JE VOTERAI XAVIER BERTRAND DIMANCHE. HELAS.


project_191_image_frLa décision prise dimanche soir par Pierre de Saintignon  – retirer la liste qu’il menait du second tour des régionales  – fait partie de celles qui sont les plus difficiles à prendre dans une vie politique. Pierre l’a fait avec un sens immense des responsabilités et même, je le dis, avec courage. Les commentaires des uns et des autres fleurissent sur les réseaux sociaux et dans la presse, émis parfois par ceux qui découvrent le 7 décembre qu’il y a eu une campagne électorale et qu’on aurait aimé voir à nos côtés pour la mener. Pourtant la décision de PDS est légitime… parce qu’elle est un aboutissement, après une succession de faits, et qu’il a tout fait, absolument tout, pour éviter d’en arriver là.

  1. Le retrait est une option qui n’a jamais été envisagée, jusqu’au dernier moment : faut-il rappeler que certains appelaient à la fusion des listes avec la droite avant même le premier tour ? faut-il rappeler comment PDS a immédiatement rejeté cette option ? PDS a passé des semaines et des semaines à tenter de bâtir une liste d’union de la gauche pour le premier tour. Autant on peut comprendre que certains partenaires traditionnels (PC, EELV notamment) repoussent la politique gouvernementale actuelle, autant il est incompréhensible que cela serve de prétexte à la prise de risque de voir Marine Le Pen en position de l’emporter. La tête de liste EELV Sandrine Rousseau a t’elle découvert au début de la campagne qu’elle n’était pas bien dans sa peau de vice-présidente de la région, gouvernant avec les socialistes ? Si PDS ne s’était heurté à un refus permanent, malgré des efforts répétés et répétés, la liste d’union de la gauche aurait bénéficié d’une vraie dynamique. Une triangulaire était alors envisageable… sauf que : la liste FN caracole a plus de 22% devant celle de PDS, isolé sans le soutien des autres partis de gauche.
  2. L’impossible union : jusqu’au tout dernier moment, avant l’annonce des résultats, PDS a tenté de réunir la gauche. Fabien Roussel et Sandrine Rousseau (PC et Verts) ont été invités à prendre la parole ensemble, avec PDS, à 20h00. Vous les avez vus ? Moi non… et c’est pitoyable. PDS a alors lancé un appel à tous les démocrates, à tous ceux qui se reconnaissent dans des valeurs communes, au-delà de la notion de places dans une liste. Xavier Bertrand, fidèle à la ligne Sarkozy, a immédiatement indiqué à la télévision qu’il n’en était pas question, claquant la porte. Pas même une prise de contact, le début d’un dialoque…
  3. L’assurance de Le Pen, ou la possibilité de Bertrand : Pierre de Saintignon n’avait plus alors que deux options à sa portée. Soit maintenir sa liste, et compte-tenu de l’écart de voix et de la configuration en triangulaire, assurer de manière absolue et certaine la victoire de Marine Le Pen. Assurer son élection et celle de quelques autres socialistes, mais Le Pen à coup sûr. Soit se retirer, afin qu’un simple duel permettent éventuellement à Xavier Bertrand de l’emporter, avec les voix de gauche. C’est l’option qu’il a choisie, en responsabilité et je le redis, courageusement.  Ah… bien sûr que nous avons mal à la gauche, bien sûr que la perspective de n’avoir aucun élu de gauche dans la prochaine assemblée régionale nous révolte ! Mais je suis scandalisé de lire dans la presse ou sur les réseaus sociaux que Pierre de Saintignon aurait lâché la gauche, déserté et que sais-je encore !!! J’ai même lu sous la plume d’un communiste que PDS aurait dû se maintenir et qu’alors le PC aurait été à ses côtés ! A tous ceux-là, à tous ceux qui pensent que la certitude de voir Le Pen élue n’était qu’un risque, à tous ceux qui sont prêts à continuer à jouer avec le feu : vous vous trompez ! Je voterai Xavier Bertrand dimanche. Pas pour lui, évidemment, ni pour ses idées, ni pour son programme. Pour éviter de jeter ma région, puis mon pays, dans une aventure aux dangers immenses. Citez moi un régime d’extrême-droite dans l’histoire qui ait apporté autre chose que le chaos. Un seul… « Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C’est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser »  – Françoise Giroud
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Une volonté, un chemin


