PAS DE FOND ?


En simple réponse à David, que je remercie sincèrement de sa participation constante à ce blog, qui pense qu’il n’y a pas de fond dans les propositions de Martine Aubry. Il y a non seulement beaucoup de fond dans ce discours de la fin du congrès de Reims, dans lequel Martine annonce sa candidature au poste de Premier secrétaire, mais aussi, et peut-être surtout, beaucoup d’humanité.

Un vote crucial


Une fois n’est pas coutume, je m’adresse aujourd’hui quasi-exclusivement aux militants socialistes, qui vont donc voter jeudi pour choisir le nouveau leader du Parti socialiste, et départager Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal. Je leur demande de visionner cette petite vidéo de Martine, qui résume un projet, une volonté, une pensée, une méthode. Et je les invite à porter massivement leur vote sur son nom. Quasi-exclusivement disais-je… car tous les Français sont concernés, d’une manière ou d’une autre, par ce vote interne.

UN WEEK-END SPECIAL…


Je pars au congrès de Reims du Parti socialiste. Nous ne POUVONS PAS le rater. Les enjeux, les attentes, les nécessités sont tels… Il ne s’agit pas seulement, et même pas du tout, de trouver un nouveau leader au PS, mais bien de déterminer les lignes de force de l’action du Parti, d’identifier la façon dont nous souhaitons faire de la politique, de proposer aux Français une vraie alternative (et non une altenance) à la politique calamiteuse de Sarkozy, et de remettre sur pieds une vraie opposition frontale, structurée, forte et combattive. J’y pars avec espoir. A lundi.

Rien à ajouter…


Changer à gauche pour changer la France


Comme je vous l’avais non pas promis, mais seulement indiqué, je souhaite parler ici, un peu, du congrès du Parti Socialiste. Non pas par prosélytisme (et d’ailleurs je ne me fais que très rarement l’écho ici des débats internes au PS), mais tout simplement parce que les enjeux de ce congrès dépassent largement le PS lui-même. Il s’agit, cette fois, de poser simplement la question : qu’est ce qu’être socialiste aujourd’hui ? C’est un monde et un système de valeurs qui est en train de s’écrouler heure par heure autour de nous. Les plus fervents partisans du libéralisme le plus échevelé nationalisent a tour de bras… d’un coup les salaires et primes scandaleux des spéculateurs, défendus par les mêmes au nom du « talent » (tu parles !), sont descendus en flamme et considérés comme indus… 

Plus rien ne sera jamais pareil dans le monde capitaliste. Le marché bien sûr, continuera à fonctionner et se développer au niveau de ce qui est devenu une « petite planète » ou un « village global »,et c’est une bonne chose… à condition de considérer enfin la mondialisation autrement, à condition de cesser de penser et faire croire que tout peut s’acheter et se vendre (y compris les droits), à condition de reconnaître enfin que la spéculation est une véritable perversion. C’est donc un autre système qu’il faut inventer, qui s’appuie sur un véritable socle de valeurs de gauche, sur une véritable vision de la solidarité et du rôle de l’Etat. Le lien avec le congrès de Reims ? Et bien je suis persuadé que seuls les socialistes peuvent et doivent porter ce projet nouveau pour une société nouvelle. L’enjeu est gigantesque et dépasse les socialistes eux-mêmes. Or, ce n’est évidemment pas la droite qui va s’atteler à cette tache ; ce n’est pas le PC, qui n’a jamais su rebondir après l’écroulement de son propre monde en 1989 ; ce n’est pas l’extrême-gauche, qui ne partage ni nos objectifs, ni nos méthodes, et qui n’a jamais renié la violence politique comme moyen d’action : quand à Bayrou, autoproclamé meilleur adversaire de Sarkozy, il laisse rêveur… Et puis, ce projet devra évidemment se développer au niveau d’une vraie Europe politique, qui reste à construire, afin qu’elle puisse enfin peser en tant que tel au niveau mondial.

Alors, la motion défendue par Martine Aubry, dans le cadre de cet exercice démocratique qu’est la préparation du prochain congrès, me semble le mieux répondre à cette exigence de vision globale, de projet charpenté, de socle de valeurs. Un texte qui propose un autre PS, une autre gauche, et une autre France, une autre Europe. Pourquoi ne pas y jeter un oeil, en cliquant ci-dessous :

http://www.changeragauche.net/

 

« MONOCRATIE », comme dit Badinter…


Ce qui s’est passé hier au Congrès (qui, rappelons le réunit l’Assemblée nationale et le Sénat pour les modifications de la Constitution), est plus important et sûrement plus grave que ce que les médias audiovisuels (première source d’information des Français) ont globalement présenté.  En se contentant de citer les principales mesures adoptées hier, sans les analyser, ou même les commenter au fond, les chaînes de télévision sont passé (volontairement ?) à côté de l’essentiel.

A la limite, l’ensemble des mesures apparaît de bon sens, minutieusement dédramatisé… Le Président renonce à son droit de grâce collective : et alors ? Rien de bien grave en apparence. A ceci près que ce sont tous les présidents à venir qui sont ainsi liés au refus de la clémence pour les détenus dont les fautes étaient minimes ou les peines arrivées presqu’à expiration. A ceci près que le nombre d’incarcérations explose dans ce pays (à la suite des lois Sarkozy sur la récidive), que la surpopulation est déjà dramatique (144% à Loos, par exemple), et qu’on se prive ainsi de la possibilité d’une « soupape ». Le Président pourra désormais s’exprimer devant le Congrès : et alors ? Cela existe dans toutes les grands démocraties. A ceci près que les autres démocraties n’ont pas une Constitution de la Vème République façonnée par un De Gaulle, qui ménage au Président de la République des pouvoirs énormes… et n’ont pas un Sarkozy au sommet, qui sait parfaitement les bénéfices personnels, toujours personnels, qu’il pourra tirer d’une telle centralisation des pouvoirs dans ses mains. Le Premier Ministre n’existera quasiment plus : et alors ? Fillon lui-même a théorisé depuis longtemps cette manière d’être aux ordres. A ceci près que la Constitution new look qui sort de ce Congrès donne au Président la capacité d’être à la fois le législatif et l’exécutif (ce phénomène étant d’ailleurs accentué par l’inverson du calendrier électoral, qui place désormais les législatives après la présidentielle, renforçant ainsi la présidentialisation). C’est énorme… et cela passe quasiment inaperçu. Le reste… quelques miettes pour emballer l’ensemble, des commissions parlementaires (en nombre très restreint) dont la présidence est laissée à l’opposition… des refus de nominations si les 3/5 d’une commission s’y oppose (tu parles ! un seuil impossible à atteindre… sauf si toute la majorité vote contre !)… et bien sûr rien sur le mode d’élection des sénateurs, le Sénat restant ainsi à droite pour les siècles des siècles. Rien qui puisse contrebalancer, loin s’en faut, tout ce qui précède. Dans une excellente tribune publiée avant-hier dans Le Monde, Robert Badinter appelle cela une « monocratie ». Joli mot…

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