RESTER AU PS !


En campagne en 2012...

En campagne en 2012…

Rester au PS malgré tout… Depuis hier, depuis que le 1er Ministre a « engagé la responsabilité du gouvernement« , c’est-à-dire utilisé l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter la loi travail sans vote sous couvert du rejet de la motion de censure à venir, depuis hier donc les militants socialistes s’expriment sans réserve. Jamais le PS n’a fait face à une telle situation interne, malgré une histoire riche en oppositions et en déchirements : cartes déchirées, stupéfaction, soupirs, larmes… Les réseaux sociaux croulent. Des permanences d’élu(e)s (Bernard Roman, Anne-Lise Dufour Tonini…), des sièges de sections locales (Armentières, Lyon…) sont souillés, et ce n’est pas pardonnable. Mais on peut expliquer, et même comprendre tous ceux qui se disent que, décidément, ce n’est pas pour ces méthodes, ces valeurs, ce fonctionnement, ce projet, ce programme… qu’ils ont voté en 2012 ; que depuis cette date la trajectoire du gouvernement s’est perdue dans un virage qu’ils n’avaient pas sollicitée ; que leurs espoirs étaient placés ailleurs, autrement ; qu’ils se sentent lésés et, pour beaucoup, trahis. Le gouvernement fait valoir que le débat parlementaire aurait été bloqué, obstrué, par quelques dizaines de députés indisciplinés ne représentant pas grand chose. Soit, ceux qu’on appelle les « frondeurs » sont une quarantaine… Mais ils avaient fait avancer le débat, et à grand pas.

Ainsi  pour les filiales française des groupes internationaux, le gouvernement a finalement accepté que ce soit le chiffre d’affaires mondial qui soit pris en compte pour apprécier la situation économique de la branche française, alors que le patronat réclamait que le périmètre soit réduit à la seule France. Une entreprise pourra, en cas d’appel d’offres, imposer un temps de travail spécifique et une nouvelle organisation du travail. En revanche, elle ne pourra pas modifier le salaire mensuel… mais les salariés récalcitrants pourront faire l’objet d’un licenciement individuel pour motif économique.

Mais, mais… le gouvernement a décidé de préserver l’esprit si contesté du texte, et notamment le fameux article 2 qui prévoit que les accords d’entreprise sur le temps de travail prévalent sur les accords de branche. Décidé aussi ne pas froisser davantage le Medef qui faisait les gros yeux, en ne surtaxant pas les CDD, c’est-à-dire la précarité et tout ce qu’elle entraîne dans la vie quotidienne des salariés. Je pourrais continuer…

Bref, le texte évoluait, évoluait trop. On a donc clos le débat, en faisant mine de croire que l’opposition était seulement celle de quarante députés, alors qu’elle gronde chaque jour dans la rue.

Alors… alors il n’y a plus que deux solutions pour ceux qui, comme moi, ont l’intention ferme de continuer à se battre pour leurs valeurs, défendues depuis toujours. Quitter notre parti, c’est le choix déjà annoncé par certains et certaines, ou tout faire pour le changer, le renforcer, le réaffirmer, le solidifier, le faire revenir aux base, à son histoire ! Pas de nostalgie ni de passéisme : les évolutions du code du travail sont nécessaires parce que le monde du travail évolue, et à une vitesse folle ! Elles sont nécessaires parce qu’on ne connaît pas aujourd’hui la moitié des métiers qui vont apparaître dans les cinq ou six ans qui viennent ! elles sont nécessaires parce qu’internet et tout le reste bouleversent, renversent les codes et les pratiques que nous connaissons ! Mais ces évolutions nécessaires doivent se faire, pour les socialistes, en respectant les salariés, les travailleurs d’aujourd’hui et de demain, en les protégeant dans un monde qui les fragilise, en les accompagnant là où l’individualisme triomphe ! C’est cela être socialiste !

Quitter le parti, c’est laisser le champ libre à tous ceux qui veulent en faire autre chose, en leur laissant affirmer que nous serions ringards, passéistes, pas modernes.

Comme si la solidarité était une notion à jeter aux orties, un concept d’hier !

Je reste au Parti Socialiste, parce que c’est mon parti, parce qu’il a toujours représenté mes espoirs, mes aspirations, mes idéaux.

