RESTER AU PS !


En campagne en 2012...

En campagne en 2012…

Rester au PS malgré tout… Depuis hier, depuis que le 1er Ministre a « engagé la responsabilité du gouvernement« , c’est-à-dire utilisé l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter la loi travail sans vote sous couvert du rejet de la motion de censure à venir, depuis hier donc les militants socialistes s’expriment sans réserve. Jamais le PS n’a fait face à une telle situation interne, malgré une histoire riche en oppositions et en déchirements : cartes déchirées, stupéfaction, soupirs, larmes… Les réseaux sociaux croulent. Des permanences d’élu(e)s (Bernard Roman, Anne-Lise Dufour Tonini…), des sièges de sections locales (Armentières, Lyon…) sont souillés, et ce n’est pas pardonnable. Mais on peut expliquer, et même comprendre tous ceux qui se disent que, décidément, ce n’est pas pour ces méthodes, ces valeurs, ce fonctionnement, ce projet, ce programme… qu’ils ont voté en 2012 ; que depuis cette date la trajectoire du gouvernement s’est perdue dans un virage qu’ils n’avaient pas sollicitée ; que leurs espoirs étaient placés ailleurs, autrement ; qu’ils se sentent lésés et, pour beaucoup, trahis. Le gouvernement fait valoir que le débat parlementaire aurait été bloqué, obstrué, par quelques dizaines de députés indisciplinés ne représentant pas grand chose. Soit, ceux qu’on appelle les « frondeurs » sont une quarantaine… Mais ils avaient fait avancer le débat, et à grand pas.

Ainsi  pour les filiales française des groupes internationaux, le gouvernement a finalement accepté que ce soit le chiffre d’affaires mondial qui soit pris en compte pour apprécier la situation économique de la branche française, alors que le patronat réclamait que le périmètre soit réduit à la seule France. Une entreprise pourra, en cas d’appel d’offres, imposer un temps de travail spécifique et une nouvelle organisation du travail. En revanche, elle ne pourra pas modifier le salaire mensuel… mais les salariés récalcitrants pourront faire l’objet d’un licenciement individuel pour motif économique.

Mais, mais… le gouvernement a décidé de préserver l’esprit si contesté du texte, et notamment le fameux article 2 qui prévoit que les accords d’entreprise sur le temps de travail prévalent sur les accords de branche. Décidé aussi ne pas froisser davantage le Medef qui faisait les gros yeux, en ne surtaxant pas les CDD, c’est-à-dire la précarité et tout ce qu’elle entraîne dans la vie quotidienne des salariés. Je pourrais continuer…

Bref, le texte évoluait, évoluait trop. On a donc clos le débat, en faisant mine de croire que l’opposition était seulement celle de quarante députés, alors qu’elle gronde chaque jour dans la rue.

Alors… alors il n’y a plus que deux solutions pour ceux qui, comme moi, ont l’intention ferme de continuer à se battre pour leurs valeurs, défendues depuis toujours. Quitter notre parti, c’est le choix déjà annoncé par certains et certaines, ou tout faire pour le changer, le renforcer, le réaffirmer, le solidifier, le faire revenir aux base, à son histoire ! Pas de nostalgie ni de passéisme : les évolutions du code du travail sont nécessaires parce que le monde du travail évolue, et à une vitesse folle ! Elles sont nécessaires parce qu’on ne connaît pas aujourd’hui la moitié des métiers qui vont apparaître dans les cinq ou six ans qui viennent ! elles sont nécessaires parce qu’internet et tout le reste bouleversent, renversent les codes et les pratiques que nous connaissons ! Mais ces évolutions nécessaires doivent se faire, pour les socialistes, en respectant les salariés, les travailleurs d’aujourd’hui et de demain, en les protégeant dans un monde qui les fragilise, en les accompagnant là où l’individualisme triomphe ! C’est cela être socialiste !

Quitter le parti, c’est laisser le champ libre à tous ceux qui veulent en faire autre chose, en leur laissant affirmer que nous serions ringards, passéistes, pas modernes.

Comme si la solidarité était une notion à jeter aux orties, un concept d’hier !

Je reste au Parti Socialiste, parce que c’est mon parti, parce qu’il a toujours représenté mes espoirs, mes aspirations, mes idéaux.

