RECONQUETE


Belle victoire bien entendu… dont il faut immédiatement tirer quelques conclusions. La première, c’est que lorsque la gauche est unie, elle gagne. Et si la gauche est unie, il faut rendre un hommage particulier à l’extraordinaire travail accompli par Martine Aubry depuis le congrès de Reims. Souvenons-nous qu’en novembre 2008 le PS était donné comme moribond, qu’on tentait déjà de le remplacer. On cherchait déjà les noms qui pourraient désormais s’afficher à la place du ringard mot « socialiste » ! La force du PS aujourd’hui, c’est ce que Martine Aubry a bâti : une formation solide qui est en train de se reconstituer jour après jour, qui travail à son projet, et qui a réussi pour le moment à taire les querelles d’égo. On sait bien, on sent bien, que le danger est là. Je lisais il y a quelques jours dans un journal un éditorial qui se terminait par l’excellente formule suivante : « Les intelligences individuelles au sein du PS seront-elles assez fortes pour éviter la stupidité collective ?« . L’ennemi est chez-nous, l’ennemi c’est nous mêmes. C’est pourquoi il est impératif que Martine continue sur la lancée qui nous a si bien réussi depuis Reims : le travail, le projet, et le fond, rien que le fond. Parce que c’est là que nous attendent les Français, parce que c’est là qu’est l’espoir des Français. Le score du FN est l’autre leçon à tirer. Il est la plupart du temps issu du désespoir, de l’idée que les partis « traditionnels » n’ont plus rien à offrir. Il est aussi issu de l’idée toute simple qu’à théorisée Le Pen il y a longtemps : entre l’original et la copie, les électeurs choisissent l’original. La stratégie de Sarkozy vient d’être sanctionnée lourdement. Les Besson, les Fillon, les discours racistes, les débats biaisés, la sournoiserie à en vomir… Tout cela vient de recevoir une grande claque. Les socialistes et leurs alliés peuvent représenter une vraie alternative. A nous de le prouver. La reconquête commence maintenant. Nous n’avons pas le droit de décevoir.

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RIEN A TIRER !


sarko+fillonIl n’y a décidément rien à tirer de ce gouvernement, dont la seule stratégie consiste à aligner les mots quand il faut parler des plus modestes, des plus nécessiteux… et à mettre en place les mesures les plus injustes lorsqu’il faut satisfaire les privilégiés. C’est du reste une fracture de fond entre la droite la gauche qui est mise en lumière par la politique de Sarkozy, et confirmée aujourd’hui par François fillon (dont on ne sait toujours pas ce qu’il fait exactement dans la vie : porte-parole de Sarkozy ? concierge de Matignon ? …), qui tenait les propos suivants : « En 2010 nous allons geler la progression des dépenses de l’Etat en volume. Pour y parvenir nous maintiendrons la règle du non-remplacement d’un départ en retraite sur deux dans la fonction publique, soit 34.000 postes en moins, et nous accélérerons l’effort de la révision générale des politiques publiques (RGPP) ». Cette fracture, c’est la conception fondamentalement différente que nous avons du rôle et de la place de l’Etat. Là où nous pensons que l’Etat doit avoir un rôle de régulation et de protection, là où nous croyons qu’il doit faire acte de solidarité, de présence, de soutien, notamment auprès des plus faibles… la droite pense, elle, que l’Etat n’a pas à intervenir dans la vie de nos concitoyens, que le marché fait cela très bien, que son rôle doit se limiter au strict minimum (police-justice-armée… et encore : quelle police ? quelle justice ? quelle armée ?…), et que le seul soutien efficace, c’est celui des privilégiés (qui, bien entendu, « tirent » la société vers le haut). En clair, les propos de François Fillon signifient tout simplement que la présence de l’Etat, des services publics (et donc des services au public) va continuer à décroître massivement. Moins de policiers, moins d’enseignants… mais plus de cours privés payants, plus de vidéosurveillance… Lamentable mais parfaitement cohérent au regard de l’idéologie de la droite au pouvoir. Désespérant aussi… d’autant qu’en surfant sur internet aujourd’hui, deux chiffres ont retenu mon attention : « (…) Le taux de croissance annuel des salaires des 0,1% de Français les mieux payés a été de quatre à cinq fois supérieur à celui des 10% du bas de l’échelle (entre 1983 et 2007) » (lemonde.fr), d’une part… Le couple Sarkozy-Bruni envisage d’acquérir une nouvelle résidence : soit l’ancien couvent des Pères Carmes dans le XVIème arrondissement, évalué à 12 millions d’Euros, soit l’appartement de feu Yves Saint-Laurent dans le VIIème arrondissement, dont on ne connaît pas le prix, mais qui fait 700m2, d’autre part… (lepost.fr). Je préfère ne pas commenter. 