Je reste au Parti Socialiste parce que je ne peux pas me résoudre, malgré la déception et l’amertume, à la politique qui est menée, que je veux continuer le combat et qu’il doit être mené aussi de l’intérieur. Je reste au Parti Socialiste parce que le programme des Juppé, Sarkozy, Le Pen et les autres s’appuie sur une vision de la société et de l’économie que je déteste.

Je reste au Parti Socialiste et je me dis que, dans un idéal qui fera sûrement sourire ou rire aux éclats, nous devrions enrôler à nos côtés, dans ce parti, toutes celles et tous ceux qui partagent nos envies, nos valeurs… et qui gardent ne serait ce qu’un tout petit peu d’espoir.

Baisser les bras serait baisser les armes …

J’ai signé des deux mains !


6346555-9571972« Quel que soit l’être de chair et de sang qui vient à la vie, s’il a figure d’homme il porte en lui le droit humain » : si cette citation de Jaurès figure en permanence dans la colonne de gauche de ce blog, c’est qu’elle fonde finalement tout mon engagement, depuis des décennies maintenant, au sein du Parti socialiste auquel j’ai adhéré en mars 1986. Les droits humains… c’est-à-dire ceux qui sont inhérents à l’homme, qu’on ne peut lui ôter, dont on ne peut le priver, qui lui sont propres et pour toujours. Les droits humains ont d’abord été une conquête morale avant d’être officiellement et internationalement reconnus. Et quels sont-ils ? Oh… pardon d’être rabat-joie dans l’ambiance actuelle, et désolé de rappeler qu’ils constituent une base morale et éthique que la société considère nécessaire de respecter pour protéger la dignité des personnes. Des bêtises : droit d’être traité dignement, d’être respecté… Des éléments qui ont trait au travail, et qu’on trouve par exemple dans les articles 23 et 24 de la la déclaration universelle des droits de l’homme, qui rappellent ceci : « toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage ; toute personne a droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal ; quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale ; toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques« 

Et c’est au nom de ces droits humains que toutes les conquêtes sociales ont été obtenues, la plupart du temps après de rudes combats : le décret du 2 mars 1848 qui limite la durée de travail journalière des adultes à 10 heures, la loi du 25 mai 1864 qui établit le droit de grève, le droit syndical en 1884, la durée maximum de travail limitée à 10 heures pour tous y compris les enfants en 1910… et puis, et puis bien sûr le Front populaire, les congés payés, la semaine de 40  heures, les conventions collectives, le SMIG (futur SMIC) en 1950, la 3ème semaine de congés payés en 1956, la 4ème avec De Gaulle, la 5ème avec Pierre Mauroy en 1982, et puis Martine Aubry en 1998 et 2000 avec les 35 heures, la CMU… et j’en oublie sûrement.

Et puis il y a bien sûr tout ce contre quoi je me suis battu avec tous mes camarades socialistes pendant des années (oui… à l’époque nous étions tous d’accord) : la limitation ou le contournement du droit syndical, l’idéologie libérale du toujours plus, la volonté de démonter le code du travail , d’allonger la durée du travail, de limiter la protection des travailleurs, des ouvriers… en gros tout ce qui fonde aujourd’hui, hélas, le projet de loi El Khomry ! Je suis révulsé à l’idée que c’est un gouvernement socialiste qui propose de faire travailler les apprentis mineurs jusque 10 heures par jour, c’est-à-dire de retourner en 1910 ; qu’on prévoit de limiter le pouvoir d’appréciation des juges sur les licenciements économiques ; qu’on envisage de limiter drastiquement les indemnités en cas de licenciement abusif (les salariés deviendront ainsi une simple variable d’ajustement des profits, et le licenciement abusif une méthode même plus sanctionnée), qu’on triture les textes pour faciliter les licenciements et revenir sur les 35 heures etc… etc… hélas encore.

