Lettre (encore) à la Rectrice…


Vous trouverez peut-être que je parle beaucoup d’éducation ces temps-ci… C’est vrai, mais la situation dans l’Education nationale est tellement catastrophique, tellement volontairement catastrophique, que l’on ne peut que relayer sans cesse toute information qui peut mobiliser, remobiliser, sensibiliser autour de ce thème essentiel. Faut-il redire ici, une fois de plus, que l’éducation n’est en aucun cas une charge mais bien un investissement sur l’avenir ? Que l’encadrement renforcé de ceux qui éprouvent le plus de difficultés est une évidence ? Que l’avenir d’un pays, d’une nation, c’est celui de ses enfants, et qu’on ne peut ainsi sacrifier une génération de jeunes sans que l’équilibre du pays s’en ressente ? Vous trouverez donc ci-dessous copie du courrier que l’ensemble des personnels du collège de Wazemmes vient d’envoyer à la Rectrice. La grève est envisagée. Le cas échéant nous la soutiendrons de toutes nos forces :

 

Objet : suppression des postes d’assistants d’éducation,

d’assistants pédagogiques et CUI du réseau du collège de Wazemmes.

                                   Madame la Rectrice

                                      de l’Académie de Lille,

Nous avions déjà connaissance de la situation catastrophique dans les écoles du réseau du collège de Wazemmes pour la rentrée 2011. Nous sommes au regret de constater à nouveau la suppression de 3 demi-postes d’assistants d’éducation et pédagogiques et de 2 postes CUI au collège de Wazemmes. Nous estimons que ces emplois sont nécessaires et indispensables au bon fonctionnement de notre établissement classé RAR. Notre stupéfaction est d’autant plus grande que notre établissement vient de passer dans le dispositif ECLAIR et que nous pensions, au contraire, obtenir des moyens supplémentaires.

Nous demandons la restitution des 6 demi-postes perdus depuis 2009.

L’ensemble du personnel du collège est prêt à se mettre en grève les 28, 29 et 30 juin 2011, journées du Diplôme National du Brevet. La surveillance et les corrections du DNB risquent donc de ne pas être assurées. Nous envisageons également d’occuper les locaux dans la nuit du lundi 27 juin 2011 au mardi matin. Par ailleurs, nous avons le soutien de nos collègues ATT qui se joignent à notre mouvement en prévoyant de ne pas assurer le service de la restauration ce même jour. Enfin, nous sommes en contact avec le personnel et les parents d’élèves des écoles primaires afin de mener ensemble une action commune.

Nous lançons donc un pré-avis de grève pour les 28/06, 29/06 et 30/06 et sommes à votre entière disposition, Madame la Rectrice, pour un entretien que vous voudriez bien nous accorder.

Dans l’attente d’une réponse favorable de votre part, nous vous prions, Madame la Rectrice, d’agréer l’expression de nos salutations les plus respectueuses,

 

L’ensemble des personnels  du collège de Wazemmes.

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Bravo aux parents et professeurs du collège Jean Jaurès !


Il est rare qu’on ait l’occasion de se rendre dans un  collège vers… 23h30. C’est pourtant ce que j’ai fait hier, et je veux rendre ici un hommage à la fois chaleureux et admiratif aux parents et professeurs du collège Jean Jaurès à Lomme. Toujours aussi mobilisés, ils organisaient hier une occupation nocturne du collège pour protester contre  la fermeture d’une classe cette année (cf.mon article « Halte à la casse ! » du 21.02.2011). Ambiance conviviale mais déterminée, les « occupants » ont été rejoints a différents moments de la soirée par quasiment tous les professeurs, mais aussi par de très nombreux parents d’élèves et même aussi par des collégiens eux-mêmes, qui malgré leur jeune âge ont parfaitement compris les enjeux. Madame la Rectrice est restée fidèle à elle-même, à sa ligne de conduite, à son intransigeance, son aveuglement, sa surdité volontaire… et à sa volonté de toucher sa prime à la casse ! Un seul mot : bravo à toutes et tous !

Halte à la casse !