Je reste au Parti Socialiste parce que je ne peux pas me résoudre, malgré la déception et l’amertume, à la politique qui est menée, que je veux continuer le combat et qu’il doit être mené aussi de l’intérieur. Je reste au Parti Socialiste parce que le programme des Juppé, Sarkozy, Le Pen et les autres s’appuie sur une vision de la société et de l’économie que je déteste.

Je reste au Parti Socialiste et je me dis que, dans un idéal qui fera sûrement sourire ou rire aux éclats, nous devrions enrôler à nos côtés, dans ce parti, toutes celles et tous ceux qui partagent nos envies, nos valeurs… et qui gardent ne serait ce qu’un tout petit peu d’espoir.

Baisser les bras serait baisser les armes …

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Alors j’attends…


Je ne me suis pas encore exprimé ici sur l’affaire qui a occupé les médias tout l’été, et jusqu’à La Rochelle le week-end dernier, je veux parler bien entendu de la bataille savamment mise en scène entre les « frondeurs » du Parti socialiste et le 1er Ministre.

Premier point : aucun chef d’exécutif ne peut accepter de voir contester sa politique publiquement, de la part d’un membre de l’exécutif en question. Qu’un de mes adjoints ou qu’une de mes adjointes en mairie de Lomme s’exprime dans la Voix du Nord pour expliquer à quel point la politique municipale que je mets en oeuvre est un non-sens, et je lui retirerais sa délégation le jour-même ! Cela ne fait pas de moi pour autant un « vallsien » libéral… c’est juste une question de forme, et cela relève de ce qui n’est pas acceptable.

Deuxième point : je suis profondément agacé par les provocations qui, de part et d’autre, tirent le débat en permanence vers le bas et « plombent » les socialistes. Montebourg spectateur quotidien et émerveillé de son propre cinéma, c’est de la provocation permanente ; Valls qui se fait applaudir debout devant le Medef, c’est de la provocation incontestable (il aurait pu dire la même chose sur le fond, ailleurs et autrement) ; Taubira qui arrive en vélo à la réunion des frondeurs à La Rochelle, trois jours après avoir accepté de rester au gouvernement, c’est de la provocation stérile ; et j’en passe…

Troisième point : il n’y a plus rien de serein ni de construit dans les différents arguments que désormais les socialistes se contentent de se jeter à la tête par presse interposée. Plus à gauche que moi tu meurs, plus réaliste que moi tu meurs, plus délirant que toi c’est fou, plus à côté de la plaque que toi c’est impossible… sans oublier d’appeler à la rescousse les ombres tutélaires (et parfois bien pratiques) des grands anciens qui avaient pourtant le point commun de placer le débat à un autre niveau que celui de l’invective et de l’accusation.

En ce qui concerne Jaurès, largement brandi et assaisonné à toutes les sauces à La Rochelle pendant trois jours, il est incontestable que ce dernier reste une figure extraordinaire et symbolique de la lutte contre toutes les injustices, lutte permanente, violente parfois… mais je ne saurais trop conseiller de relire la brochure « Jaurès et les patrons« , éditée il y a quelques années par la Fondation Jean Jaurès (peu suspecte d’être critique à l’égard du grand homme). On y rappelle la conception pour le moins peu marxiste qu’il développait à l’égard des relations à entretenir avec le patronat, soumis selon lui à ce que l’on appellerait de nos jours la pression permanente de la concurrence impitoyable (« les misères du patronat »), louant par ailleurs l’intelligence et l’apport indispensable de la bourgeoisie.  Or je n’ai pas le sentiment que les patrons d’alors étaient moins impitoyables que certains d’aujourd’hui. J’ai une admiration sans borne pour Jaurès et son oeuvre, pour l’homme et ses combats, et il ne fait aucun doute, historiquement, qu’il ne soutiendrait pas Arnaud Montebourg et les frondeurs, ni sur le fond, ni sur la forme, trop profondément attaché qu’il était au compromis et à la mesure.

Quant à  Léon Blum, autre figure tutélaire, son conseiller financier au Front Populaire était Horace Finaly, patron de la Banque de Paris et des Pays-Bas… un garçon par conséquent pire encore qu’Emmanuel  Macron, si l’on devait se hasarder à quelque comparaison. Or personne à ma connaissance ne remet en cause les convictions de Blum.