Et puis il y a cette tentative de culpabilisation à l’encontre de tous ceux  – très très très nombreux dans ce pays et c’est une excellente chose – qui s’opposent avec force à ce projet de loi : nous serions à côté de la plaque, nous ne comprendrions pas que face à un monde qui bouge à une vitesse folle il faut accompagner le mouvement, que la modernité ne peut pas s’embarrasser de l’attachement à de vieux concepts dépassés… Vieux concepts dépassés ? Dépassée l’idée que plus que jamais, dans un monde où triomphe l’idéologie libérale, les salariés ont besoin d’être protégés, et même peut-être plus qu’avant ? Dépassée l’idée que les salariés sont ceux qui font vivre les entreprises ? Dépassée l’idée que la notion de conquête sociale à fait avancer le monde du travail ? Dépassée l’idée que les salariés les plus faibles, les plus fragiles, ne sont pas destinés à devenir la chair à canon de la bataille libérale que se livrent les grands groupes ? Dépassée l’idée que l’ambition pour le peuple passe par la défense du peuple ? Dépassé l’idée selon laquelle les parlementaires ne sont pas des marionnettes, qu’il sont le droit de débattre d’un texte sans qu’on leur explique qu’ils devront subir un passage en force si par malheur ledit texte ne leur plaisait pas ? OK… alors je suis extrêmement dépassé. Mais je le resterai. Mais qu’est-il arrivé à tous ces camarades qui nous ont rebattu les oreilles pendant des années avec des slogans comme « la parole aux militants » ou « retour à la base », et qui aujourd’hui se sentent « rassurés » par la lecture du texte d’El Khomry, et préfèreraient de pas s’exprimer de manière trop claire en raison d’un impératif besoin de solidarité avec le gouvernement. Solidarité : c’est-à-dire accord, empathie, défense ? Dans un passé récent, ils auraient hurlé avec nous dans la rue, et aux premiers rangs s’il vous plaît… si tout cela avait été proposé par la droite, comme elle aurait pu le faire (ré-écoutons l’interview de Copé sur France Inter il y a quelques jours, qui ne disait pas autre chose). J’ai parfois du mal à comprendre, ou à trop bien comprendre.

Voilà pourquoi j’ai signé ce texte, des deux mains : http://sortirdelimpasse.fr/2016/02/23/sdfggsdfg/

 

 

Jean-Yves MEREAU nous remet les idées en place !


Le Nord dans l'âme

Jean-Yves Méreau « Le Nord dans l’âme »

Qui connaît Jean-Yves Méreau, figure régionale du journalisme, vingt-cinq années à la Voix du Nord, féru d’histoire et de patrimoine… connaît aussi sa fougue, sa sincérité et la passion qu’il met dans ce qu’il mène !

Après nous avoir gratifié en 2013 d’un vrai et brillant plaidoyer pour une place officielle et légale de l’athéisme (chez le même éditeur L’Harmattan), il nous offre ici un véritable « coup de gueule », regrettant que la gauche ait ici abandonné l’idée du régionalisme, dans cette grande région du Nord-Ouest forte d’une histoire riche, de langues, de traditions, d’architectures… Comme toujours avec Jean-Yves Méreau, le propos est lui aussi très riche, argumenté, cultivé, et enlevé. Quitte à faire ressurgir quelques vérités si bonnes à rappeler : que notre Nord – Pas-de-Calais est une région française « de fraîche date » (comme dirait…) puisque dernière à être passée sous férule royale, et pour tout dire dernière colonisée par Louis XIV ; qu’avant cela nous avons dépendu tantôt des Flamands, des Bourguignons, de quelques évêques, des Anglais, des Espagnols. Faut-il rappeler qu’à Lomme notre géante, Anne Delavaux, a gagné sa notoriété en se battant dans l’armée espagnole contre ceux qu’elle appelait « ces chiens de Français » qui entendaient nous envahir et nous coloniser (et ils ont réussi) ? Elle était tellement motivée pour cela qu’elle s’était déguisée en homme afin d’intégrer les rangs des combattants ! Mazette, nous ne sommes donc pas Français de souche depuis le moyen-âge ;-)  !

Mais ce que rappelle aussi Jean-Yves Méreau, c’est l’incroyable, l’incomparable apport de notre région au développement économique de la France ; c’est un constat sévère sur « les inaudibles langues« , « un patrimoine martyr« , un « impossible signe de ralliement« , ou encore des « traditions en perdition« … mais c’est aussi la vraie conviction magnifiquement portée, que régionalisme et nationalisme n’ont rien à voir, que régionalisme et République n’ont rien d’incompatible, et qu’identité n’est pas synonyme d’identitaire. Un livre qui remet les idées en place !

Le Nord dans l’âme  Jean-Yves Méreau – Ed. L’Harmattan – 231 pages – 22€

Stabilité et mouvement pour 2016 !


