MACRON sans hésiter !


240_F_91750342_BCZJASn9kB9u3Wwx8d9jhNQb1mgPAT7C.jpgA l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, Le Pen réalise un score de 24% à Lomme. Près d’un quart des électeurs de notre ville. Mélenchon 25%, un quart. Forcément je vous connais, je vous côtoie, je vous rencontre, je vous salue…

A vous qui avez voté FN : je ne comprends pas. Que vous puissiez à ce point accepter de vous « faire avoir ». Que vous puissiez sincèrement penser que le FN peut améliorer votre quotidien. Que vous considériez que Le Pen a la stature d’une femme d’Etat. Que vous ne voyiez pas le danger. C’était clair hier soir lors du débat. Sur la forme : agressivité, arrogance, sourire forcé. Sur le fond : rien. Ou plutôt si : des dénonciations des autres, des critiques des autres, des approximations, des erreurs, une grande méconnaissance des dossiers, notamment ceux qu’elle est censée maîtriser (Euro…). Et puis des slogans. A profusion : rendre l’argent aux Français, redonner de la fierté, tout renverser… OK. Mais une fois qu’on a dit cela… cela peut éventuellement rassurer, faire plaisir aux oreilles… mais quoi de concret ? Rien. Vraiment rien. Une politique économique et monétaire que Le Pen a eu bien du mal à expliquer elle-même (revoir son explication laborieuse de la coexistence Euro/Franc) ; des propositions proches du ridicule sur le terrorisme (rien sur l’action de la police et des services de renseignements… on sait juste que « les douaniers vont arrêter les terroristes« ). Et le sempiternel topo immigration-chômage-identité que papa faisait déjà tourner dans les années soixante-dix.

Mais l’essentiel n’est pas là. Il n’est même pas dans l’étude détaillée du programme du FN (faites l’expérience de ne pas vous limiter aux slogans, et aller le lire). Cette étude suffirait pourtant à vous convaincre de la catastrophe économique et sociale dans laquelle nous serions irrémédiablement plongés. Non l’essentiel c’est autre chose. C’est le basculement que représenterait l’élection de Le Pen. Benoît Hamon rappelait il y a quelques jours une vérité historique : « Lorsque l’extrême-droite prend le pouvoir par les urnes, elle ne le rend jamais par les urnes« . Ce n’est pas un propos d’opposant politique. C’est juste factuel. Facile à vérifier. Un coup d’oeil rapide dans les livres d’histoire. Vous en avez assez des solutions qui n’ont jamais marché contre le chômage ? Moi aussi. Vous ne supportez plus les promesses non tenues ? Et moi donc ! Mais croyez-vous vraiment, vraiment, que cela vaille de tenter le saut dans le vide ? Pas le vide de sens… Lorsque l’incendie aura pris, alors… personne, pas même vous, ne sera protégé.

A vous qui avez voté pour la France Insoumise. Vous connaissez mes convictions, je ne les ai jamais dissimulées, et je n’ai jamais hésité à prendre clairement parti. Je suis de gauche, et j’ai soutenu Hamon avec force et conviction. Je ne suis pas d’accord avec l’idée développée par certains d’entre-vous, qui refusent de choisir entre « la patrie et la finance ». Je pense que vous vous trompez, parce que ce n’est pas cela le choix auquel les français sont confrontés pour le second tour. Vous faites comme si vous aviez à choisir entre deux programmes que vous rejetez. Moi non plus je ne me retrouve pas dans ces deux programmes. Mais le choix, le vrai choix, le seul choix, il est entre la démocratie et l’aventure d’extrême-droite ! Je sais votre révolte et je la respecte. Mais êtes-vous vraiment prêts à participer à ce risque, en vous abstenant ou en votant nul, à générer la catastrophe ? Ne vous trompez pas de choix, si vous voulez pouvoir encore choisir, demain.

Dimanche je voterai Macron. Par responsabilité, devant mes concitoyens, mes enfants, nos enfants à tous. Pour mon pays. Pour mes valeurs et pour la démocratie.

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RESTER AU PS !


En campagne en 2012...

