LA SECURITE EN DEBAT


Il me faut bien reconnaître que je n’arrive pas à tenir ma promesse de publier régulièrement sur ce blog… ou plutôt que je n’y arrive plus ! Il a dû se passer quelque chose aux environs de septembre dernier qui désormais m’accapare en permanence et m’éloigne d’ici… 😉 Peu importe : ce n’est pas si grave et la présence dans la ville est à mes yeux largement, très largement plus importante que ce que je peux écrire ici, même si les deux sont complémentaires. Et puis, nous sommes depuis le 1er mars dernier en campagne électorale… en tout cas au sens juridique du terme, puisque les comptes de campagne des futurs candidats aux élections municipales sont officiellement ouverts depuis cette date. La loi du 15 janvier 1990 sur la communication en période électorale m’oblige dans tous les cas à des précautions nouvelles. Ainsi, je dois identifier clairement dans les futurs comptes de campagne les supports de communication que j’utiliserai. Ce blog n’en fait pas partie, et je vais donc désormais soigneusement éviter ici tout sujet qui pourrait participer du débat lommois. Jusqu’en mars 2014, je n’aborderai donc plus de sujets liés au développement et à la vie de notre ville, et encore moins de la politique municipale (merci donc de ne pas me poser ici de questions relatives à tout cela… je n’y répondrai pas). L’occasion, sûrement, de se tourner vers des sujets différents, pas forcément plus légers d’ailleurs…

UntitledEt puisqu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, si j’en crois la sagesse populaire, vous me permettrez de dire un mot de mon dernier livre : « Sécurité : vraies questions et faux débats« . Le thème de la sécurité ne vous étonnera pas… Vous savez qu’il m’a toujours passionné, et que Martine Aubry m’a confié cette délégation près de douze ans au conseil municipal de Lille. Cette expérience passionnante m’a permis de découvrir un peu à la fois à quel point cette question génère de nombreux commentaires, et surtout de nombreuses passions. Or, il me semble que plus que n’importe quel autre sujet la sécurité doit au contraire être gérée en dehors de toute passion. Or malheureusement on entend et on lit tout et n’importe quoi ! Le supposé bons sens populaire n’est parfois doté d’aucune bonté… et parfois même d’aucun sens 😉 J’ai donc collecté quelques uns de ces « yaqua », de ces « fauquon », de ces phrases toutes faites, de ces soit-disant vérités, de ces clichés, de ces poncifs et autres caricatures, largement relayés au quotidien par les multiples forums, courriers de lecteurs, commentaires divers, notamment sur internet. La démarche est simple : puisque certains pensent que « c’était mieux avant« , que l’ « on peut repérer les futurs délinquants dès le plus jeune âge« , que « les mineurs ne sont jamais condamnés« , et que… et que… j’ai demandé à de vrais spécialistes de ces questions de nous livrer leur analyse en dehors de toute passion : un regard historique, sociologique, statistique, analytique… Il sont chercheurs au CNRS, universitaires, sociologues… et seulement (et volontairement) trois élus sur la vingtaine de contributeurs (un ancien ministre de l’Intérieur, le président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, et votre serviteur). Un livre qui, je l’espère, remet quelques idées au clair et surtout à leur vraie place, à a fois destiné aux élus et au grand public…

Sécurité : vraies questions et faux débats – Editions L’Harmattan  (30€)

En téléchargement au format PDF ici : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&sr=7 (22,50€)

Trouvez-moi le coupable !


A force de vouloir trouver en permanence des boucs émissaires à ses échecs, de monter en permanence les Français les uns contre les autres, de désigner en permanence des victimes expiatoires aux problèmes qu’il a généré lui-même… Nicolas Sarkozy se trouve aujourd’hui au coeur d’une tempête qui ne semble pas devoir se calmer de si vite. Nous avions eu droit au débat sur la nationalité, à Besson et à la faute aux immigrés, puis à l’épisode estival de la faute aux Roms, et aussi Estrosi, l’insécurité et la faute aux maires socialistes, sans oublier la faute aux fonctionnaires, la faute aux 35 heures, la faute au voile, la faute aux jeunes, la faute aux routiers, la faute aux syndicats, la faute aux enseignants, la faute aux grévistes, la faute aux journalistes, et on en passe…