Pierre DE SAINTIGNON s’est déclaré pour conduire une liste de rassemblement la plus large possible et pour présider demain aux destinées de notre Région.
Cette déclaration témoigne de l’engagement et de la volonté que nous lui connaissons bien et qui sont sa marque de fabrique.
Maires de HELLEMMES et de LOMME, communes associées à LILLE,  nous travaillons avec Pierre depuis plusieurs années et nous apprécions ses qualités, son sens du collectif et sa rigueur au service de nos concitoyens.
Dans un moment délicat pour notre pays, notre région et nos communes, où notre société est ballotée et en absence de repères, où les individualismes l’emportent sur le vivre ensemble, cette candidature prend un sens bien particulier.
Cette candidature témoigne que là où il y a une volonté, il y a un  chemin.
Pierre DE SAINTIGNON a choisi de s’engager sur ce chemin avec comme seule idée, une Région plus innovante, plus solidaire, plus forte.
Ce chemin, nous le suivrons à ses côtés, au service des nos concitoyens et de nos idées de justice et de progrès !
 
Frédéric MARCHAND                                                                  
Roger VICOT

Alors j’attends…


Je ne me suis pas encore exprimé ici sur l’affaire qui a occupé les médias tout l’été, et jusqu’à La Rochelle le week-end dernier, je veux parler bien entendu de la bataille savamment mise en scène entre les « frondeurs » du Parti socialiste et le 1er Ministre.

Premier point : aucun chef d’exécutif ne peut accepter de voir contester sa politique publiquement, de la part d’un membre de l’exécutif en question. Qu’un de mes adjoints ou qu’une de mes adjointes en mairie de Lomme s’exprime dans la Voix du Nord pour expliquer à quel point la politique municipale que je mets en oeuvre est un non-sens, et je lui retirerais sa délégation le jour-même ! Cela ne fait pas de moi pour autant un « vallsien » libéral… c’est juste une question de forme, et cela relève de ce qui n’est pas acceptable.

Deuxième point : je suis profondément agacé par les provocations qui, de part et d’autre, tirent le débat en permanence vers le bas et « plombent » les socialistes. Montebourg spectateur quotidien et émerveillé de son propre cinéma, c’est de la provocation permanente ; Valls qui se fait applaudir debout devant le Medef, c’est de la provocation incontestable (il aurait pu dire la même chose sur le fond, ailleurs et autrement) ; Taubira qui arrive en vélo à la réunion des frondeurs à La Rochelle, trois jours après avoir accepté de rester au gouvernement, c’est de la provocation stérile ; et j’en passe…

Troisième point : il n’y a plus rien de serein ni de construit dans les différents arguments que désormais les socialistes se contentent de se jeter à la tête par presse interposée. Plus à gauche que moi tu meurs, plus réaliste que moi tu meurs, plus délirant que toi c’est fou, plus à côté de la plaque que toi c’est impossible… sans oublier d’appeler à la rescousse les ombres tutélaires (et parfois bien pratiques) des grands anciens qui avaient pourtant le point commun de placer le débat à un autre niveau que celui de l’invective et de l’accusation.

En ce qui concerne Jaurès, largement brandi et assaisonné à toutes les sauces à La Rochelle pendant trois jours, il est incontestable que ce dernier reste une figure extraordinaire et symbolique de la lutte contre toutes les injustices, lutte permanente, violente parfois… mais je ne saurais trop conseiller de relire la brochure « Jaurès et les patrons« , éditée il y a quelques années par la Fondation Jean Jaurès (peu suspecte d’être critique à l’égard du grand homme). On y rappelle la conception pour le moins peu marxiste qu’il développait à l’égard des relations à entretenir avec le patronat, soumis selon lui à ce que l’on appellerait de nos jours la pression permanente de la concurrence impitoyable (« les misères du patronat »), louant par ailleurs l’intelligence et l’apport indispensable de la bourgeoisie.  Or je n’ai pas le sentiment que les patrons d’alors étaient moins impitoyables que certains d’aujourd’hui. J’ai une admiration sans borne pour Jaurès et son oeuvre, pour l’homme et ses combats, et il ne fait aucun doute, historiquement, qu’il ne soutiendrait pas Arnaud Montebourg et les frondeurs, ni sur le fond, ni sur la forme, trop profondément attaché qu’il était au compromis et à la mesure.