Tout cela pour dire que les socialistes sont collectivement en train de replonger dans ce qui est presque inné chez eux : la division. La division et tout ce qu’elle a toujours engendré : la caricature, l’à-peu-près, les délices du bon mot qui fait mouche, la joie rapide du trait assassin… le tout étant en train, par petites touches, de dessiner le tableau de socialistes irresponsables.

Loin de moi l’idée de partager, loin s’en faut, toutes les orientations de ce gouvernement et du chef de l’Etat. Etouffer financièrement les collectivités locales, c’est limiter leur capacité à investir, et donc l’activité des entreprises. Quant le groupe Auchan touche 44 millions d’euros grâce au dispositif CICE et annonce dans le même temps  300 licenciements, c’est qu’il y a un problème, et qu’il faut le regarder en face. Mais arrêtons de faire passer Hollande, malgré ses nombreux défauts, pour un suppôt de Satan. La création de la Banque publique d’investissement, l’augmentation du RSA, l’augmentation 25%de l’allocation de rentrée scolaire, la sortie de l’impôt sur le revenu de 4 millions de ménages,  la création de 100 000 places de crèches, la taxation des très hauts revenus, l’abrogation du décret qui facilite l’accès à la profession d’avocat aux parlementaires et anciens ministres, la création de 60 000 postes dans l’éducation nationale, les création de postes dans la police nationale, la justice et la gendarmerie, l’élévation à 25% du taux de construction obligatoire de logements sociaux dans les communes, le financement de la sécurisation des parcours professionnels axé sur les publics les plus fragiles, les moins formés et les chômeurs, etc… etc… Voilà bien des mesures, et beaucoup d’autres, qui n’ont pas été inspirées par Fillon ou Sarkozy. J’en suis fier.

Alors j’attends… que dans l’esprit de l’entretien que Jean-Christophe Cambadélis a accordé au quotidien le Monde la semaine dernière, une personnalité de gauche sache sortir les socialistes de la mouise dans laquelle ils se sont enfoncés avec une énergie peu commune. 

Alors j’attends… qu’avec un esprit responsable cette personnalité hisse, enfin, le niveau du débat au regard de l’enjeu qui devrait tous nous réunir, c’est à dire la réussite de nos politiques

Alors j’attends… que sans rejeter totalement certaines propositions des frondeurs, sans rejeter totalement la politique gouvernementale, cette personnalité de gauche, soumise à aucun cheffaillon d’estrade, dégagée des slogans réducteurs, signataire d’aucune harangue, redonne espoir à toute la gauche.

Alors j’attends… que cette personnalité démontre les erreurs, les fausses pistes, les espoirs déçus, porte sereinement les rééquilibrages nécessaires, souligne les incohérences et sache proposer, argumenter en s’appuyant aussi sur les aspects positifs de ces premières années de mandat présidentiel.

Et j’ai bon espoir.

Plus d’Europe !!


EuropeJe fais suite ici aux commentaires nombreux que je lis dans la presse, ou sous la plume de militants de tous partis, … et y compris aux interpellations en Conseil communal de Lomme (ce qui est par ailleurs parfaitement légitime), concernant l’Europe, l’avenir de l’Union européenne et surtout le rôle de l’Europe aujourd’hui. L’Europe a besoin d’un nouveau souffle, d’une nouvelle ambition, cela crève les yeux si j’ose dire. Alors qu’elle reste la première puissance économique du monde, l’Europe est plongée dans la récession, une crise sociale profonde et un chômage de masse qui la jettent dans le doute. Par leur incapacité à réguler la finance, par leurs cures d’austérité qui aggravent la crise, les conservateurs ont affaibli l’esprit européen. Ils ont produit la méfiance et le repli des peuples, favorisé le regain des nationalismes et des extrémismes. L’Europe a donc immensément besoin de l’engagement de tous les progressistes du continent qui ne veulent pas moins d’Europe mais plus d’Europe pour répondre aux défis du monde de demain : «Maintenant doit grandir ensemble ce qui est fait pour vivre ensemble», disait Willy Brandt. Il nous faut refuser le délitement de l’Europe.C’est la condition de notre propre avenir et de celui de nos enfants.