En campagne en 2012…

Rester au PS malgré tout… Depuis hier, depuis que le 1er Ministre a « engagé la responsabilité du gouvernement« , c’est-à-dire utilisé l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter la loi travail sans vote sous couvert du rejet de la motion de censure à venir, depuis hier donc les militants socialistes s’expriment sans réserve. Jamais le PS n’a fait face à une telle situation interne, malgré une histoire riche en oppositions et en déchirements : cartes déchirées, stupéfaction, soupirs, larmes… Les réseaux sociaux croulent. Des permanences d’élu(e)s (Bernard Roman, Anne-Lise Dufour Tonini…), des sièges de sections locales (Armentières, Lyon…) sont souillés, et ce n’est pas pardonnable. Mais on peut expliquer, et même comprendre tous ceux qui se disent que, décidément, ce n’est pas pour ces méthodes, ces valeurs, ce fonctionnement, ce projet, ce programme… qu’ils ont voté en 2012 ; que depuis cette date la trajectoire du gouvernement s’est perdue dans un virage qu’ils n’avaient pas sollicitée ; que leurs espoirs étaient placés ailleurs, autrement ; qu’ils se sentent lésés et, pour beaucoup, trahis. Le gouvernement fait valoir que le débat parlementaire aurait été bloqué, obstrué, par quelques dizaines de députés indisciplinés ne représentant pas grand chose. Soit, ceux qu’on appelle les « frondeurs » sont une quarantaine… Mais ils avaient fait avancer le débat, et à grand pas.

Ainsi  pour les filiales française des groupes internationaux, le gouvernement a finalement accepté que ce soit le chiffre d’affaires mondial qui soit pris en compte pour apprécier la situation économique de la branche française, alors que le patronat réclamait que le périmètre soit réduit à la seule France. Une entreprise pourra, en cas d’appel d’offres, imposer un temps de travail spécifique et une nouvelle organisation du travail. En revanche, elle ne pourra pas modifier le salaire mensuel… mais les salariés récalcitrants pourront faire l’objet d’un licenciement individuel pour motif économique.

Mais, mais… le gouvernement a décidé de préserver l’esprit si contesté du texte, et notamment le fameux article 2 qui prévoit que les accords d’entreprise sur le temps de travail prévalent sur les accords de branche. Décidé aussi ne pas froisser davantage le Medef qui faisait les gros yeux, en ne surtaxant pas les CDD, c’est-à-dire la précarité et tout ce qu’elle entraîne dans la vie quotidienne des salariés. Je pourrais continuer…

Bref, le texte évoluait, évoluait trop. On a donc clos le débat, en faisant mine de croire que l’opposition était seulement celle de quarante députés, alors qu’elle gronde chaque jour dans la rue.

Alors… alors il n’y a plus que deux solutions pour ceux qui, comme moi, ont l’intention ferme de continuer à se battre pour leurs valeurs, défendues depuis toujours. Quitter notre parti, c’est le choix déjà annoncé par certains et certaines, ou tout faire pour le changer, le renforcer, le réaffirmer, le solidifier, le faire revenir aux base, à son histoire ! Pas de nostalgie ni de passéisme : les évolutions du code du travail sont nécessaires parce que le monde du travail évolue, et à une vitesse folle ! Elles sont nécessaires parce qu’on ne connaît pas aujourd’hui la moitié des métiers qui vont apparaître dans les cinq ou six ans qui viennent ! elles sont nécessaires parce qu’internet et tout le reste bouleversent, renversent les codes et les pratiques que nous connaissons ! Mais ces évolutions nécessaires doivent se faire, pour les socialistes, en respectant les salariés, les travailleurs d’aujourd’hui et de demain, en les protégeant dans un monde qui les fragilise, en les accompagnant là où l’individualisme triomphe ! C’est cela être socialiste !

Quitter le parti, c’est laisser le champ libre à tous ceux qui veulent en faire autre chose, en leur laissant affirmer que nous serions ringards, passéistes, pas modernes.

Comme si la solidarité était une notion à jeter aux orties, un concept d’hier !

Je reste au Parti Socialiste, parce que c’est mon parti, parce qu’il a toujours représenté mes espoirs, mes aspirations, mes idéaux.

Je reste au Parti Socialiste parce que je ne peux pas me résoudre, malgré la déception et l’amertume, à la politique qui est menée, que je veux continuer le combat et qu’il doit être mené aussi de l’intérieur. Je reste au Parti Socialiste parce que le programme des Juppé, Sarkozy, Le Pen et les autres s’appuie sur une vision de la société et de l’économie que je déteste.

Je reste au Parti Socialiste et je me dis que, dans un idéal qui fera sûrement sourire ou rire aux éclats, nous devrions enrôler à nos côtés, dans ce parti, toutes celles et tous ceux qui partagent nos envies, nos valeurs… et qui gardent ne serait ce qu’un tout petit peu d’espoir.

Baisser les bras serait baisser les armes …

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