Quant à  Léon Blum, autre figure tutélaire, son conseiller financier au Front Populaire était Horace Finaly, patron de la Banque de Paris et des Pays-Bas… un garçon par conséquent pire encore qu’Emmanuel  Macron, si l’on devait se hasarder à quelque comparaison. Or personne à ma connaissance ne remet en cause les convictions de Blum.

Tout cela pour dire que les socialistes sont collectivement en train de replonger dans ce qui est presque inné chez eux : la division. La division et tout ce qu’elle a toujours engendré : la caricature, l’à-peu-près, les délices du bon mot qui fait mouche, la joie rapide du trait assassin… le tout étant en train, par petites touches, de dessiner le tableau de socialistes irresponsables.

Loin de moi l’idée de partager, loin s’en faut, toutes les orientations de ce gouvernement et du chef de l’Etat. Etouffer financièrement les collectivités locales, c’est limiter leur capacité à investir, et donc l’activité des entreprises. Quant le groupe Auchan touche 44 millions d’euros grâce au dispositif CICE et annonce dans le même temps  300 licenciements, c’est qu’il y a un problème, et qu’il faut le regarder en face. Mais arrêtons de faire passer Hollande, malgré ses nombreux défauts, pour un suppôt de Satan. La création de la Banque publique d’investissement, l’augmentation du RSA, l’augmentation 25%de l’allocation de rentrée scolaire, la sortie de l’impôt sur le revenu de 4 millions de ménages,  la création de 100 000 places de crèches, la taxation des très hauts revenus, l’abrogation du décret qui facilite l’accès à la profession d’avocat aux parlementaires et anciens ministres, la création de 60 000 postes dans l’éducation nationale, les création de postes dans la police nationale, la justice et la gendarmerie, l’élévation à 25% du taux de construction obligatoire de logements sociaux dans les communes, le financement de la sécurisation des parcours professionnels axé sur les publics les plus fragiles, les moins formés et les chômeurs, etc… etc… Voilà bien des mesures, et beaucoup d’autres, qui n’ont pas été inspirées par Fillon ou Sarkozy. J’en suis fier.

Alors j’attends… que dans l’esprit de l’entretien que Jean-Christophe Cambadélis a accordé au quotidien le Monde la semaine dernière, une personnalité de gauche sache sortir les socialistes de la mouise dans laquelle ils se sont enfoncés avec une énergie peu commune. 

Alors j’attends… qu’avec un esprit responsable cette personnalité hisse, enfin, le niveau du débat au regard de l’enjeu qui devrait tous nous réunir, c’est à dire la réussite de nos politiques

Alors j’attends… que sans rejeter totalement certaines propositions des frondeurs, sans rejeter totalement la politique gouvernementale, cette personnalité de gauche, soumise à aucun cheffaillon d’estrade, dégagée des slogans réducteurs, signataire d’aucune harangue, redonne espoir à toute la gauche.

Alors j’attends… que cette personnalité démontre les erreurs, les fausses pistes, les espoirs déçus, porte sereinement les rééquilibrages nécessaires, souligne les incohérences et sache proposer, argumenter en s’appuyant aussi sur les aspects positifs de ces premières années de mandat présidentiel.

Et j’ai bon espoir.

Année de renouveau…


Malgré mes résolutions de ces derniers mois… pas de nouvel article sur ce blog depuis juin dernier 🙂 Ce sera donc une de mes résolutions de cette année 2014 : faire revivre mon blog… tout en sachant que les réseaux sociaux sont aussi particulièrement efficaces lorsqu’il s’agit d’entretenir le lien presque direct avec la population.

