouler sous nos yeux, et sans qu’il semble bien le comprendre. L’Europe politique peut se construire enfin, sous la pression d’une situation devenue intenable. C’est paradoxalement la gabegie invraisemblable des banques qui va peut-être forcer le destin de l’Europe. L’Europe financière et économique sans gouvernance va peut-être accoucher à son corps défendant d’un continent plus unie, fort d’une vraie gouvernance monétaire qui débouchera nécessairement sur une structuration politique qui lui manque tellement. Quelle ironie d’entendre certains dirigeants européens en appeler aujourd’hui au fédéralisme et même aux Etats-Unis d’Europe !  Rien n’est fait… mais l’ébranlement du vieux continent assoupi soumis à la loi des banques et des marchés peut en fin de compte s’avérer positif et devenir une vraie chance. Tout cela se fera, heureusement, sans Sarkozy. L’Europe nous a préservés de la guerre. L’Europe c’est avant tout la paix. Offrons-là à nos enfants.

Bourrage de mou !


Ce qui me frappe le plus dans l’argumentaire gouvernemental sur à peu près tous les sujets, c’est la logique qui consiste à élever à l’échelle de dogme la fameuse phrase « il n’y à pas d’autres solution« . A ce titre je vous recommande chaudement la lecture de deux textes. D’abord la réaction de Benoît Hamon, qui conteste dans Le Monde d’aujourd’hui un certain nombre d’idées, notamment celle selon laquelle le recul de l’âge de la retraite serait non seulement inéluctable mais une nécessité reconnue par tout le monde (çà se trouve ici : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/09/17/quelques-evidences-contestables-sur-les-retraites_1412647_3232.html). Ensuite un très intéressant « Manifeste d’économistes attérés » qui bat en brèche de manière très claire et très argumentée un certain nombre d’idées prétendues évidentes, mais qui ne sont que mensonges visant à faire avaler volontairement la pilule libérale (ici : http://www.assoeconomiepolitique.org/spip.php?article140). Car le redoutable piège libéral est là : il vise à vous faire ingurgiter volontairement la potion qui vous rendra davantage malade. C’est particulièrement vrai en ce moment :  le libéralisme aurait dû mourir de ses excès, de son hypertrophie, de son inhumanité… et il réussit, deux ans plus tard, à nous faire avaler le retrait de l’Etat et des services publics comme remède ! C’est un peu comme si on appliquait avec soin du sel sur les plaies d’un brûlé !… « Il n’y à pas d’autre solution, voyons !

En septembre 2008, au plus fort de la tempête, j’avais intitulé un des articles de ce blog « Enfin la crise ?« … prenant soin de ne pas oublier le point d’interrogation…  » Le monde entier, tous les états sont en train de prendre conscience de la supercherie et des mensonges du libéralisme financier… d’en prendre conscience, ou d’accepter de le reconnaître enfin. Tous ? Non… car l’un d’entre-eux résiste encore »… en parlant du nôtre bien entendu. Deux ans plus tard, le constat est mitigé, pour le moins. Oh, certes, l’opinion publique n’en peut plus, mais Sarkozy continue à nous infliger la potion de force, à grands coups de mensonges et de bourrage de mou. Il n’y a pas d’autres solutions que la suppression de postes de fonctionnaires par dizaines de milliers (250 millions d’Euros… soit peu d’économies au regard du budget de l’Etat. On est donc face à une mesure strictement idéologique et dogmatique), que le maintien du bouclier fiscal, que le déremboursement des médicaments, que l’étranglement financier des collectivités territoriales… Pas d’autre solution que de  monter les Français les uns contre les autres, les jeunes contres les aînés, les chômeurs contre les travailleurs, les retraités contre les actifs…  au nom de la crise. Pas d’autre solution que de nous refaire pour la xième fois le coup de « je ne reculerai pas d’un centimètre« , « on va voir ce qu’on va voir« , « que dirait-on si je ne faisais rien« , « je n’ai pas été élu pour rester inactif« , et bien d’autres ! Cette crise du libéralisme nourrit l’injustice, le creusement des inégalités, la destruction de la Nation. Elle est bénie cette crise du libéralisme… pour les libéraux ! Elle nourrit ausi le sentiment de la nécessité d’une vraie alternative, et pas seulement d’une alternance !