Nous sortons toutes et tous de l’année 2015 comme assommés parce que nous avons vécu. Assommé par tant de violence et de tristesse, assommés par tant de larmes et d’angoisse. 2015 nous a fait plonger dans ce que les hommes peuvent offrir de plus affreux à leur contemporain, dans la face la plus sombre qu’ils sont capables de montrer, et les actes les plus abjects qu’il sont capables de commettre. 20125 a mis le doigt, et braqué le projecteur sur l’instabilité à tous les niveaux. Au niveau international avec un terrorisme désormais très organisé, qui ne cesse de frapper, et entend déséquilibrer nos démocraties pour imposer un ordre immonde basé sur des valeurs insupportables ; au niveau planétaire, puisqu’il faudrait désormais une bonne dose d’optimisme et d’aveuglement pour se dire « climatosceptique » ; au niveau national et politique aussi, où tous les repères semblent rebattus comme dans un vaste jeu de cartes, dans un contexte de rejet global dont nous reparlerons.

Alors que souhaiter pour 2016 ? Tout simplement je crois, à chacun et à chacune d’entre-vous, l’inverse exact de ce que nous venons de vivre : à la fois une belle stabilité rassurante… mais aussi un vrai mouvement, celui qui fait progresser ! Stabilité dans tout ce que vous avez construit et que vous souhaitez préserver, professionnellement, affectivement, personnellement. Et le mouvement aussi, celui qui vous sortira des ornières, qui vous fera avancer, qui rendra possible vos espoirs, qui éclairera l’avenir. Le tout sur un bon socle de santé indispensable.

Bonne et belle années à vous et tous ceux qui vous sont chers !

JE VOTERAI XAVIER BERTRAND DIMANCHE. HELAS.


project_191_image_frLa décision prise dimanche soir par Pierre de Saintignon  – retirer la liste qu’il menait du second tour des régionales  – fait partie de celles qui sont les plus difficiles à prendre dans une vie politique. Pierre l’a fait avec un sens immense des responsabilités et même, je le dis, avec courage. Les commentaires des uns et des autres fleurissent sur les réseaux sociaux et dans la presse, émis parfois par ceux qui découvrent le 7 décembre qu’il y a eu une campagne électorale et qu’on aurait aimé voir à nos côtés pour la mener. Pourtant la décision de PDS est légitime… parce qu’elle est un aboutissement, après une succession de faits, et qu’il a tout fait, absolument tout, pour éviter d’en arriver là.

  1. Le retrait est une option qui n’a jamais été envisagée, jusqu’au dernier moment : faut-il rappeler que certains appelaient à la fusion des listes avec la droite avant même le premier tour ? faut-il rappeler comment PDS a immédiatement rejeté cette option ? PDS a passé des semaines et des semaines à tenter de bâtir une liste d’union de la gauche pour le premier tour. Autant on peut comprendre que certains partenaires traditionnels (PC, EELV notamment) repoussent la politique gouvernementale actuelle, autant il est incompréhensible que cela serve de prétexte à la prise de risque de voir Marine Le Pen en position de l’emporter. La tête de liste EELV Sandrine Rousseau a t’elle découvert au début de la campagne qu’elle n’était pas bien dans sa peau de vice-présidente de la région, gouvernant avec les socialistes ? Si PDS ne s’était heurté à un refus permanent, malgré des efforts répétés et répétés, la liste d’union de la gauche aurait bénéficié d’une vraie dynamique. Une triangulaire était alors envisageable… sauf que : la liste FN caracole a plus de 22% devant celle de PDS, isolé sans le soutien des autres partis de gauche.
  2. L’impossible union : jusqu’au tout dernier moment, avant l’annonce des résultats, PDS a tenté de réunir la gauche. Fabien Roussel et Sandrine Rousseau (PC et Verts) ont été invités à prendre la parole ensemble, avec PDS, à 20h00. Vous les avez vus ? Moi non… et c’est pitoyable. PDS a alors lancé un appel à tous les démocrates, à tous ceux qui se reconnaissent dans des valeurs communes, au-delà de la notion de places dans une liste. Xavier Bertrand, fidèle à la ligne Sarkozy, a immédiatement indiqué à la télévision qu’il n’en était pas question, claquant la porte. Pas même une prise de contact, le début d’un dialoque…
  3. L’assurance de Le Pen, ou la possibilité de Bertrand : Pierre de Saintignon n’avait plus alors que deux options à sa portée. Soit maintenir sa liste, et compte-tenu de l’écart de voix et de la configuration en triangulaire, assurer de manière absolue et certaine la victoire de Marine Le Pen. Assurer son élection et celle de quelques autres socialistes, mais Le Pen à coup sûr. Soit se retirer, afin qu’un simple duel permettent éventuellement à Xavier Bertrand de l’emporter, avec les voix de gauche. C’est l’option qu’il a choisie, en responsabilité et je le redis, courageusement.  Ah… bien sûr que nous avons mal à la gauche, bien sûr que la perspective de n’avoir aucun élu de gauche dans la prochaine assemblée régionale nous révolte ! Mais je suis scandalisé de lire dans la presse ou sur les réseaus sociaux que Pierre de Saintignon aurait lâché la gauche, déserté et que sais-je encore !!! J’ai même lu sous la plume d’un communiste que PDS aurait dû se maintenir et qu’alors le PC aurait été à ses côtés ! A tous ceux-là, à tous ceux qui pensent que la certitude de voir Le Pen élue n’était qu’un risque, à tous ceux qui sont prêts à continuer à jouer avec le feu : vous vous trompez ! Je voterai Xavier Bertrand dimanche. Pas pour lui, évidemment, ni pour ses idées, ni pour son programme. Pour éviter de jeter ma région, puis mon pays, dans une aventure aux dangers immenses. Citez moi un régime d’extrême-droite dans l’histoire qui ait apporté autre chose que le chaos. Un seul… « Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C’est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser »  – Françoise Giroud