« MONOCRATIE », comme dit Badinter…


Ce qui s’est passé hier au Congrès (qui, rappelons le réunit l’Assemblée nationale et le Sénat pour les modifications de la Constitution), est plus important et sûrement plus grave que ce que les médias audiovisuels (première source d’information des Français) ont globalement présenté.  En se contentant de citer les principales mesures adoptées hier, sans les analyser, ou même les commenter au fond, les chaînes de télévision sont passé (volontairement ?) à côté de l’essentiel.

A la limite, l’ensemble des mesures apparaît de bon sens, minutieusement dédramatisé… Le Président renonce à son droit de grâce collective : et alors ? Rien de bien grave en apparence. A ceci près que ce sont tous les présidents à venir qui sont ainsi liés au refus de la clémence pour les détenus dont les fautes étaient minimes ou les peines arrivées presqu’à expiration. A ceci près que le nombre d’incarcérations explose dans ce pays (à la suite des lois Sarkozy sur la récidive), que la surpopulation est déjà dramatique (144% à Loos, par exemple), et qu’on se prive ainsi de la possibilité d’une « soupape ». Le Président pourra désormais s’exprimer devant le Congrès : et alors ? Cela existe dans toutes les grands démocraties. A ceci près que les autres démocraties n’ont pas une Constitution de la Vème République façonnée par un De Gaulle, qui ménage au Président de la République des pouvoirs énormes… et n’ont pas un Sarkozy au sommet, qui sait parfaitement les bénéfices personnels, toujours personnels, qu’il pourra tirer d’une telle centralisation des pouvoirs dans ses mains. Le Premier Ministre n’existera quasiment plus : et alors ? Fillon lui-même a théorisé depuis longtemps cette manière d’être aux ordres. A ceci près que la Constitution new look qui sort de ce Congrès donne au Président la capacité d’être à la fois le législatif et l’exécutif (ce phénomène étant d’ailleurs accentué par l’inverson du calendrier électoral, qui place désormais les législatives après la présidentielle, renforçant ainsi la présidentialisation). C’est énorme… et cela passe quasiment inaperçu. Le reste… quelques miettes pour emballer l’ensemble, des commissions parlementaires (en nombre très restreint) dont la présidence est laissée à l’opposition… des refus de nominations si les 3/5 d’une commission s’y oppose (tu parles ! un seuil impossible à atteindre… sauf si toute la majorité vote contre !)… et bien sûr rien sur le mode d’élection des sénateurs, le Sénat restant ainsi à droite pour les siècles des siècles. Rien qui puisse contrebalancer, loin s’en faut, tout ce qui précède. Dans une excellente tribune publiée avant-hier dans Le Monde, Robert Badinter appelle cela une « monocratie ». Joli mot…

DES CHIFFRES QUI FONT MAL…


On a parfois la tête qui tourne un peu à la lecture des chiffres qui circulent dans la presse… 7 milliards perdus par la Société Générale en raison de placements  de pure spéculation qui, s’ils avaient été « réussis », n’auraient strictement rien rapporté au pays (on comprend la colère des clients de la banque, qui se font tancer comme de mauvais écoliers au moindre découvert)… 15 milliards de cadeaux fiscaux l’été dernier, au profit de tous ceux qui n’en n’ont absolument pas besoin…  Et puis, ces 250 petits millions d’Euros que François Fillon vient d’accepter de débloquer pour l’hébergement d’urgence des personnes mal logées et des sans-abris. Autant dire une goutte d’eau, face aux 2 milliards d’Euros réclamés à juste titre par les associations. L’an dernier, Jean-Louis Borloo avait promis « des hébergements pérennes et adaptés« .  

250 millions d’Euros, c’est ce qu’une seule entreprise privée, le laboratoire Eli Lilly, a investi en Italie en décembre dernier pour développer une unité de production d’insuline ; c’est exactement la somme qu’un courtier américain filiale du Crédit agricole a perdu en « jouant » en bourse en septembre dernier ; c’est la somme que Google a investi en Belgique l’an dernier pour créer un centre de stockage de données informatiques… On pourrait continuer cette longue liste qui prouve seulement que c’est une somme dérisoire pour l’Etat, et rien face aux besoins. 

Cette bouleversante vidéo décrit un cas heureusement marginal… mais quand même !

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