LA RECIDIVE EN QUESTION


Christiane Taubira lors de l'installation du Comité d'Organisation de la Conférence de Consensus en septembre 2012

Christiane TAUBIRA lors de l’installation du
Comité d’Organisation de la Conférence de Consensus en septembre 2012

Je m’aperçois que j’ai beaucoup de mal a respecter ma bonne résolution de début d’année, c’est à dire être davantage présent sur ce blog 😦 Mais, pour tout vous dire je préfère être sur le terrain, rencontrer les lommoises et les lommois chaque semaine… Le blog est important, mais à mes yeux complémentaire.

Comme promis à certains et certaines d’entre-vous sur Facebook ces jours derniers, je souhaite vous préciser deux ou trois choses sur la Conférence de consensus sur la prévention de la récidive, à laquelle j’ai participé cette semaine. D’abord la méthode : elle est très originale et nous vient du monde médical. Trois étapes sont nécessaires : d’abord la mise en place par la Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Christine Taubira, d’un Comité d’organisation. Cela a été fait en septembre dernier : une vingtaine de personnes ont été appelées par la Ministre pour travailler pendant cinq mois à la préparation de la réunion de cette semaine. Chercheurs, universitaires, policiers, magistrats, avocats, représentants d’association, administration pénitentiaire…. et deux élus locaux : Xavier Lemoine maire UMP de Montfermeil, et votre serviteur maire PS de Lomme (les membres du Comité d’organisation ici : http://conference-consensus.justice.gouv.fr/comite-dorganisation/). Nous avons réuni toutes les informations disponibles à ce jour, en France et à l’étranger, sur la récidive, compilé toutes les expériences, toutes les pratiques, auditionné des dizaines de personnes … pour en arriver à une synthèse globale des connaissances, et l’identification des questions qui se posent en la matière en France.

Deuxième étape : il s’agissait de nommer le jury qui allait siéger pendant la Conférence de Consensus elle-même, cette semaine. Doté de notre travail préparatoire, les membres de ce jury présidé par Françoise Tulkens, ancienne vice-présidente de la Cour européenne des droits de l’homme, ont pu s’imprégner de tous les éléments avant d’auditionner eux-mêmes en séance publique un certain nombre d’experts. C’était l’objet des deux jours de travail de cette semaine. Plus de 1000 professionnels y ont assisté afin de suivre les débats (la liste des membres du jury ici : http://conference-consensus.justice.gouv.fr/jury-2/  Par ailleurs toutes les vidéos de la conférence sont visibles ici : http://conference-consensus.justice.gouv.fr/).

Troisième étape : et bien elle est en au moment où j’écris ces lignes ce dimanche. Le jury est en train de « digérer » les débats et de préparer les propositions qui seront faites au gouvernement la semaine prochaine, en vue d’aboutir à un projet de loin courant 2013.

Un mot enfin sur les quelques questions majeures qui se posent, que nous avons identifiées, et qui seront au coeur des propositions à venir. La première concerne le périmètre de la justice pénale. Un seul exemple : lorsqu’on sait que les infractions routières concernent 48% du contentieux pénal, faut-il continuer à faire traiter tous les délits par la justice pénale ? Certains d’entre-eux ne peuvent-ils relever de réponses administratives par exemple ? Les courtes peines de prison sont particulièrement critiquées, ne permettant pas la réinsertion et aggravant dans de nombreux cas le risque de réitération… il est donc apparu urgent de s’interroger sur le sens et l’efficacité de tels séjours en prison. Faut-il créer une nouvelle peine exécutée en milieu ouvert ? Sous quelle forme ? Comment rendre les peines alternatives à la détention crédibles et plus efficaces pour éviter la récidive ? Comment rendre effectives les mesures de contrôle et d’interdiction ? Faut-il développer des quartiers spécialisés, notamment pour les courtes peines ou la préparation à la sortie ?…

Voilà quelques unes des très nombreuses questions sur lesquelles nous avons travaillé ces derniers mois. Le chemin est encore long avant la loi qui pourrait émerger de tout cela… mais quoiqu’il arrive nous savons désormais à peu près tout sur la récidive, ses raisons, et les moyens qui pourraient permettre de l’enrayer.

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