Jean-Yves MEREAU nous remet les idées en place !


Le Nord dans l'âme

Jean-Yves Méreau « Le Nord dans l’âme »

Qui connaît Jean-Yves Méreau, figure régionale du journalisme, vingt-cinq années à la Voix du Nord, féru d’histoire et de patrimoine… connaît aussi sa fougue, sa sincérité et la passion qu’il met dans ce qu’il mène !

Après nous avoir gratifié en 2013 d’un vrai et brillant plaidoyer pour une place officielle et légale de l’athéisme (chez le même éditeur L’Harmattan), il nous offre ici un véritable « coup de gueule », regrettant que la gauche ait ici abandonné l’idée du régionalisme, dans cette grande région du Nord-Ouest forte d’une histoire riche, de langues, de traditions, d’architectures… Comme toujours avec Jean-Yves Méreau, le propos est lui aussi très riche, argumenté, cultivé, et enlevé. Quitte à faire ressurgir quelques vérités si bonnes à rappeler : que notre Nord – Pas-de-Calais est une région française « de fraîche date » (comme dirait…) puisque dernière à être passée sous férule royale, et pour tout dire dernière colonisée par Louis XIV ; qu’avant cela nous avons dépendu tantôt des Flamands, des Bourguignons, de quelques évêques, des Anglais, des Espagnols. Faut-il rappeler qu’à Lomme notre géante, Anne Delavaux, a gagné sa notoriété en se battant dans l’armée espagnole contre ceux qu’elle appelait « ces chiens de Français » qui entendaient nous envahir et nous coloniser (et ils ont réussi) ? Elle était tellement motivée pour cela qu’elle s’était déguisée en homme afin d’intégrer les rangs des combattants ! Mazette, nous ne sommes donc pas Français de souche depuis le moyen-âge 😉  !

Mais ce que rappelle aussi Jean-Yves Méreau, c’est l’incroyable, l’incomparable apport de notre région au développement économique de la France ; c’est un constat sévère sur « les inaudibles langues« , « un patrimoine martyr« , un « impossible signe de ralliement« , ou encore des « traditions en perdition« … mais c’est aussi la vraie conviction magnifiquement portée, que régionalisme et nationalisme n’ont rien à voir, que régionalisme et République n’ont rien d’incompatible, et qu’identité n’est pas synonyme d’identitaire. Un livre qui remet les idées en place !

Le Nord dans l’âme  Jean-Yves Méreau – Ed. L’Harmattan – 231 pages – 22€
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« Réfléchir c’est commencer à désobéir » !


Souvenirs de service militaire : c’est avec cette phrase qu’un adjudant-chef que j’ai bien connu commençait chaque journée ou presque. Je n’ai jamais su s’il se contentait de lancer cela comme un simple slogan, où s’il entrevoyait la vraie démarche qui se cache derrière. C’est à cet adjudant-chef que je ne peut m’empêcher de penser ces jours derniers en lisant la prose gouvernementale sur la suppression de l’histoire comme matière obligatoire en terminale S. Précisons d’abord que cela touche quasiment la moitié des lycéens, qui vont ainsi se voir privés de l’enseignement d’une matière fondamentale.

Car l’étude de l’histoire, comme de la géographie, comme des disciplines artistiques, fait partie d’un vrai processus de formation de l’esprit. Y compris de l’esprit critique, d’ailleurs. C’est peut être cela qui gêne. Etudier l’histoire, c’est savoir mettre en perspective, c’est se livrer à l’analyse, c’est apprendre à se projeter… Tous les progrès humains, sociaux, toutes les avancées, les acquis ont été arrachés grâce aux combats menés au nom d’idéaux, de valeurs, qui n’auraient pu être portés sans cette dynamique. Etudier l’histoire, c’est en un mot réfléchir. Et c’est en « réfléchissant » qu’on devient un homme digne de ce nom. Pas seulement une machine à produire ou à faire des équations, docilement, sagement, comme le souhaite le gouvernement. L’homme qui pense est un homme qui comprend, qui se bat, qui se dresse, qui dialogue, qui échange. Il en va de même avec les disciplines artistiques, qui ouvrent l’esprit, qui titillent l’esprit critique, qui font découvrir d’autres lieux, d’autres cultures, d’autres raisonnement. En un mot, ces enseignements là font grandir. La politique gouvernementale est dans ce domaine d’une parfaite cohérence avec ses objectifs d’asservissement (oui : d’asservissement) de la société. Prochaine étape prévue : la mort de la philo. Cohérent.

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