Au seuil de cette année nouvelle, qu’espérer et que souhaiter ? Au niveau national, c’est bien entendu le combat inlassable contre le chômage qui s’impose comme principale préoccupation et comme principal espoir. N’en déplaise à certains, un article du Monde hier soulignait que la France est presque le seul pays d’Europe à avoir véritablement fait « le ménage » dans don organisation bancaire, et qu’elle se trouve ainsi dans une situation beaucoup plus saine que nombre de ses partenaires. N’en déplaise également aux mêmes,  ce que le candidat Hollande avait annoncé se réalise selon le programme prévu : 18 mois à deux ans d’efforts soutenus pour reconstruire le socle détruit des finances publiques, et recueillir ensuite le fruit de ce travail ingrat mais tellement nécessaire. Je souhaite donc que toux ceux qui sont touchés par ce terrible fléau voient enfin l’éclaircie et le bout du tunnel, et puissent commencer à envisager de vivre pleinement…

Au niveau local, la loi m’interdit strictement d’évoquer les échéances à venir en dehors du contexte et des supports de communication de la campagne électorale, et c’est bien normal. Alors quoiqu’il arrive, je souhaite pour ma ville, pour ses habitants quelle que soit leur condition, leur âge… que quelque chose se lève pour eux : la réalisation d’un projet, l’espérance d’un changement attendu, la joie d’un bonheur retrouvé, la fin d’un tunnel, la maladie vaincue... et tant d’autres choses. Je vous souhaite toutes les petites améliorations quotidiennes mais aussi les transformations fondamentales qui se sont fait attendre ;  je vous souhaite les grandes joies en commun mais aussi la réalisation des projets les plus intimes. Je vous souhaite une très bonne année 2014 !

Plus d’Europe !!


EuropeJe fais suite ici aux commentaires nombreux que je lis dans la presse, ou sous la plume de militants de tous partis, … et y compris aux interpellations en Conseil communal de Lomme (ce qui est par ailleurs parfaitement légitime), concernant l’Europe, l’avenir de l’Union européenne et surtout le rôle de l’Europe aujourd’hui. L’Europe a besoin d’un nouveau souffle, d’une nouvelle ambition, cela crève les yeux si j’ose dire. Alors qu’elle reste la première puissance économique du monde, l’Europe est plongée dans la récession, une crise sociale profonde et un chômage de masse qui la jettent dans le doute. Par leur incapacité à réguler la finance, par leurs cures d’austérité qui aggravent la crise, les conservateurs ont affaibli l’esprit européen. Ils ont produit la méfiance et le repli des peuples, favorisé le regain des nationalismes et des extrémismes. L’Europe a donc immensément besoin de l’engagement de tous les progressistes du continent qui ne veulent pas moins d’Europe mais plus d’Europe pour répondre aux défis du monde de demain : «Maintenant doit grandir ensemble ce qui est fait pour vivre ensemble», disait Willy Brandt. Il nous faut refuser le délitement de l’Europe.C’est la condition de notre propre avenir et de celui de nos enfants.

Avec l’Europe, nous héritons des valeurs humanistes qu’elle a forgées, de son modèle social unique au monde, de tous les grands moments qui ont fait son histoire. L’Europe est une construction politique exceptionnelle qui plonge ses racines dans un rêve ancien. Dans l’histoire du monde, c’est la plus grande union démocratique de langues, de cultures et de peuples. L’Europe, c’est le rêve de Victor Hugo (qui l’un des premiers, évoquait « nos » états unis à construire), le cri de survie de Primo Levi (« Si c’est un homme« ), les clameurs de joie de ces femmes et de ces hommes qui ont abattu le mur de Berlin. Nous pouvons et devons être fiers du combat européen de Jaurès, de Blum, de Mitterrand, de Delors. Ils ont construit un socle essentiel. Je vois bien que la désillusion est là, et que le « Hollande Bashing » bat son plein… mais depuis le premier jour de son mandat François Hollande a porté une nouvelle vision pour l’Europe et le combat pour sa réorientation vers la croissance et l’emploi. Le temps d’une autre Europe est venu.