Une volonté, un chemin


Pierre DE SAINTIGNON s’est déclaré pour conduire une liste de rassemblement la plus large possible et pour présider demain aux destinées de notre Région.
Cette déclaration témoigne de l’engagement et de la volonté que nous lui connaissons bien et qui sont sa marque de fabrique.
Maires de HELLEMMES et de LOMME, communes associées à LILLE,  nous travaillons avec Pierre depuis plusieurs années et nous apprécions ses qualités, son sens du collectif et sa rigueur au service de nos concitoyens.
Dans un moment délicat pour notre pays, notre région et nos communes, où notre société est ballotée et en absence de repères, où les individualismes l’emportent sur le vivre ensemble, cette candidature prend un sens bien particulier.
Cette candidature témoigne que là où il y a une volonté, il y a un  chemin.
Pierre DE SAINTIGNON a choisi de s’engager sur ce chemin avec comme seule idée, une Région plus innovante, plus solidaire, plus forte.
Ce chemin, nous le suivrons à ses côtés, au service des nos concitoyens et de nos idées de justice et de progrès !
 
Frédéric MARCHAND                                                                  
Roger VICOT

Alors j’attends…


Je ne me suis pas encore exprimé ici sur l’affaire qui a occupé les médias tout l’été, et jusqu’à La Rochelle le week-end dernier, je veux parler bien entendu de la bataille savamment mise en scène entre les « frondeurs » du Parti socialiste et le 1er Ministre.

Premier point : aucun chef d’exécutif ne peut accepter de voir contester sa politique publiquement, de la part d’un membre de l’exécutif en question. Qu’un de mes adjoints ou qu’une de mes adjointes en mairie de Lomme s’exprime dans la Voix du Nord pour expliquer à quel point la politique municipale que je mets en oeuvre est un non-sens, et je lui retirerais sa délégation le jour-même ! Cela ne fait pas de moi pour autant un « vallsien » libéral… c’est juste une question de forme, et cela relève de ce qui n’est pas acceptable.

Deuxième point : je suis profondément agacé par les provocations qui, de part et d’autre, tirent le débat en permanence vers le bas et « plombent » les socialistes. Montebourg spectateur quotidien et émerveillé de son propre cinéma, c’est de la provocation permanente ; Valls qui se fait applaudir debout devant le Medef, c’est de la provocation incontestable (il aurait pu dire la même chose sur le fond, ailleurs et autrement) ; Taubira qui arrive en vélo à la réunion des frondeurs à La Rochelle, trois jours après avoir accepté de rester au gouvernement, c’est de la provocation stérile ; et j’en passe…

Troisième point : il n’y a plus rien de serein ni de construit dans les différents arguments que désormais les socialistes se contentent de se jeter à la tête par presse interposée. Plus à gauche que moi tu meurs, plus réaliste que moi tu meurs, plus délirant que toi c’est fou, plus à côté de la plaque que toi c’est impossible… sans oublier d’appeler à la rescousse les ombres tutélaires (et parfois bien pratiques) des grands anciens qui avaient pourtant le point commun de placer le débat à un autre niveau que celui de l’invective et de l’accusation.