Avec l’Europe, nous héritons des valeurs humanistes qu’elle a forgées, de son modèle social unique au monde, de tous les grands moments qui ont fait son histoire. L’Europe est une construction politique exceptionnelle qui plonge ses racines dans un rêve ancien. Dans l’histoire du monde, c’est la plus grande union démocratique de langues, de cultures et de peuples. L’Europe, c’est le rêve de Victor Hugo (qui l’un des premiers, évoquait « nos » états unis à construire), le cri de survie de Primo Levi (« Si c’est un homme« ), les clameurs de joie de ces femmes et de ces hommes qui ont abattu le mur de Berlin. Nous pouvons et devons être fiers du combat européen de Jaurès, de Blum, de Mitterrand, de Delors. Ils ont construit un socle essentiel. Je vois bien que la désillusion est là, et que le « Hollande Bashing » bat son plein… mais depuis le premier jour de son mandat François Hollande a porté une nouvelle vision pour l’Europe et le combat pour sa réorientation vers la croissance et l’emploi. Le temps d’une autre Europe est venu.

À force de ténacité, il a déjà obtenu plusieurs victoires : le pacte de croissance, la taxe sur les transactions financières, de nouvelles règles de supervision bancaire, et aujourd’hui, une grande offensive franco-allemande pour l’emploi des jeunes. La France a joué également un rôle moteur dans le combat enfin engagé contre les paradis fiscaux et l’évasion fiscale. Nous avons repris l’initiative en Europe pour anticiper le monde de l’après-crise, le faire advenir et non se laisser submerger par lui. Intégration solidaire, Europe différenciée, gouvernement économique de la zone euro, budget de la zone euro qui soit à la hauteur des enjeux : ce sont les piliers de cette indispensable réorientation à laquelle j’apporte mon plein soutien. L’Europe a été un rêve de paix et de stabilité. Ne le sacrifions pas sous prétexte que le libéralisme aurait dénaturé notre destin commun. Amplifions le au contraire pour construire autre chose, mieux et pour longtemps.

DYNAMIQUE IMMOBILISME !!!


Après quelques dizaines de jours passés à l’Elysée, François Hollande se voit déjà accablé d’un bilan qui serait « creux », accusé d’immobilisme et de n’avoir rien fait. Voilà bien un procès injuste, stérile, et des accusations tout simplement fausses. Rappelons d’abord que nul Président de la République n’est tenu de réaliser en deux mois le programme qu’il va décliner en un mandat. Rappelons aussi que la situation dans laquelle la gauche trouve la France est rien moins que catastrophique, après des années d’un sarkozysme ultra-libéral, brutal et délirant. Faut-il redire, une fois de plus, le chiffre des 600 milliards de dette supplémentaire laissée par l’ancien Président… pour en rester à ce seul chiffre, d’ailleurs, tant tous les autres indicateurs de la santé de notre pays sont au rouge.

La gauche au pouvoir n’aurait donc rien fait ces dernières semaines ? Petit inventaire, et pas des moindres… Dès la fin juin Hollande obtenait d’Angela Merkel qu’un volet croissance soit ajouté au pacte de stabilité négocié précédemment avec Sarkozy. C’était censé être impossible. Toutes les politiques européennes devaient être exclusivement tournées vers la rigueur et l’austérité. Merkel n’allait jamais céder, Hollande était naïf… Et pourtant, même les responsables de la BCE déliaient alors leur propre langue pour reconnaître que le nouveau Président français traçait enfin la bonne voie. Rien fait ? Le retour au barème initial de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF)… Rien fait ? La suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires… Rien fait ? La baisse et le plafonnement des salaires des patrons des entreprises publiques… Rien fait ? L‘encadrement des loyers… Rien fait ? L’augmentation de 25% de l’allocation de rentrée scolaire… Rien fait ? La baisse d’un tiers du salaire du Président de la République et des membres du gouvernement… Rien fait ? La création des Zones de sécurité prioritaire (ZSP) par Manuel Valls, qui seront opérationnelles dès septembre… Pas mal pour un gouvernement immobile. Et la rentrée arrive avec un programme extrêmement chargé : le grand chantier fiscal, la réforme de l’impôt, la grande loi sur l’éducation avant la fin de l’année (pour laquelle notre député Yves Durand a travaillé d’arrache-pied avec Vincent Peillon quasiment tout l’été et est de nouveau sur le pont depuis une semaine). Et puis viendra la grande réforme bancaire et tout le reste. Tout était écrit, planifié, organisé dans le calendrier des réformes annoncé par le candidat Hollande. Il s’y tient.