Je ne pouvais être présent au dernier conseil d’administration du collège Jean Jaures à Lomme, ce jeudi 17 février, retenu par le conseil municipal de Lille. Avec 47 heures postes (HP) en moins cette année, le collège se trouve amputé d’une classe, tout comme d’ailleurs le collège Jean Zay. Voici le texte que j’ai demandé à jean-Paul Guidecoq, Principal, de vien vouloir lire en mon nom lors de cette réunion :

« Mesdames, mesdemoiselles, Messieurs,

Je vous prie tout d’abord de bien vouloir excuser mon absence.
Je suis en effet retenu au conseil municipal de Lille où j’interviens sur la baisse considérable des financements consacrés par l’Etat à la politique de la ville et aux Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS).
Je tenais néanmoins à expliquer ici les raisons du votre contre la Dotation Horaire Globale que j’aurais exprimé si j’avais été présent
Je veux d’abord préciser qu’il ne s’agit en aucun cas d’une marque de défiance envers le Principal Jean-Paul Guidecoq, et qu’au contraire j’appuie par cette prise de position la demande de moyens qui sont nécessaires au collège.
Ce vote intervient évidemment dans un contexte terrible pour l’Education nationale, tant au niveau national que local.
Année après année, on détruit sciemment les bases du système.
Alors que 60 000 élèves supplémentaires sont attendus dans les établissement scolaires en septembre prochain, 16 000 postes sont supprimés.
Dans l’Académie de Lille, 1600 élèves de plus sont attendus et 806 postes sont supprimés.
A Lomme, la situation dans les deux autres collèges est également très tendue.
Enfin, la situation du collège Jean Jaurès devient intenable.
L’interpellation du Préfet sur ce sujet, en séance publique du Conseil général il y a quelques semaines, ne m’a valu qu’une réponse évasive et méprisante.
C’est tout simplement le service public de l’éducation qui est volontairement remis en cause, à travers toute une série de mesures qui s’ajoutent aux suppressions de postes, dont notamment la fin des Réseaux d’aides en difficulté (Rased) et de la formation professionnelle au métier d’enseignant.
Dans ces conditions, outre le vote négatif que j’aurais exprimé ici, je me tiens à la disposition de la communauté éducative, des personnels et des parents d’élèves pour soutenir toute action que vous décideriez de mettre en place.

Roger VICOT
Conseiller général« 

Dotation Horaire Globale : ma question au Préfet


Vous trouverez-ci dessous le texte de la question que j’ai posée lundi en séance publique et plénière du Conseil général, au Préfet Jean-Michel Bérard… et la réponse de celui-ci. En résumé : tout va bien

Monsieur le Préfet, Comme chaque année, le dernier trimestre amène les enseignants et les principaux des collèges à se préoccuper des perspectives de Dotation Horaire Globale pour l’année scolaire suivante. Cette préoccupation légitime s’est muée en inquiétude, voire parfois en angoisse, compte-tenu de ce qui s’est passé ces dernières années. Cette angoisse est aujourd’hui largement exprimée lors des conseils d’administration des collèges dans lesquels nous siégeons. La Dotation Horaire Globale est en effet l’épine dorsale qui permet aux enseignants de remplir au mieux la mission qui est la leur, le moyen de dispenser un service public de l’éducation nationale digne de ce nom, et finalement la variable qui différencie la préoccupation réelle de l’intérêt général et une vision seulement comptable de l’éducation. Bien des collèges de notre département ont été touchés l’an dernier par la baisse de la Dotation Horaire Globale. Nombre d’entre eux se sont mobilisés, en vain, pour faire valoir la nécessité absolue d’assurer la qualité des enseignements et l’encadrement des collégiens. Qu’en est-il aujourd’hui des propos rassurants qui étaient tenus l’an dernier à la même époque par les services de l’Etat ? J’évoquerai rapidement à titre d’exemple le cas du collège Jean Jaurès à Lomme, malheureusement représentatif de la situation de nombreux établissements. 378 élèves devaient constituer les effectifs. Finalement 400 élèves ont été inscrits au collège Jean Jaurès mais 2 fermetures de classes ont quand même eu lieu. Les effectifs par classe devaient être systématiquement inférieurs à 28 élèves. Cela n’a pas été le cas, ce qui a entravé pour les professeurs la possibilité de mener à bien les dispositifs habituels, comme par exemple l’accompagnement dans le travail de rédaction, ou le travail en groupes. « Tous les postes d’enseignants devaient être pourvus », expliquait le Rectorat. Et pourtant, le cours de mathématiques en 6èm e n’a pu être assuré pendant deux semaines, et les classes de 5ème et de 4ème n’ont pu avoir leurs cours de SVT à la rentrée Je pourrais aussi vous expliquer dans le détail, Monsieur le Préfet, pourquoi l’enseignement de la natation a dû être supprimé, pourquoi le théâtre a disparu des cours, pourquoi il est impossible d’accéder à la salle pupitre pour le cours de mathématiques, pourquoi les projets particuliers de réussite éducative ne sont pas assurés, et bien d’autres choses encore … Monsieur le Préfet, alors que les officines d’enseignement privé sont aujourd’hui en capacité de s’offrir des campagnes de publicité nationales, c’est à une véritable mise en danger du principe même de service public de l’enseignement auquel nous assistons. Je me fais, Monsieur le Préfet, le porte-parole de ces interrogations légitimes. Quelle sont donc les perspectives pour l’an prochain ? Qu’en sera-t-il de la Dotation Horaire Globale de nos collèges ? Qu’en sera-t-il finalement du contexte qui forge l’avenir de nos collégiens ?