En ce qui concerne Jaurès, largement brandi et assaisonné à toutes les sauces à La Rochelle pendant trois jours, il est incontestable que ce dernier reste une figure extraordinaire et symbolique de la lutte contre toutes les injustices, lutte permanente, violente parfois… mais je ne saurais trop conseiller de relire la brochure « Jaurès et les patrons« , éditée il y a quelques années par la Fondation Jean Jaurès (peu suspecte d’être critique à l’égard du grand homme). On y rappelle la conception pour le moins peu marxiste qu’il développait à l’égard des relations à entretenir avec le patronat, soumis selon lui à ce que l’on appellerait de nos jours la pression permanente de la concurrence impitoyable (« les misères du patronat »), louant par ailleurs l’intelligence et l’apport indispensable de la bourgeoisie.  Or je n’ai pas le sentiment que les patrons d’alors étaient moins impitoyables que certains d’aujourd’hui. J’ai une admiration sans borne pour Jaurès et son oeuvre, pour l’homme et ses combats, et il ne fait aucun doute, historiquement, qu’il ne soutiendrait pas Arnaud Montebourg et les frondeurs, ni sur le fond, ni sur la forme, trop profondément attaché qu’il était au compromis et à la mesure.

Quant à  Léon Blum, autre figure tutélaire, son conseiller financier au Front Populaire était Horace Finaly, patron de la Banque de Paris et des Pays-Bas… un garçon par conséquent pire encore qu’Emmanuel  Macron, si l’on devait se hasarder à quelque comparaison. Or personne à ma connaissance ne remet en cause les convictions de Blum.

Tout cela pour dire que les socialistes sont collectivement en train de replonger dans ce qui est presque inné chez eux : la division. La division et tout ce qu’elle a toujours engendré : la caricature, l’à-peu-près, les délices du bon mot qui fait mouche, la joie rapide du trait assassin… le tout étant en train, par petites touches, de dessiner le tableau de socialistes irresponsables.

Loin de moi l’idée de partager, loin s’en faut, toutes les orientations de ce gouvernement et du chef de l’Etat. Etouffer financièrement les collectivités locales, c’est limiter leur capacité à investir, et donc l’activité des entreprises. Quant le groupe Auchan touche 44 millions d’euros grâce au dispositif CICE et annonce dans le même temps  300 licenciements, c’est qu’il y a un problème, et qu’il faut le regarder en face. Mais arrêtons de faire passer Hollande, malgré ses nombreux défauts, pour un suppôt de Satan. La création de la Banque publique d’investissement, l’augmentation du RSA, l’augmentation 25%de l’allocation de rentrée scolaire, la sortie de l’impôt sur le revenu de 4 millions de ménages,  la création de 100 000 places de crèches, la taxation des très hauts revenus, l’abrogation du décret qui facilite l’accès à la profession d’avocat aux parlementaires et anciens ministres, la création de 60 000 postes dans l’éducation nationale, les création de postes dans la police nationale, la justice et la gendarmerie, l’élévation à 25% du taux de construction obligatoire de logements sociaux dans les communes, le financement de la sécurisation des parcours professionnels axé sur les publics les plus fragiles, les moins formés et les chômeurs, etc… etc… Voilà bien des mesures, et beaucoup d’autres, qui n’ont pas été inspirées par Fillon ou Sarkozy. J’en suis fier.

Alors j’attends… que dans l’esprit de l’entretien que Jean-Christophe Cambadélis a accordé au quotidien le Monde la semaine dernière, une personnalité de gauche sache sortir les socialistes de la mouise dans laquelle ils se sont enfoncés avec une énergie peu commune. 

Alors j’attends… qu’avec un esprit responsable cette personnalité hisse, enfin, le niveau du débat au regard de l’enjeu qui devrait tous nous réunir, c’est à dire la réussite de nos politiques

Alors j’attends… que sans rejeter totalement certaines propositions des frondeurs, sans rejeter totalement la politique gouvernementale, cette personnalité de gauche, soumise à aucun cheffaillon d’estrade, dégagée des slogans réducteurs, signataire d’aucune harangue, redonne espoir à toute la gauche.

Alors j’attends… que cette personnalité démontre les erreurs, les fausses pistes, les espoirs déçus, porte sereinement les rééquilibrages nécessaires, souligne les incohérences et sache proposer, argumenter en s’appuyant aussi sur les aspects positifs de ces premières années de mandat présidentiel.

Et j’ai bon espoir.

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