Voilà maintenant la faute à la justice. La faute de trop ? En tout cas, c’est une profession entière qui se lève, qui dit non, qui affirme son raz-le-bol d’un Président de la République qui n’assume rien, qui rejette en permanence sur les autres, qui montre du doigt, qui accuse… et qui aggrave la situation du pays par son obsession ultra-libérale, son dogmatisme, son aveuglement et son insensibilité. La justice voudrait tellement pouvoir travailler dans de meilleures conditions, la police voudrait tellement pouvoir agir plus efficacement, le monde enseignant voudrait tellement pouvoir éduquer au mieux… Mais c’est l’obsession du marché qui gouverne ce pays. Les effectifs des sociétés privées de sécurité dépasseront bientôt ceux de la police et de la gendarmerie réunis ; les boîtes privées  de cours particuliers sont aujourd’hui en capacité de s’offrir des campagnes publicitaires nationales ; les crèches privées essaient partout de récupérer le « marché de la petite enfance ». Là aussi, on en passe… Même la police se révolte aujourd’hui… Même « Alliance« , syndicat pas vraiment proche de l’opposition, appelle à la formation d’une intersyndicale pour protester contre les fermetures massives de commissariats. Les militaires, s’ils le pouvaient, affirmeraient aux-aussi, n’en doutons pas, leur opposition à une politique de casse généralisée du pays qui ne l’épargne pas.

S’il faut trouver des coupables à tout, on peut légitimement se poser la question : qui donc a permis que Sarkozy se balade en liberté ?

Incroyable Hortefeux


Brice Hortefeux

Voilà donc maintenant le Ministre de l’Intérieur – Brice Hortefeux – et celui de la Justice – Michel Mercier –  qui s’étripent publiquement, à propos de la condamnation à de la prison ferme de plusieurs policiers. Qu’en penser ? Pour ma part, je crois que la question ne devrait même pas être posée… Car depuis quand les Ministres commentent, et même contestent les décisions de Justice ? Mais surtout, il faut quand même rappeler les faits, et redire de quoi on parle. Il s’agit ni plus ni moins de policiers qui on décidé tout simplement de rédiger à posteriori un faux rapport afin de faire accuser un innocent, le tout en pleine connaissance de cause. Verdict : entre 6 mois et un an de prison pour les sept comparses. Et alors ? Imaginez ce qui vous arriverait si vous vous avisiez de « bidouiller » les documents de l’entreprise dans laquelle vous travaillez, voire d’en fabriquer un faux, afin de faire accuser votre collègue ou votre patron ? Faut-il, de surcroît, rappeler que les policiers sont censés faire respecter la loi, et non la contourner, et protéger les citoyens, et non les piéger ? Face à cette condamnation, c’est l’étonnement qui étonne… Loin de moi l’idée de critiquer le travail au quotidien des policiers, qui exercent un métier terriblement difficile. Mais la loi s’applique à tous. Y compris à eux.

Que Brice Hortefeux, fidèle à la stratégie de provocation populiste de son maître, se permette de critiquer la décision de la Justice, est tout à fait invraisemblable. Dans quel régime politique vivions-nous, où les ministres claironnent sur les médias leur défiance vis-à-vis de la Justice de leur propre pays ? Comment seront traités, en revanche, demain, tous ceux qui auraient l’idée d’aller manifester devant le Palais de Justice pour afficher leur désaccord face à telle ou telle condamnation, comme l’ont fait certains policiers la semaine dernière ? Ce régime nous fait glisser depuis longtemps sur une pente dangereuse, celle du populisme, de l’intolérance, de la démagogie, de la brutalité. Pour quel bénéfice politique ? Sarkozy est au plus bas qu’aucun Président de la République a jamais été. Marine Le Pen recueille aux dernières nouvelles 28% d’opinions favorables…

COMIQUE DE REPETITION


Ce qui est parfois agaçant dans le comique de répétition… c’est précisément la répétition. Lorsque le ressort qui est censé déclencher l’hilarité se détend trop souvent, il perd en efficacité, jusqu’à en devenir totalement inefficace. C’est un peu la même chose avec Nicolas Sarkozy. Prenons le thème de la sécurité. On est d’ailleurs DEJA dans la répétition, tant le Président de la République adore le tourner et le retourner dans tous les sens. D’abord parce que la sécurité lui fournit fréquemment l’occasion de montrer à quel point il est un homme un vrai, un qui « en a », un qui ne reculera pas d’un millimètre, ou d’un centimètre (selon les discours), un avec qui on va voir ce qu’on va voir, un qui va vous nettoyer tout çà, un qui sait se faire craindre et respecter… etc. Il adore. Ca ne fait pas avancer les choses d’un pouce, mais il adore. C’est chouette aussi la sécurité, parce que cela permet, plus que d’autres sujets, de faire appel à la passion plutôt qu’à la raison. Avec le thème de la sécurité, on évite les explications quand on a la manipulation. Parce que cela permet de mettre en scène et de flatter les instincts fort justement blessés, et de les utiliser. Ca ne change rien au quotidien de ceux qui ont vu disparaître, année après année, la police nationale de leur environnement et de leur quotidien. Ca ne modifie en rien le vécu des victimes à qui on refuse parfois le droit de porter plainte (çà rentre dans les statistiques), et à qui on propose plutôt une « main courante » (çà ne rentre pas dans statistiques). Rien de tout cela, mais cela fait tellement plaisir au Président.