Monsieur le Préfet, je vous remercie


Monsieur Roger VICOT,

S’agissant de l’organisation des heures d’enseignement en collège, je vais répondre avec une certaine prudence parce que je suis là à la limite de ma compétence. On est presque dans l’organisation pédagogique. Je voudrais simplement indiquer qu’en 2010 il est vrai que la Dotation Horaire Globale des collèges dans le Nord est en retrait de 360 heures par rapport à l’année précédente. Autrement dit on est passé de 119 663 heures à 119 303 heures. La baisse n’est pas négligeable mais nous restons dans les mêmes ordres de grandeur au moment même où le nombre de collégiens a augmenté de 579 unités. L’Inspection Académique considère néanmoins que cette dotation doit permettre d’assurer de façon pleine et entière les enseignements obligatoires conformément aux textes réglementaires.

Vous évoquez le cas particulier du collège Jean Jaurès de Lomme. Ce collège s’est vu affecter une dotation de 17 h par poste supplémentaire alors même qu’il comptait 18 élèves supplémentaires par rapport à l’année précédente. C’est un établissement à moyenne globale par division du collège arrêté à 23,3 élèves, ce qui est nettement en-deçà des moyennes théoriques retenues pour ce type de collège dans le Département.

Je ne rentrerai pas dans un certain nombre de considérations. Si j’ai bien compris l’Inspection Académique avait quelques idées en ce qui concerne l’organisation par division qui lui paraissait la plus judicieuse.

Le chef d’établissement, dans le cadre de son autonomie et de sa responsabilité pédagogique et éducative; a pris d’autres dispositions dans cette organisation. En tout cas, pour l’Inspection Académique, le collège devrait fonctionner dans des conditions satisfaisantes avec la dotation dont il bénéficie.

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Une casse méthodique


La situation de l’Education nationale est absolument catastrophique. Par pure idéologie libérale, par dogmatisme totalement détaché des réalités, le gouvernement est en train de casser, méthodiquement, le service public auquel nous confions nos enfants, les adultes de demain. Ci-dessous l’intervention que j’ai faite cet après midi en séance plénière au Conseil général :

« Monsieur le Président, chers collègues,

Je souhaite attirer votre attention sur la situation à laquelle se trouvent confrontés de très nombreux collèges du département. Nous siégeons, en tant que conseillers généraux, dans les conseils d’administration de ces établissements qui ont découvert ces dernières semaines les dotations globales horaires (DHG) qui s’appliqueront dès la prochaine rentrée scolaire.

Collège Jean Monnet de Caudry, collège Jean Moulin d’Iwuy, collèges Paul-Duez et Fénelon à Cambrai, collège Alphonse Terroir à Marly, collège Paul Machy de Dunkerque, collège Boris Vian de Lille,…..mais aussi à Tourcoing, Wallincourt, Cassel, Loon Plage, Houplines… Partout dans le département, la presse régionale fait état quasi-quotidiennement de l’inquiétude et de la colère à la fois des enseignants, des parents d’élèves ou d’élèves, et de leur mobilisation contre la suppression par l’Education nationale de moyens humains et financiers. Ces baisses de la DHG vont entraîner mécaniquement des suppressions de postes et un appauvrissement du contenu pédagogique.

J’étais vendredi dernier aux côtés des enseignants, des parents d’élèves et des élèves du collège Jean Jaurès à Lomme, où le rectorat annonce la suppression de 70 heures dans la dotation globale horaire pour la prochaine rentrée scolaire. Cette mesure entraînera notamment la suppression d’un poste en lettres et d’un poste en mathématiques ; ainsi que la remise en cause de nombreux projets pédagogiques qui se sont développés au sein de cet établissement dynamique.

Je veux rendre hommage ici à leur combativité, à leur sens du service public, et aussi au travail particulièrement difficile des principaux de collèges qui, tant bien que mal, tentent d’imaginer des solutions de répartition horaire qui préservent l’intérêt des collégiens.

Pour l’année scolaire 2010 – 2011, ce sont presque 650 postes qui devraient être supprimés dans les collèges et lycées de l’académie de Lille.