À force de ténacité, il a déjà obtenu plusieurs victoires : le pacte de croissance, la taxe sur les transactions financières, de nouvelles règles de supervision bancaire, et aujourd’hui, une grande offensive franco-allemande pour l’emploi des jeunes. La France a joué également un rôle moteur dans le combat enfin engagé contre les paradis fiscaux et l’évasion fiscale. Nous avons repris l’initiative en Europe pour anticiper le monde de l’après-crise, le faire advenir et non se laisser submerger par lui. Intégration solidaire, Europe différenciée, gouvernement économique de la zone euro, budget de la zone euro qui soit à la hauteur des enjeux : ce sont les piliers de cette indispensable réorientation à laquelle j’apporte mon plein soutien. L’Europe a été un rêve de paix et de stabilité. Ne le sacrifions pas sous prétexte que le libéralisme aurait dénaturé notre destin commun. Amplifions le au contraire pour construire autre chose, mieux et pour longtemps.

LA SECURITE EN DEBAT


Il me faut bien reconnaître que je n’arrive pas à tenir ma promesse de publier régulièrement sur ce blog… ou plutôt que je n’y arrive plus ! Il a dû se passer quelque chose aux environs de septembre dernier qui désormais m’accapare en permanence et m’éloigne d’ici… 😉 Peu importe : ce n’est pas si grave et la présence dans la ville est à mes yeux largement, très largement plus importante que ce que je peux écrire ici, même si les deux sont complémentaires. Et puis, nous sommes depuis le 1er mars dernier en campagne électorale… en tout cas au sens juridique du terme, puisque les comptes de campagne des futurs candidats aux élections municipales sont officiellement ouverts depuis cette date. La loi du 15 janvier 1990 sur la communication en période électorale m’oblige dans tous les cas à des précautions nouvelles. Ainsi, je dois identifier clairement dans les futurs comptes de campagne les supports de communication que j’utiliserai. Ce blog n’en fait pas partie, et je vais donc désormais soigneusement éviter ici tout sujet qui pourrait participer du débat lommois. Jusqu’en mars 2014, je n’aborderai donc plus de sujets liés au développement et à la vie de notre ville, et encore moins de la politique municipale (merci donc de ne pas me poser ici de questions relatives à tout cela… je n’y répondrai pas). L’occasion, sûrement, de se tourner vers des sujets différents, pas forcément plus légers d’ailleurs…

UntitledEt puisqu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, si j’en crois la sagesse populaire, vous me permettrez de dire un mot de mon dernier livre : « Sécurité : vraies questions et faux débats« . Le thème de la sécurité ne vous étonnera pas… Vous savez qu’il m’a toujours passionné, et que Martine Aubry m’a confié cette délégation près de douze ans au conseil municipal de Lille. Cette expérience passionnante m’a permis de découvrir un peu à la fois à quel point cette question génère de nombreux commentaires, et surtout de nombreuses passions. Or, il me semble que plus que n’importe quel autre sujet la sécurité doit au contraire être gérée en dehors de toute passion. Or malheureusement on entend et on lit tout et n’importe quoi ! Le supposé bons sens populaire n’est parfois doté d’aucune bonté… et parfois même d’aucun sens 😉 J’ai donc collecté quelques uns de ces « yaqua », de ces « fauquon », de ces phrases toutes faites, de ces soit-disant vérités, de ces clichés, de ces poncifs et autres caricatures, largement relayés au quotidien par les multiples forums, courriers de lecteurs, commentaires divers, notamment sur internet. La démarche est simple : puisque certains pensent que « c’était mieux avant« , que l’ « on peut repérer les futurs délinquants dès le plus jeune âge« , que « les mineurs ne sont jamais condamnés« , et que… et que… j’ai demandé à de vrais spécialistes de ces questions de nous livrer leur analyse en dehors de toute passion : un regard historique, sociologique, statistique, analytique… Il sont chercheurs au CNRS, universitaires, sociologues… et seulement (et volontairement) trois élus sur la vingtaine de contributeurs (un ancien ministre de l’Intérieur, le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, et votre serviteur). Un livre qui, je l’espère, remet quelques idées au clair et surtout à leur vraie place, à a fois destiné aux élus et au grand public…

Sécurité : vraies questions et faux débats – Editions L’Harmattan  (30€)