PS : Martine Aubry l’a annoncé, les propositions du PS vont commencer à être présentées. Un texte très important sur les relations internationales a été adopté début septembre. Le 2 octobre, la ville de Dijon accueillera un grand forum sur la sécurité. J’y participerai et vous en reparlerai évidemment

Mise à mort


Présentation en Conseil des Ministres du Projet de loi de finances pour 2010… bref du budget de l’Etat pour l’an prochain. Déficit record, suppression de la taxe professionnelle (l’une des principales ressources fiscales des colllectivités territoriales), et de 34 000 postes de fonctionnaires (après les 30 000 de 2009, et les milliers d’autres les années précédentes). Cela signifie clairement que, sous prétexte de plan de relance, de sortie de crise et de je-ne-sais-quoi, le moins d’Etat continue d’avancer inexorablement. Le moins d’Etat, le moins de services publics, de services aux Français. Je ne prendrais que l’exemple de la police nationale, qui va voir ses effectifs fondre deprès de 10% dans les trois ans qui viennent. 8000 postes de policiers en moins, 8000 interlocuteurs de moins au coeur de nos villes, 8000 présences en moins… et des millions de Français de plus en plus abandonnés, à qui on propose par pages entières de publicité dans les journaux de se doter d’alarmes de plus en plus sophistiquées, des abonnements qui vont avec, etc… Pas à tous les Français, bien entendu… à ceux qui en ont les moyens. Par un même mouvement de balancier qui offre nos droits à la concurrence et au profit, les mêmes pages de publicité proposent de confier vos enfants à des officines privées qui ont même les moyens de se payer des campagnes de pub sur tous les murs de France… au moment où on annonce 16 000 supressions de postes dans l’Education Nationale. La crise a décidément bon dos, et se transforme jour après jour en autel de la mise à mort des services publics.

CRAQUEMENTS


juppeIl ne faut « pas prendre de haut » la journée de grève et de manifestations « parce qu’il y a une vraie angoisse dans l’opinion publique« , il faudra « se remettre autour de la table » après ce mouvement, et « ça n’est pas par l’arrogance ou une forme d’ignorance des préoccupations des gens qu’on sortira de la crise« . Au petit jeu du « Kiladi ? », les réponses possible sont nombreuses : Bernard Thibault ? Martine Aubry ? Marie-George Buffet ? Voire François Bayrou ?… Non, il s’agit d’Alain Juppé, ancien Premier ministre UMP, qui s’exprimait ainsi sur LCI ce matin. Le propos dépasse le cadre des habituelles petites phrases lancées ici et là. Alain Juppé a toujours été, selon ses propres termes, « droit dans ses bottes » au regard de ses convictions politiques personnelles (mais au moins, il assume), et n’est pas connu pour être porté sur le dialogue, la concertation et l’écoute de ses adversaires. Que ce soit lui qui emploie ces mots-là ne manque d’ailleurs pas de sel, quand on se souvient comment sa rigidité et son intransigeance ont constitué les causes principales de son départ de Matignon. Vous me direz qu’une forme de rivalité personnelle entre Juppé et Sarkozy est peut être en train de se cristalliser, vous me rappellerez que Juppé a récemment indiqué qu’il ne disait plus non (ou plus aussi fermement, ce qui est la même chose) à un destin personnel à l’horizon 2012. Et vous aurez raison.

Mais la parole de Juppé porte à droite. Et il semble bien que des craquements soient en train de naître au sein de la majorité actuelle. L’amendement Méhaignerie sur la contribution des hauts revenus a été voté en commission des finances… Le jusqu’au-boutisme de Sarkozy confine à l’aveuglement, et la droite commence à craindre de couler avec le navire. Nous n’en sommes pas là… et dans tous les cas c’est la capacité de la gauche à proposer une vraie alternative, profonde, un vrai changement de système et de société, qui fera la différence. Et nous n’en sommes pas là non plus, même si sous la houlette de Martine Aubry le PS s’est réellement « remis au travail ». Le dernier sondage (à prendre avec toutes les pincettes nécessaires !) sur les élections européennes donne la liste UMP en tête avec 27% des intentions de vote. Ce gouvernement et ce Président (là aussi, c’est la même chose) ne comprennent que le rapport de force et se sont enfermés dans un véritable autisme social. C’est dire l’importance de la manifestation unitaire d’aujourd’hui.

RIONS UN PEU (2)


Suite de l’épisode précédent ! … et je redeviens sérieux dès demain ! Rêvons donc un peu…

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