L’INSERTION SOCIALE SUR LE PONT


Copyright Fabien Debrabandere – Ville de Lomme

Les lommoises, lommois… et de nombreux autres, se félicitent à juste titre de la (presque) fin des travaux du pont de la rue Jules Guesde, qui relie les deux parties de la ville (presque… les passerelles de 5m de large surplombant les voies ferrées seront installées à la fin de l’année). Financés par le Conseil général (et LMCU et la ville de Lomme en accompagnement) ces lourds travaux travaux ne se limitent pas à une intervention sur la voirie. C’est aussi une source d’emploi pour les salariés de l’entreprise Colas qui a réalisé ce chantier de plusieurs mois. Mais c’est aussi la possibilité pour des personnes « éloignées de l’emploi » (pour reprendre une expression officielle un peu étrange…) d’acquérir une expérience. Et il faut le souligner, le Conseil Général du Nord est à cet égard exemplaire, puisque depuis 2005 il inclut systématiquement dans tous les gros chantiers (voirie, collèges, …) qu’il délègue à des entreprises privées, l’obligation d’embaucher pour la durée du chantier des allocataires du RSA. C’est ce qu’on appelle la clause d’insertion sociale dans les marchés publics. 

C’est cette obligation imposée par les collectivités locales à l’entreprise Colas qui a permis a un allocataire du RSA de travailler à plein temps pendant ces 8 derniers mois sur ce chantier si important pour les habitants de Lomme. A l’échelle du Département ce sont environ 400 allocataires qui bénéficient d’une telle opportunité pour acquérir une expérience dans des entreprises susceptibles de les embaucher par la suite. En tant que Vice-président en charge de l’insertion au Conseil Général du Nord, le Président Kanner m’a chargé de développer ce dispositif à l’ensemble des marchés du département. Cet exemple souligne que, contrairement à ce qu’on a pu entendre ces dernières années de la bouche des plus hauts responsables de l’Etat, les allocataires du RSA ne sont pas des assistés, ni des victimes consentantes du « cancer de l’assistanat » (comme disait Laurent Wauquier) mais bien, tout simplement, et je dirais tout humainement,  des personnes qui ne souhaitent qu’une chose : retrouver du travail et s’impliquer dans toutes les opportunités.

Merci à F.Debrabandere pour la superbe photo panoramique du pont

Pour les agriculteurs aussi, le changement c’est maintenant !


Puisque c’est le salon de l’agriculture, un mot aujourd’hui sur la situation des agriculteurs. Dans le Nord comme dans toute la France, leur situation s’est considérablement dégradée ces dernières années, avec notamment une augmentation impressionnante du nombre d’allocataires du RSA (environ 460€/mois, faut-il le rappeler…). Imaginez que 10% des foyers agricoles de notre pays ont fait appel à cette allocation de solidarité (un détail au passage : Martin Hirsch, inventeur de la chose,  a piqué un coup de colère cette semaine en expliquant que si le RSA ne fonctionne pas, c’est parce que Pôle Emploi a reçu instruction de ne pas le faire fonctionner afin de ne pas gonfler les statistiques du chômage. Ubuesque…) Ces dix dernières années, notre pays a perdu environ un quart de ses exploitations. Et quoi qu’on en dise, c’est bien l’existence d’une politique agricole commune qui maintient la tête hors de l’eau de nombre d’entre-elles. L’agriculture a été livrée peu à peu aux marchands de l’industrie de la transformation, dans un phénomène qui est exactement identique à ce qui se passe dans la grande distribution. Les grands groupes imposent aux agriculteurs des conditions d’achat de la production draconiennes, et souvent insupportables, sous peine de les laisser tomber… aidés en cela par le gouvernement. C’est tout le sens du contrat individuel voulu par le Ministre de l’agriculture Bruno Le Maire : seul face aux gigantesques groupes, on est plus faible. Et c’est le but… qui consiste comme d’habitude à privilégier les grands, les forts, en partant du principe profondément stupide, et démenti par l’histoire, que leur réussite entrainera celle de tous les autres (quitte à abandonner en chemin, comme d’habitude aussi, les notions de solidarité, de protection et d’intérêt général). C’est donc tout le sens également de la proposition de François Hollande, qui veut remplacer ces contrats individuels par des contrats collectifs qui permettront aux agriculteurs de s’organiser collectivement et don de peser face aux trusts. Le changement c’est maintenant, pour les agriculteurs aussi !