Comique de répétition, disions-nous. Dans son numéro préféré, et au moment où sa 18ème loi sur la sécurité est en discussion au Parlement, Nicolas Sarkozy est descendu à Tremblay-en-France il y a quelques jours, histoire de montrer qu’on ne lui fait pas, etc. Magnifique et incroyable exercice lors duquel le Président de la République a annoncé la mise en place d’un déballage insensé de mesures… qui toutes existent déjà. Le lien direct bus/police en Ile-de-France ? 4000 bus en sont déjà équipés. La suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire ? Présent dans la loi du 31 mars 2006. L’action « en profondeur » contre les trafiquants de drogue ? On a déjà eu droit à la « lutte sans pitié » en 2008, et à la « guerre totale » made in Hortefeux… et on connaît le résultat. La fin du squat des halls d’immeubles ? C’est le délit d’« occupation abusive » prévu par une loi de 2003, lorsque Sarkozy était Ministre de l’Intérieur. Répétition pathétique.

Rien de neuf, donc, à prévoir pour la suite. Rien sur les moyens de la police et de la justice, rien sur le lien avec les Français qui ont besoin de la police et qui la réclament à leurs côtés, rien sur les moyens et le fonctionnement de la prévention. Pas d’information, par exemple, sur l’aide aux associations minutieusement asséchées, rien sur les commissariats vides, pas de message aux syndicats de police, de droite comme de gauche, qui hurlent leur raz-le-bol de la politique du chiffre et de la baisse des effectifs. Non, juste l’habituel numéro de claquettes. Circulez !

UN DEBAT REVELATEUR…


EHPAD

La maison de retraite Gilbert Forestier

Très intéressante séance du conseil municipal de Lomme ce jeudi soir. Traditionnel débat d’orientation budgétaire pour lequel l’opposition avait choisi une stratégie en deux temps, ou deux aspects. D’abord lire une compilation des tracts UMP à la gloire du gouvernement et de son action incomparable au service et en faveur des Français. Classique, quoique totalement décalé des aspirations des Français en général, et des Lommois en particulier. Ensuite prendre quelques exemples locaux censés illustrer « l’échec de vingt ans de socialisme à Lomme« . Première petite remarque : il faut bien mal connaître l’histoire de cette ville pour  croire que le socialisme s’y est implanté avec l’arrivée d’Yves Durand au poste de maire en 1990. Son prédécesseur Arthur Notebart  – socialiste lui aussi s’il en était !  –  avait pour sa part été élu en… 1947. Mais peu importe ce détail, néanmoins révélateur. Quant aux exemples prouvant sans conteste l’échec de la majorité lommoise : la maison de retraite Gilbert Forestier, la sécurité. Là aussi, quelle méconnaissance de notre ville et de son histoire…

La maison de retraite Gilbert Forestier (qui n’avait pas encore été baptisée du nom de notre regretté Gilbert) était un établissement relevant du secteur hospitalier. A la fin des années 1990, les difficultés financières étaient telles que l’équilibre était menacé. Deux solutions s’offraient alors à l’Etat : fermer purement et simplement la maison de retraite, ou augmenter fortement le forfait des pensionnaires. Nous en avons choisi une troisième : municipaliser l’établissement, pour le sauver définitivement, et ce avec l’aide financière de notre commune associée Lille, sans laquelle l’opération n’aurait pas pu être possible. Echec, donc ? Depuis, l’établissement a pu être transformé en EHPAD (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) avec l’implication financière majeure du Conseil général, et va être reconstruit à neuf avenue de Dunkerque, près de la Maison des enfants. On connaît des échecs moins glorieux que celui-là.

Deuxième exemple souligné par l’opposition UMP : la sécurité. Là aussi on croit rêver ! Faut-il rappeler que la sécurité est une mission régalienne de l’Etat, et que celui-ci prévoit de supprimer près de 10% des effectifs totaux de la police nationale d’ici 2012 (8000 suppressions de postes) ? Faut-il rappeler qu’au commissariat de police de Lomme, il n’y a plus désormais qu’un seul policier de service le week-end ? Faut-il rappeler qu’il n’est plus possible d’appeler votre commissariat de proximité, mais que vous devez composer le 17, ce qui vous envoie à l’hôtel de police de Lille qui reçoit tous les appels du département ? Faut-il rappeler enfin qu‘à Lomme, nous avons multiplié par deux les effectifs de la police municipale, passant de 9 à 18 agents grâce à l’association avec Lille ?