Ah certes, Jean-Marc Ayrault et les membres du gouvernement n’ont pas le même rapport aux médias que Rachida Dati, Frédéric Lefebvre et tous ceux qui nous ont imposé leurs frasques pendant des années, François Hollande n’a pas le même rapport au pouvoir et à l’argent que Nicolas Sarkozy… et tant mieux ! Qu’on laisse le Président présider et le gouvernement gouverner (rien que cela c’est aussi un changement). C’est une vraie politique de fond qui est en train de se mettre en place. C’est plus lourd à manier que la navigation à vue… Mais ce sera rapidement plus efficace.

Belle journée (2) !


Nos souhaits ont été exaucés à tous les niveaux avec les résultats de ce deuxième tour des élections législatives ! La victoire, la très belle victoire d’Yves Durand, d’abord. Je veux le féliciter plus

Yves Durand (ici en campagne avec Thierry Fontaine)

que chaleureusement, à titre personnel et amical. La voix d’Yves Durand est respectée à l’Assemblée nationale, et reconnue localement. Cet homme de convictions et de combats honore la République et son mandat par la manière dont il le conçoit, dont il le vit, par la manière aussi qu’il a de respecter ses électeurs. On est bien loin de la politique à courte vue dont certains (et certaines) nous donnent parfois l’affligeant spectacle… Plébiscité dans sa ville avec plus de 68% des voix (et allez, je ne résiste pas à le dire, 83,5% au bureau 11 de la Délivrance), reconduit dans sa circonscription avec plus de 58%, reconnu dans le canton de Lille sud ouest qui avait été « raccroché » récemment par le redécoupage, Yves s’impose sans conteste. Et des confirmations : Sequedin qui frise les 50% pour la gauche, comme c’était déjà le cas aux cantonales de 2008… Et Hallennes-lez-Haubourdin où Yves réalise plus de 54%… Et Houplines bien sûr, où ses 60%  laissent présager des lendemains qui pourront enfin chanter dans cette commune où Thierry Fontaine mène un incroyable et inlassable travail de terrain.

Et puis nos souhaits sont exaucés au niveau, où les socialistes à eux seuls recueillent la majorité absolue à l’Assemblée nationale. J’ai déjà entendu des commentaires de droite criant à la dictature sous prétexte que le PS s’est vu donner tous les leviers républicains par le suffrage universel. Dictature… voilà bien une conception des choses, une imagination, une anticipation, un prolongement qui ne peut germer que dans un cerveau… de droite. C’est la possibilité offerte à François Hollande de réaliser sans entrave son programme et tenir ses promesses… dans le respect des autres acteurs de la vie politique. N’en déplaise à la droite, mais le changement il est là aussi. On en aurait presque oublié, ces dernières années, que le respect des autres peut exister aussi en politique. Mais tout ceci relève presque de l’anecdote désormais. Hollande est à la tâche, et il est le seul dirigeant européen a avoir proposé, dès hier, un plan de relance à l’échelle européenne, qui est désormais sur la table. Tout commence aujourd’hui !

Transformons l’essai !


Au chapitre des choses sans intérêt… quoique : on retiendra dans les informations de ces derniers jours que Nicolas Sarkozy a commandé en cinq ans plus de 300 sondages pour un total de 10 M€, sur des sujets aussi essentiels pour la France et l’intérêt général que, par exemple, la manière dont les Français percevaient son mariage avec Carla Bruni. On notera dans le même registre que Copé et Fillon se sont déclarés la guerre publiquement, guerre commentée par Dati et quelques autres avec une grande finesse ; que Morano en est réduite a commenter la tenue vestimentaire des ministres ; que les élus UMP sur le terrain n’hésitent plus à parler franchement d’accords avec le FN et à s’en donner à coeur joie dans le registre anti-tout (mention spéciale à Noël Faucher, maire UMP de Noirmoutier : «  »Bientôt on va nous dire que l’homosexualité est naturelle. Comme si la nature choisissait d’autodétruire une espèce« )…