CONSEIL GENERAL : 555,6M€ pour la lutte contre les exclusions et la solidarite… et l’Etat détourne la tête !


Trois jours de séance plénière viennent de se terminer au Conseil général, afin de voter le budget pour l’année 2012. J’ai eu l’occasion, ce matin, d’y présenter le budget de la délégation que m’a confiée en avril dernier le Président Patrick KANNER. Plus de 555 millions d’Euros, 555,6 pour être précis consacrés à cette thématique, dans un département qui, plus que d’autres, souffre de la crise, des inégalités, de l’injustice. Une majorité de cette somme est consacrée au paiement du RSA… dans un contexte très particulier. Rappelons d’abord que le RSA, c’est environ 450€ par mois (qu’on ne me parle pas de ceux qui se complairaient dans le fait de toucher une telle somme ! La chasse aux pauvres est ouverte à droite depuis longtemps !), et que presque 128 000 personnes en sont allocataires dans le Nord. Cela signifie aussi que 300 000 personnes environ vivent « sur » cette allocation (des mères seules avec leurs enfants par exemple). C’est 12% de la population de notre département… et presque le double de la moyenne nationale ! Si le Conseil général est chargé de gérer cette allocation et l’ensemble du dispositif,  c’est l’Etat qui doit payer cette somme, s’agissant d’un dispositif national. Or, dans le Nord, le RSA représente 485 M€… et l’Etat ne compense qu’à hauteur de 370M€, soit une différence de 115 millions ! Imaginez ce que nous pourrions engager comme actions supplémentaires avec 115M€… Et bien entendu, le Conseil général fait face à son devoir de solidarité en engageant cette somme sur son budget propre. Pas question, évidemment, d’abandonner ceux qui sont dans la précarité. Le CG gère le dispositif, ce qui m’a amené à faire des propositions d’amélioration du système, en faveur des allocataires : amélioration des délais de prise en charge et rapidité accrue dans le traitement des dossiers, meilleure orientation pour un suivi individuel renforcé, travail sur la formation et la pré-formation, accès élargi aux chantiers d’insertion, communication, renforcement du travail avec les centaines d’associations partenaires… Mais ces 115M€ me restent en travers de la gorge !

DE RETOUR… ET AU COMBAT !


Re-bonjour à tous qui, si j’en crois les statistiques de fréquentation de ce blog, sont assez nombreux à me faire le plaisir et l’honneur de venir ici régulièrement. Je reprends mes activités passionnantes après deux semaines de repos. Et les sujets de réflexion, de débat, d’indignation, de révolte, de motivation… ne manquent pas. De mon lieu de vacances, je ne pouvais pas réagir ici. Mais je reprends avec bonheur la possibilité de dialoguer avec vous, d’échanger…  sur l’incroyable supercherie du RSA « mesure de gauche » (financée en taxant tout le monde… sauf ceux qui mériteraient de l’être), de la « laïcité positive » (qu’on me décrive une laïcité négative), des relations entre l’Etat et l’Eglise, de la vocation de l’école, de la faillite qui saute enfin (et hélas) aux yeux de tous du libéralisme économique, de la politique étrangère désastreuse de ce gouvernement, du copinage institutionalisé… bref de l’Etat-Sarkozy. On parlera aussi un peu du congrès de Reims, qui motive et intéresse forcément le socialiste que je suis. A tout de suite !

 

 

%d blogueurs aiment cette page :