POURQUOI HAMON ?


soutien-bhD’abord un premier constat : cette primaire (qu’on y soit opposé ou non et cette question est désormais très loin derrière nous) permet au moins une saine confrontation sur ce que nous proposons aux Français, mais surtout sur la vision de la société que développe chacun des candidats. Inutile de vous dire que j’ai étudié très attentivement les projets des quatre candidats socialistes, avant de faire mon choix en toute conscience, en toute conviction, et en toute liberté. Cette primaire n’est ni un combat de coqs, ni une course de chars, et chaque candidat est homme de qualité.

Alors pourquoi Benoît Hamon ? Impossible de détailler ici la totalité de ses propositions sur tous les sujets. Pour cela je vous renvoie bien volontiers à son site de campagne et vous engage à le consulter, ne serait-ce que par curiosité : Benoît Hamon 2017

Je vois dans son projet deux atouts, deux axes majeurs, qu’il est absolument le seul à développer en même temps : d’abord une volonté forte de rénover nos pratiques politiques ; ensuite une prise en compte fondamentale de l’évolution de notre société à court, moyen et long terme. L’ensemble lui permet de développer une vraie vision globale et prospective, argumentée et structurée. Je pense sincèrement qu’il est le seul à le faire.

RENOVER NOS PRATIQUES POLITIQUES : il ne s’agit pas ici de dépoussiérer une Vème République à bout de souffle, mais bien de passer à autre chose, à une nouvelle république qui intègre les évolutions majeures de ces dernières années, à commencer par l’émergence du citoyen-acteur. Démocratie participative, concertations… même si ces concepts ont parfois du mal à se structurer et même à exister, ils ont le mérite d’avoir posé depuis quelques années la question de la place de ce citoyen. Et ce dernier, à juste titre, à de plus en plus envie de peser comme un véritable acteur. Benoît Hamon nous propose cette nouvelle société où le vote blanc (qui est un véritable acte civique) sera reconnu et comptabilisé, où le Sénat ne sera pas supprimé mais comptera un collège de citoyens, où 1% du corps électoral (c’est-à-dire très peu) pourra imposer l’examen au Parlement d’une proposition de loi, où les mandats seront limités dans le temps, où la proportionnelle sera introduite aux élections législatives, où les Français pourront écrire des amendements citoyens à la loi

C’est une petite révolution. Ah… bien sûr… cela ne peut pas plaire à tout le monde, les gardiens du temple politique y verront une attaque en légitimité, çà bouscule, ça fait grincer. Tant mieux. On ne peut pas à la fois parler en permanence de proximité avec nos concitoyens… et  vouloir surtout que rien ne change. Benoît Hamon nous propose là une bouffée d’air démocratique. Notre république en a besoin, avant d’étouffer sous le conformisme ambiant.

PRENDRE EN COMPTE LES MUTATIONS EN COURS : J’ai lancé à Lomme le vaste programme « Lomme en transitionS » qui entend décliner de manière transversale dans la ville l’anticipation et la mise en place des mutations que nous vivons : écologique et environnementale, emploi et économie, numérique, et éducation (lire à ce sujet « La transition fulgurante » de Pierre Giorgini). C’est dire à quel point je me retrouve dans le projet de social-écologie de Benoît Hamon, à travers la valorisation de l’agriculture de proximité, mais aussi des nouvelles formes d’entreprenariat (coopératives…), de l’économie sociale et solidaire, du travail indépendant (qui ne signifie pas « ubérisation »). Et puisqu’on parle d’entreprises, c’est aussi l’analyse et la publication des activités des entreprises et de leurs filiales afin qu’aucune ne puisse continuer à organiser son évasion fiscale ! Il y a là des milliards à récupérer !  Voilà une vision claire du monde tel qu’il est… et surtout tel qu’il devient.

Et puis, bien entendu, cette idée de Revenu Universel d’Existence, que Benoît Hamon a réussi à placer au coeur des débats, et qui mérite mieux, beaucoup mieux que la condescendance un peu méprisante affichée par certains qui n’ont peut-être pas pris la mesure de ce qu’elle signifie sur le fond.

Cette idée part du simple constat que le travail va être profondément impacté par la robotisation à très court terme. Le nier, ou affirmer que c’est pessimiste revient tout simplement à se voiler la face, à ne pas tenir compte des études les plus sérieuses publiées sur le sujet, et notamment récemment par l’OCDE, qui indique que 2,4 millions d’emplois seront détruits par l’automatisation en France. Je m’étonne d’ailleurs d’une telle levée de boucliers aujourd’hui… alors que les mêmes propositions faites il y a un an par d’autres experts ne suscitaient aucune réaction 😉

Le Revenu Universel d’Existence est une évidente réponse structurée à ces futures destructions d’emploi, il est financé, pensé, entend aussi répondre très vite au développement de la précarité… et il s’appuie surtout sur une analyse assumée et intelligente des mutations que nous vivons, afin de les maîtriser si nous ne voulons pas les subir.

Je pourrais écrire ici bien des pages sur ce qui a motivé mon choix.

Je dirai juste que Benoît Hamon nous propose un vrai projet de gauche qui s’appuie sur des valeurs fortes, une vision claire de l’avenir, des réponses combatives et novatrices. C’est ce que nous réclamions et attendions, non ? 😉

Publicités

DYNAMIQUE IMMOBILISME !!!