En téléchargement au format PDF ici : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&sr=7 (22,50€)

SUR MES PROMENADES HEBDOMADAIRES A LOMME…


Rdv du  Maire2 mars2013vf - pour blogC’est Candide qui m’a finalement incité à écrire cet article. Non pas le célèbre Candide de Voltaire, personnage naïf, innocent et inoffensif,  simple mais presque simplet… mais le Candide assidu lecteur de ce blog, qui aurait du reste dû se choisir un autre pseudonyme, tant il n’est lui-même ni naïf, ni innocent, ni simplet loin s’en faut. Je le remercie du reste très sincèrement de ses commentaires réguliers. Il me faut reconnaître que nous sommes rarement en accord, quel que soit le sujet d’ailleurs. Candide m’apostrophe, tantôt me vouvoie, tantôt me tutoie, Candide me promet que la roue tournera, tempête, regrette Nicolas Sarkozy (et l’assume, et c’est très bien comme cela), a décidé que le Président de la République s’appelle désormais Hollandréou, s’alarme de la dictature qui a été instaurée dans ce pays il y a quelques mois, et dénonce l’hypocrisie de tous les élus de gauche, à commencer par la mienne bien entendu. Me permettrais-je de souligner que Candide et moi ne partageons pas la même notion de la sérénité, du dialogue, des arguments ?… Mais au moins Candide est-il là, avec son style et c’est bien. Je regrette seulement cette incapacité à sortir de l’anonymat, et peut-être une certaine agressivité un peu inutile, mais bon…

Donc, mon cher Candide me reprochait il y a quelques jours mes « Rendez-vous du maire », chaque semaine ou presque dans les rues de Lomme, en ces termes : « Avec vos promenades hebdomadaires, vous battez déjà la campagne pour les élections locales de 2014.«  Je dois avouer que, pour le coup, Candide m’en a (passez-moi l’expression) « bouché un coin ». Mais non, Candide ! Je ne me promène pas… J’ai simplement décidé, le jour où j’ai été élu maire, d’être un élu d’hyper-proximité. J’ai estimé que c’est en discutant, en débattant, en allant sur le terrain, en prenant en permanence le pouls de la ville, qu’on pouvait réellement la comprendre. Et ce que vous appelez « promenades« , ce ne sont pas forcément des parties de plaisir. Car les lommoises et les lommois n’ont pas leur langue dans leur poche… et ils ont bien raison 🙂 Certains jours, croyez-moi Candide, j’en prends pour mon grade : sur la circulation, sur la vitesse, sur le stationnement, sur la propreté, sur les travaux, sur la signalisation, sur la voirie, et que sais-je encore… Mais c’est cela la vraie vie : aller à la confrontation, prendre ses responsabilités, écouter… et ensuite mettre en branle tout ce qui est possible pour régler les problèmes. Je ne cache jamais la vérité à ceux que je rencontre. Quand c’est possible je le dis. Je dis aussi les impossibilités, les délais, les décisions qui ne m’appartiennent pas… et parfois mes refus aussi, quand j’estime qu’une demande entraverait l’intérêt général de la ville.

Je crois profondément qu’un élu local doit s’appuyer sur deux piliers : la vision globale du développement de la ville d’une part, la qualité de la vie au quotidien d’autre part. J’essaie de tout coeur de m’impliquer chaque jour dans ses deux aspects. Je ne suis pas détenteur de la baguette magique qui règle tout en un instant… mais je possède une vraie passion pour la mission qui m’a été confiée, pour ma ville et ses habitants. Quant aux élections municipales de mars 2014… Si mes promenades sont stratégiques, alors c’est que j’ai commencé ma campagne électorale dix-neuf mois avant l’échéance. Je serais bien le seul à partir si tôt…

Et si j’étais sincère, Candide ? Et si j’aimais vraiment profondément ce que je fais ? Et si par hasard j’étais motivé par des valeurs profondément ancrées en moi ? Et si c’était ma conception de la politique ? Cela ne vous a jamais traversé l’esprit ?… Voilà pourquoi je continuerai mes promenades, mes réunions publiques, mes très nombreux rendez-vous. Et peut-être, un jour, vous y croiserai-je…

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