Critiquer fait certes partie du rôle de l’opposition… quoique certaines critiques peuvent parfois être constructives. Mais la lecture de tracts ne constitue en rien une élévation du débat. Quant à la connaissance de la ville…

Mise à mort


Présentation en Conseil des Ministres du Projet de loi de finances pour 2010… bref du budget de l’Etat pour l’an prochain. Déficit record, suppression de la taxe professionnelle (l’une des principales ressources fiscales des colllectivités territoriales), et de 34 000 postes de fonctionnaires (après les 30 000 de 2009, et les milliers d’autres les années précédentes). Cela signifie clairement que, sous prétexte de plan de relance, de sortie de crise et de je-ne-sais-quoi, le moins d’Etat continue d’avancer inexorablement. Le moins d’Etat, le moins de services publics, de services aux Français. Je ne prendrais que l’exemple de la police nationale, qui va voir ses effectifs fondre deprès de 10% dans les trois ans qui viennent. 8000 postes de policiers en moins, 8000 interlocuteurs de moins au coeur de nos villes, 8000 présences en moins… et des millions de Français de plus en plus abandonnés, à qui on propose par pages entières de publicité dans les journaux de se doter d’alarmes de plus en plus sophistiquées, des abonnements qui vont avec, etc… Pas à tous les Français, bien entendu… à ceux qui en ont les moyens. Par un même mouvement de balancier qui offre nos droits à la concurrence et au profit, les mêmes pages de publicité proposent de confier vos enfants à des officines privées qui ont même les moyens de se payer des campagnes de pub sur tous les murs de France… au moment où on annonce 16 000 supressions de postes dans l’Education Nationale. La crise a décidément bon dos, et se transforme jour après jour en autel de la mise à mort des services publics.

RIEN A TIRER !


sarko+fillonIl n’y a décidément rien à tirer de ce gouvernement, dont la seule stratégie consiste à aligner les mots quand il faut parler des plus modestes, des plus nécessiteux… et à mettre en place les mesures les plus injustes lorsqu’il faut satisfaire les privilégiés. C’est du reste une fracture de fond entre la droite la gauche qui est mise en lumière par la politique de Sarkozy, et confirmée aujourd’hui par François fillon (dont on ne sait toujours pas ce qu’il fait exactement dans la vie : porte-parole de Sarkozy ? concierge de Matignon ? …), qui tenait les propos suivants : « En 2010 nous allons geler la progression des dépenses de l’Etat en volume. Pour y parvenir nous maintiendrons la règle du non-remplacement d’un départ en retraite sur deux dans la fonction publique, soit 34.000 postes en moins, et nous accélérerons l’effort de la révision générale des politiques publiques (RGPP) ». Cette fracture, c’est la conception fondamentalement différente que nous avons du rôle et de la place de l’Etat. Là où nous pensons que l’Etat doit avoir un rôle de régulation et de protection, là où nous croyons qu’il doit faire acte de solidarité, de présence, de soutien, notamment auprès des plus faibles… la droite pense, elle, que l’Etat n’a pas à intervenir dans la vie de nos concitoyens, que le marché fait cela très bien, que son rôle doit se limiter au strict minimum (police-justice-armée… et encore : quelle police ? quelle justice ? quelle armée ?…), et que le seul soutien efficace, c’est celui des privilégiés (qui, bien entendu, « tirent » la société vers le haut). En clair, les propos de François Fillon signifient tout simplement que la présence de l’Etat, des services publics (et donc des services au public) va continuer à décroître massivement. Moins de policiers, moins d’enseignants… mais plus de cours privés payants, plus de vidéosurveillance… Lamentable mais parfaitement cohérent au regard de l’idéologie de la droite au pouvoir. Désespérant aussi… d’autant qu’en surfant sur internet aujourd’hui, deux chiffres ont retenu mon attention : « (…) Le taux de croissance annuel des salaires des 0,1% de Français les mieux payés a été de quatre à cinq fois supérieur à celui des 10% du bas de l’échelle (entre 1983 et 2007) » (lemonde.fr), d’une part… Le couple Sarkozy-Bruni envisage d’acquérir une nouvelle résidence : soit l’ancien couvent des Pères Carmes dans le XVIème arrondissement, évalué à 12 millions d’Euros, soit l’appartement de feu Yves Saint-Laurent dans le VIIème arrondissement, dont on ne connaît pas le prix, mais qui fait 700m2, d’autre part… (lepost.fr). Je préfère ne pas commenter. 

%d blogueurs aiment cette page :