Et puis il y a les choses importantes, et notamment les premiers pas de François Hollande comme Président de la République, et des ministres du gouvernement. Ils ont tout d’abord été internationaux pour le Président, avec des résultats immédiats. On a presque le sentiment que les chefs d’Etats du G8 attendaient la fin du couple Merkozy pour pouvoir réellement exprimer leur opinion. C’est la droite espagnole et italienne qui soutient l’idée d’une politique de relance et de croissance, c’est Obama lui-même qui confirme, c’est la presse allemande qui estime qu’Hollande a totalement volé la vedette à Merkel par ses propositions, c’est la question des euro-bonds qui n’est désormais plus taboue… et c’est surtout tout le débat européen qui se cristallise aujourd’hui autour des propositions du Président de la République française. N’omettons pas l’accueil nettement positif de Manuel Valls au Ministère de l’intérieur, le débat de fond qui s’est engagé avec les parents d’élèves sur les rythmes scolaires (débat de fond : cela faisait longtemps qu’on n’avait pu souligner cette expression).

Néanmoins ne nous trompons pas : les socialistes ne sont pas entrés au pays des merveilles. Sarkozy laisse un bilan calamiteux, une dette catastrophique, des Français divisés parfois, meurtris toujours. François Hollande l’a toujours dit clairement : on ne pourra tout changer positivement du jour au lendemain. Mais au moins les objectifs sont-ils clairs (cela aussi, c’est une expression qu’on n’avait plus guère l’occasion d’employer…) et la volonté inébranlable : emploi, justice à tous les niveaux, croissance, éducation, sécurité… Il faut donner à François Hollande les moyens d’appliquer sa politique et de tenir se promesses. Ne nous laissons pas voler la victoire du 6 mai et transformons l’essai les 10 et 17 juin !

UN GOUVERNEMENT DE COMBAT


Le Premier Ministre Jean-Marc AYRAULT

D’abord reconnaître que les toutes premières promesses sont immédiatement honorées : le 1er Ministre jean-Marc Ayrault a annoncé ce jour, le lendemain de sa nomination, la baisse de 30% de la rémunération des membres du gouvernement… et la composition en est strictement paritaire. Reconnaître aussi que question style, François Hollande a immédiatement redonné du lustre, de l’humilité et tout simplement du sérieux à l’image présidentielle. Exit la vulgarité fric et froc de l’ancien locataire. Reconnaître ensuite que ce gouvernement a une sacrée allure, mariant à la fois la jeunesse, l’expérience, la compétence, et la diversité. Laurent Fabius aux affaires étrangères, c’est l’assurance de l’absolue nécessité de connaître en profondeur les rouages de l’Etat et la dimension internationale du poste. Vincent Peillon à l’Education nationale, c’est la reconnaissance de la passion pour cette thématique, alliée à une véritable hauteur de vue. Et puis la nouvelle génération : Valaud-Belkacem, Filipetti, Duflot, Batho, Pellerin…  Et puis surtout, pour la première fois, un Ministre délégué à l’économie sociale et solidaire en la personne de Benoît Hamon… Nous en reparlerons… Un vrai gouvernement de combat, ultra-motivé.

Reconnaître ensuite que la première visite officielle à l’étranger de François Hollande, celle qu’il rendit hier à Angela Merkel, s’est déroulée bien autrement que ce que nous annonçait la droite il y a quelques jours encore. La France allait en sortir humiliée et devoir passer illico sous les fourches caudines de la chancelière d’outre-Rhin… et c’est Mme Merkel qui a finalement accepté de parler de croissance, de reconnaître que ce n’est pas un gros mot, et finalement d’infléchir son discours jusque là très martial. Et pendant que Sarkozy court, que Morano éructe, que Copé bidouille, qu’Hortefeux nostalgise, que les militants UMP organisent petitement leurs sifflets… c’est déjà une autre France qui est à l’oeuvre, et qui vite, fera oublier les cinq années de destruction du pays dont nous sortons enfin. La victoire aux élections législatives des 10 et 17 juin n’en est que plus indispensable. Les vacances viendront après : mobilisation !

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