Après quelques dizaines de jours passés à l’Elysée, François Hollande se voit déjà accablé d’un bilan qui serait « creux », accusé d’immobilisme et de n’avoir rien fait. Voilà bien un procès injuste, stérile, et des accusations tout simplement fausses. Rappelons d’abord que nul Président de la République n’est tenu de réaliser en deux mois le programme qu’il va décliner en un mandat. Rappelons aussi que la situation dans laquelle la gauche trouve la France est rien moins que catastrophique, après des années d’un sarkozysme ultra-libéral, brutal et délirant. Faut-il redire, une fois de plus, le chiffre des 600 milliards de dette supplémentaire laissée par l’ancien Président… pour en rester à ce seul chiffre, d’ailleurs, tant tous les autres indicateurs de la santé de notre pays sont au rouge.

La gauche au pouvoir n’aurait donc rien fait ces dernières semaines ? Petit inventaire, et pas des moindres… Dès la fin juin Hollande obtenait d’Angela Merkel qu’un volet croissance soit ajouté au pacte de stabilité négocié précédemment avec Sarkozy. C’était censé être impossible. Toutes les politiques européennes devaient être exclusivement tournées vers la rigueur et l’austérité. Merkel n’allait jamais céder, Hollande était naïf… Et pourtant, même les responsables de la BCE déliaient alors leur propre langue pour reconnaître que le nouveau Président français traçait enfin la bonne voie. Rien fait ? Le retour au barème initial de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF)… Rien fait ? La suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires… Rien fait ? La baisse et le plafonnement des salaires des patrons des entreprises publiques… Rien fait ? L‘encadrement des loyers… Rien fait ? L’augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire… Rien fait ? La baisse d’un tiers du salaire du Président de la République et des membres du gouvernement… Rien fait ? La création des Zones de sécurité prioritaire (ZSP) par Manuel Valls, qui seront opérationnelles dès septembre… Pas mal pour un gouvernement immobile. Et la rentrée arrive avec un programme extrêmement chargé : le grand chantier fiscal, la réforme de l’impôt, la grande loi sur l’éducation avant la fin de l’année (pour laquelle notre député Yves Durand a travaillé d’arrache-pied avec Vincent Peillon quasiment tout l’été et est de nouveau sur le pont depuis une semaine). Et puis viendra la grande réforme bancaire et tout le reste. Tout était écrit, planifié, organisé dans le calendrier des réformes annoncé par le candidat Hollande. Il s’y tient.

Ah certes, Jean-Marc Ayrault et les membres du gouvernement n’ont pas le même rapport aux médias que Rachida Dati, Frédéric Lefebvre et tous ceux qui nous ont imposé leurs frasques pendant des années, François Hollande n’a pas le même rapport au pouvoir et à l’argent que Nicolas Sarkozy… et tant mieux ! Qu’on laisse le Président présider et le gouvernement gouverner (rien que cela c’est aussi un changement). C’est une vraie politique de fond qui est en train de se mettre en place. C’est plus lourd à manier que la navigation à vue… Mais ce sera rapidement plus efficace.

Transformons l’essai !


Au chapitre des choses sans intérêt… quoique : on retiendra dans les informations de ces derniers jours que Nicolas Sarkozy a commandé en cinq ans plus de 300 sondages pour un total de 10 M€, sur des sujets aussi essentiels pour la France et l’intérêt général que, par exemple, la manière dont les Français percevaient son mariage avec Carla Bruni. On notera dans le même registre que Copé et Fillon se sont déclarés la guerre publiquement, guerre commentée par Dati et quelques autres avec une grande finesse ; que Morano en est réduite a commenter la tenue vestimentaire des ministres ; que les élus UMP sur le terrain n’hésitent plus à parler franchement d’accords avec le FN et à s’en donner à coeur joie dans le registre anti-tout (mention spéciale à Noël Faucher, maire UMP de Noirmoutier : «  »Bientôt on va nous dire que l’homosexualité est naturelle. Comme si la nature choisissait d’autodétruire une espèce« )…

Et puis il y a les choses importantes, et notamment les premiers pas de François Hollande comme Président de la République, et des ministres du gouvernement. Ils ont tout d’abord été internationaux pour le Président, avec des résultats immédiats. On a presque le sentiment que les chefs d’Etats du G8 attendaient la fin du couple Merkozy pour pouvoir réellement exprimer leur opinion. C’est la droite espagnole et italienne qui soutient l’idée d’une politique de relance et de croissance, c’est Obama lui-même qui confirme, c’est la presse allemande qui estime qu’Hollande a totalement volé la vedette à Merkel par ses propositions, c’est la question des euro-bonds qui n’est désormais plus taboue… et c’est surtout tout le débat européen qui se cristallise aujourd’hui autour des propositions du Président de la République française. N’omettons pas l’accueil nettement positif de Manuel Valls au Ministère de l’intérieur, le débat de fond qui s’est engagé avec les parents d’élèves sur les rythmes scolaires (débat de fond : cela faisait longtemps qu’on n’avait pu souligner cette expression).

Néanmoins ne nous trompons pas : les socialistes ne sont pas entrés au pays des merveilles. Sarkozy laisse un bilan calamiteux, une dette catastrophique, des Français divisés parfois, meurtris toujours. François Hollande l’a toujours dit clairement : on ne pourra tout changer positivement du jour au lendemain. Mais au moins les objectifs sont-ils clairs (cela aussi, c’est une expression qu’on n’avait plus guère l’occasion d’employer…) et la volonté inébranlable : emploi, justice à tous les niveaux, croissance, éducation, sécurité… Il faut donner à François Hollande les moyens d’appliquer sa politique et de tenir se promesses. Ne nous laissons pas voler la victoire du 6 mai et transformons l’essai les 10 et 17 juin !

%d blogueurs aiment cette page :