Pour les agriculteurs aussi, le changement c’est maintenant !


Puisque c’est le salon de l’agriculture, un mot aujourd’hui sur la situation des agriculteurs. Dans le Nord comme dans toute la France, leur situation s’est considérablement dégradée ces dernières années, avec notamment une augmentation impressionnante du nombre d’allocataires du RSA (environ 460€/mois, faut-il le rappeler…). Imaginez que 10% des foyers agricoles de notre pays ont fait appel à cette allocation de solidarité (un détail au passage : Martin Hirsch, inventeur de la chose,  a piqué un coup de colère cette semaine en expliquant que si le RSA ne fonctionne pas, c’est parce que Pôle Emploi a reçu instruction de ne pas le faire fonctionner afin de ne pas gonfler les statistiques du chômage. Ubuesque…) Ces dix dernières années, notre pays a perdu environ un quart de ses exploitations. Et quoi qu’on en dise, c’est bien l’existence d’une politique agricole commune qui maintient la tête hors de l’eau de nombre d’entre-elles. L’agriculture a été livrée peu à peu aux marchands de l’industrie de la transformation, dans un phénomène qui est exactement identique à ce qui se passe dans la grande distribution. Les grands groupes imposent aux agriculteurs des conditions d’achat de la production draconiennes, et souvent insupportables, sous peine de les laisser tomber… aidés en cela par le gouvernement. C’est tout le sens du contrat individuel voulu par le Ministre de l’agriculture Bruno Le Maire : seul face aux gigantesques groupes, on est plus faible. Et c’est le but… qui consiste comme d’habitude à privilégier les grands, les forts, en partant du principe profondément stupide, et démenti par l’histoire, que leur réussite entrainera celle de tous les autres (quitte à abandonner en chemin, comme d’habitude aussi, les notions de solidarité, de protection et d’intérêt général). C’est donc tout le sens également de la proposition de François Hollande, qui veut remplacer ces contrats individuels par des contrats collectifs qui permettront aux agriculteurs de s’organiser collectivement et don de peser face aux trusts. Le changement c’est maintenant, pour les agriculteurs aussi !

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CASSE-PIPE !


C’est au casse-pipe qu’a été envoyé Jean-Louis Borloo avec Le Grenelle 2 qui vient d’être présenté à l’Assemblée. Les choses avaient pourtant bien démarré, puisqu’après une longue période de consultations, le

Jean-Louis BORLOO

Grenelle 1 avait été voté il y a dix-huit mois à la quasi unanimité (moins trois ou quatre voix me semble-t’il). Les socialistes avaient donc soutenu, de façon responsable,  ces engagements pour un véritable avenir durable. Restait à voir les mesures concrètes et la déclinaison desdits engagements dans le domaine de la consommation, des transports ou encore de l’énergie. C’est là que les choses se sont gâtées. Il ne reste en effet plus grand chose des grandes phrases du Grenelle 1 (et du fameux « Comment pourrions-nous ne pas tenir nos engagements ?« de Nicolas Sarkozy, qui n’est plus, loin s’en faut, à un reniement près, puisqu’on est passé depuis au non moins fameux « L’environnement çà va bien » du salon de l’agriculture). Là où l’accord presque total s’était fait autour de l’idée de penser autrement notre avenir et celui de nos enfants, d’imaginer les solutions alternatives et rapides au tout consommable tout de suite, de renverser les logiques… les députés ont été sommés de voter en trente heures un catalogue de mesures dont les pages les plus attendues avaient été arrachées avec soin et zèle. Plus rien donc sur l’interdiction des pesticides, sur le soutien fort à l’agriculture biologique, sur les éoliennes individuelles, sur la limitation des transports routiers, sur la trace écologique des produits de consommation… et sur bien d’autres choses.  Les députés socialistes mettent donc en face, sur la table, leurs propositions, viables, responsables : soutien au développement de toutes les filières d’énergie renouvelable, création d’un pôle public de l’énergie, application du principe pollueur-payeur, taxe poids lourds pour développer le ferroutage, modulation de la TVA en fonction de l’impact écologique des produits, développement des circuits courts de distribution, conversion des grandes filières industrielles vers les productions propres, financement public des transports collectifs, etc… Du concret… et non soumis aux lobbies !

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