« Réfléchir c’est commencer à désobéir » !


Souvenirs de service militaire : c’est avec cette phrase qu’un adjudant-chef que j’ai bien connu commençait chaque journée ou presque. Je n’ai jamais su s’il se contentait de lancer cela comme un simple slogan, où s’il entrevoyait la vraie démarche qui se cache derrière. C’est à cet adjudant-chef que je ne peut m’empêcher de penser ces jours derniers en lisant la prose gouvernementale sur la suppression de l’histoire comme matière obligatoire en terminale S. Précisons d’abord que cela touche quasiment la moitié des lycéens, qui vont ainsi se voir privés de l’enseignement d’une matière fondamentale.

Car l’étude de l’histoire, comme de la géographie, comme des disciplines artistiques, fait partie d’un vrai processus de formation de l’esprit. Y compris de l’esprit critique, d’ailleurs. C’est peut être cela qui gêne. Etudier l’histoire, c’est savoir mettre en perspective, c’est se livrer à l’analyse, c’est apprendre à se projeter… Tous les progrès humains, sociaux, toutes les avancées, les acquis ont été arrachés grâce aux combats menés au nom d’idéaux, de valeurs, qui n’auraient pu être portés sans cette dynamique. Etudier l’histoire, c’est en un mot réfléchir. Et c’est en « réfléchissant » qu’on devient un homme digne de ce nom. Pas seulement une machine à produire ou à faire des équations, docilement, sagement, comme le souhaite le gouvernement. L’homme qui pense est un homme qui comprend, qui se bat, qui se dresse, qui dialogue, qui échange. Il en va de même avec les disciplines artistiques, qui ouvrent l’esprit, qui titillent l’esprit critique, qui font découvrir d’autres lieux, d’autres cultures, d’autres raisonnement. En un mot, ces enseignements là font grandir. La politique gouvernementale est dans ce domaine d’une parfaite cohérence avec ses objectifs d’asservissement (oui : d’asservissement) de la société. Prochaine étape prévue : la mort de la philo. Cohérent.

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