Au coeur de la solidarité


Longue mais passionnante journée au Conseil général ce lundi, puisque nous avons siégé de 11h à 21h30… Mais nous avons durant cette session plongé au coeur des compétences des conseils généraux, c’est à dire au coeur des politiques de solidarité. Aide sociale à l’enfance, personnes âges et personnes en situation de handicap : chacun de ces thèmes a donné lieu a la présentation d’un véritable plan d’actions structuré et financé. Il faut dire que les enjeux sont énormes pour les nordistes. Le chiffre étonne toujours, mais il faut savoir que ce sont 20 000 jeunes qui sont pris en charge par le Département dans le cadre de l’ide sociale à l’enfance (ASE). Presque la moitié d’entre-eux sont placés hors du milieu familial. En prévoyant de développer l’accueil d’urgence, le recrutement de psychologues de rue, ou encore l’accompagnement des jeunes majeurs jusqu’aux études, le plan présenté par Fabien Thiémé dote le Département d’outils nouveaux et indispensables.

Autre chiffre incontournable : plus de 360 000 personnes dans le Nord souffrent d’un handicap. C’est dire le flux demandes auxquelles est confrontée la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Son fonctionnement va être grandement amélioré pour que les réponses soient plus adaptées et surtout plus rapides. Autre axe de travail : la connaissance de leurs droits par les personnes en situation de handicap. On constate en effet de véritables carences dans ce domaine.

Personnes âgées enfin, avec un enjeu de taille, sans réponse pour le moment : nous vivons de plus en plus vieux, et c’est une bonne chose, mais la conséquence en est le développement d’un certains nombre de maladies invalidantes, et donc de la dépendance. Après avoir lancé le débat trois fois au niveau national, avoir expliqué ensuite que l’assurance privée vaut autant que la solidarité nationale, le Président a enfin décidé… de laisser tomber cette question fondamentale à l’approche de la présidentielle. N’empêche : il manque d’ores et déjà dans le Nord 1300 places dans les Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Jacques Marissiaux a indiqué qu’elle étaient prévues dans le plan qu’il a présenté, ainsi que des crédits renouvelés pour l’adaptation des logement afin de favoriser le maintien à domicile.

Trois schémas essentiels pour la vie quotidienne de ceux qui souffrent ou sont diminués… et un fil rouge, constant : le désengagement de l’Etat, pour ne pas dire son désintérêt.  Il est vrai que Nicolas Sarkozy veut supprimer, aussi, les conseils généraux. Il est temps, dans ce domaine là également, que les choses changent vite.

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MALADIE D’ALZHEIMER : PROMESSES ENVOLEES ?


alzheimerC’est Nicolas Sarkozy lui-même qui l’avait annoncé lors du 47ème congrès de l’UNAPEI en juin 2007 (l’Union nationale des associations de parents de personnes handicapées mentales et de leurs amis, qui fédère en France pas moins de 750 associations) : « Je demanderai à Xavier Bertrand de mettre en place une cinquième branche de la protection sociale pour prendre en charge la dépendance« . L’objectif était en soi honorable, puisqu’il posait le principe du financement par la solidarité nationale d’un droit universel de compensation pour la perte d’autonomie. La question est particulièrement sensible pour les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, puisque cela permettrait (et c’est l’engagement du Président) de réduire les dépenses restant à la charge des familles. On sait l’investissement, sous toutes ses formes, que sont tenues de faire les personnes aidantes. Et la dépendance constitue, comme le handicap, un risque universel qui ne peut reposer – ce qui serait une injustice supplémentaire – sur les assurances privées, qui ne sont par définition pas accessibles à tous. A quelques semaines de l’examen de cette question par le Parlement, un rapport intermédiaire présenté par Philippe Marini (sénateur UMP de l’Oise) indique « Nous voulons créer un cinquième risque, pas une cinquième branche de protection sociale« . Le recul est net et fait entrevoir une nouvelle terrible déception à ceux qui ont cru Nicolas Sarkozy sur parole. L’omniprésident, qui se glorifie de n’être pas un roi fainéant, est surtout omnidiscoureur. Les déceptions s’enchaînent, la France patine, mais Nicolas Sarkozy fait des phrases et les promesses s’envolent.

« NI PAUVRES, NI SOUMIS »


 

C’est un mouvement unique et surtout sans précédent qui est peut être en train de naître avec la manifestation, ce jour à Paris, du collectif « Ni pauvres, ni soumis« . La centaine d’associations adhérentes réclament tout simplement un revenu d’existence décent aux personnes handicapées privées de travail, plaçant cette notion de décence… au niveau du Smic brut ce qui, reconnaissons-le, ne constitue pas une insupportable exigence. Au coeur du sujet : la loi sur le handicap de 2005, qui a prévu des aides matérielles, mais rien au niveau des ressources, si bien qu' » on peut avoir une aide 24 heures sur 24 mais être réduit à une activité de survie », explique l’Association des paralysés de France. Quelque 810 000 handicapés, qui ne peuvent pas ou plus travailler, vivent avec les 628,10 euros de leur allocation adulte handicapé (AAH).

Au moment où le gouvernement reconfigure le budget de l’Etat à sa manière (« On va tailler dans les réformes sociales type RSA de manière à les rendre compatibles avec un budget de crise« , confirme un député de la majorité, proche du premier ministre. » – Le Monde du 28.03.08), ce mouvement qui se lève est essentiel. Car au-delà des apsects politiques, c’est un projecteur qui est pour le première fois braqué, à juste titre, sur une partie de nos concitoyens qui sont, en quelques sortes, frappés par la double-peine : celle du handicap d’une part, celle d’une certaine forme d’exclusion liée au handicap, d’autre part. Un combat à suivre et que pour ma part je soutiendrai.

Le site de « Ni pauvres, ni soumis » : http://www.nipauvrenisoumis.org/

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