Le gouvernement a fait le choix dogmatique de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Cette situation a entraîné, d’ores et déjà, la suppression en moins de 4 ans de plus de 70 000 postes dans l’Education nationale, 45 000 enseignants et 25 000 personnels de surveillance et administratifs. C’est absolument dramatique et totalement incohérent. Comment peut-on pointer l’échec scolaire d’une part, fixer des objectifs prétendument ambitieux d’autre part, et supprimer un peu plus chaque année le poids des contenus pédagogiques et celui d’un encadrement pérenne ?

Investir dans l’éducation, c’est investir pour l’avenir de nos enfants et au-delà se projeter et construire la société de demain. Mais les gouvernants actuels veulent-ils réellement former les citoyens de demain ? Ceux dont on aura fait des hommes, dignes de ce nom, prêts à réfléchir, et donc peut-être à contester. Cet investissement, c’est le choix du département du Nord sous votre autorité, Monsieur le Président, mais aussi des communes et des régions qui se mobilisent pour assurer à chaque enfant, à chaque jeune, la réussite scolaire qu’il mérite et qui est à sa portée si on lui en donne les moyens.

Dès lors, Monsieur le Président, mon propos porte sur la nécessité d’interpeller M. le Recteur de l’académie de Lille sur la légitime inquiétude des nordistes face aux suppressions de postes dans l’Education Nationale, et d’apporter ainsi notre soutien à la communauté éducative et aux familles.

Je vous remercie. »

SECURITE A l’ECOLE : JE PARLE SARKOZY COURAMMENT !


Luc Chatel, Ministre de l'Education nationale

De retour sur le blog, après trois semaines sans internet… Et pour vous parler de la dernière idée de Luc Chatel, notre Ministre de l’Education nationale : des états généraux de la sécurité à l’école. Notons d’abord une attitude totalement incohérente en ce qui concerne la reconnaissance du phénomène. D’une part on annonce que des retenues sur salaires vont être mises en place pour les enseignants du lycée de Vitry, et qu’on considère donc que le droit de retrait qu’ils ont exercé n’était pas justifié ; d’autre part on annonce des états généraux dans l’urgence, censés faire le point et tirer les leçons, dès le mois d’avril, sur les questions de sécurité qui méritent qu’on s’en préoccupe au plus vite… notamment après les événements du lycée de Vitry. Rarement gouvernement aura poussé aussi loin le mépris des enseignants. Etats généraux, donc. Mais pour quoi faire ? Sinon pour organiser une énième gesticulation médiatique, qui donnera lieu à une énième loi sur le sujet. Parions que le Président de la République se fendra pour l’occasion d’un de ces habituels coups de mentons et effets de manche : « Je ne laisserai pas les enseignants être la proie sans défense de jeunes sans morale » etc… etc… », « On me reproche des états généraux, mais que dirait-on si je ne prenais pas le problème à bras le corps ?« , etc… etc… Avec un peu d’écoute, il est facile de parler Sarkozy couramment !

De quoi s’agit-il ? D’abord d’un phénomène que l’on a beaucoup de mal à cerner réellement sur le plan quantitatif. Nul n’est aujourd’hui capable de mesurer exactement la montée des violences à l’école. Preuve en est le fait que plusieurs lois se sont déjà attaqués au problème par le passé. Ce qu’on sait en revanche, c’est que la nature de ces violences a changé. Elles de produisent davantage aujourd’hui en bandes. Les solutions ? Sûrement pas la vidéosurveillance, puisque bon nombre des faits recensés sont aussi… filmés. Rien ne dissuade du passage à l’acte. C’est donc bien d’une action de prévention de fond qu’a besoin l’école (les établissements scolaires en général). D’un travail avec les familles. D’un travail avec les jeunes eux-mêmes, qu’ils soient déscolarisés ou en décrochage scolaire. D’un travail en partenariat et coordination entre l’école et les éducateurs, les municipalités (par le biais des contrats locaux de sécurité) et le police nationale. Bref : d’un travail humain mettant en scène des hommes et des femmes préoccupés de notre avenir commun. D’un travail qui sera nécessairement de longue haleine, parce qu’il est quasiment individualisé, et qui ne méconnaisse pas – bien entendu –  la question de la sanction. D’un travail que le gouvernement se refuse catégoriquement à faire, préférant supprimer les postes d’enseignants par dizaines de milliers (oui : dizaines de milliers), de policiers par milliers, et réduire les subventions aux associations de terrain de façon drastique. Alors que l’école devrait être le pari et l’investissement sur l’avenir, Sarkozy s’en fait jour après jour le fossoyeur méticuleux.

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