Rassemblement des conseillers généraux

J’étais cet après-midi au rassemblement des conseillers généraux de France à Paris. Et nous étions nombreux, des milliers, de gauche et de droite, pour dire notre refus de se voir imposer l’invraisemblable réforme des collectiviés territoriales voulue par Nicolas Sarkozy. De quoi s’agit-il ? D’une suppression pure et simple de vos conseillers généraux, remplacés en 2014 par des conseillers territoriaux qui siégeront à la fois au Conseil général et au Conseil régional. D’un mode de scrutin qui ne sera pas partout identique pour ces conseillers, certains étant élus au suffrage universel direct, d’autres à la proportionnelle. D’une suppression de ce que appelle la “clause de compétence générale“, c’est à dire de la possibilité pour le Conseil général se saisir de compétences qui ne sont pas exclusivement prévues par la loi. De la suppression, par conséquent dans le Nord, du Fonds d’aménagement du Nord (FDAN) et du Fonds de solidarité terrioriale (FDST) qui permettent d’intervenir dans le développement des communes les plus petites et les plus défavorisées fiscalement. D’une incertitude totale sur la manière et les moyens qui permettront de gérer à l’avenir les compétences d’hyper-proximité, si fondamentales dans la vie quotidienne : RSA, allocation d’autonomie pour les personnes dépendantes, allocation liées aux handicaps, etc… D’un mode de scrutin incroyable  – la proportionnelle à un tour  – qui favorisera la droite dans la plupart des cas. De la suppression de la taxe professionnelle, qui est la principale ressource des collectivités, et de l’inquiétude quant au système qui la remplacera… ou pas. D’une attaque en règle de tout ce qui fonde le pacte républicain. Nicolas Sarkozy a finalement décidé de ne pas se présenter devant nous à Paris.

UN DEBAT REVELATEUR…

EHPAD

La maison de retraite Gilbert Forestier

Très intéressante séance du conseil municipal de Lomme ce jeudi soir. Traditionnel débat d’orientation budgétaire pour lequel l’opposition avait choisi une stratégie en deux temps, ou deux aspects. D’abord lire une compilation des tracts UMP à la gloire du gouvernement et de son action incomparable au service et en faveur des Français. Classique, quoique totalement décalé des aspirations des Français en général, et des Lommois en particulier. Ensuite prendre quelques exemples locaux censés illustrer “l’échec de vingt ans de socialisme à Lomme. Première petite remarque : il faut bien mal connaître l’histoire de cette ville pour  croire que le socialisme s’y est implanté avec l’arrivée d’Yves Durand au poste de maire en 1990. Son prédécesseur Arthur Notebart  - socialiste lui aussi s’il en était !  -  avait pour sa part été élu en… 1947. Mais peu importe ce détail, néanmoins révélateur. Quant aux exemples prouvant sans conteste l’échec de la majorité lommoise : la maison de retraite Gilbert Forestier, la sécurité. Là aussi, quelle méconnaissance de notre ville et de son histoire…

La maison de retraite Gilbert Forestier (qui n’avait pas encore été baptisée du nom de notre regretté Gilbert) était un établissement relevant du secteur hospitalier. A la fin des années 1990, les difficultés financières étaient telles que l’équilibre était menacé. Deux solutions s’offraient alors à l’Etat : fermer purement et simplement la maison de retraite, ou augmenter fortement le forfait des pensionnaires. Nous en avons choisi une troisième : municipaliser l’établissement, pour le sauver définitivement, et ce avec l’aide financière de notre commune associée Lille, sans laquelle l’opération n’aurait pas pu être possible. Echec, donc ? Depuis, l’établissement a pu être transformé en EHPAD (Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) avec l’implication financière majeure du Conseil général, et va être reconstruit à neuf avenue de Dunkerque, près de la Maison des enfants. On connaît des échecs moins glorieux que celui-là.

Deuxième exemple souligné par l’opposition UMP : la sécurité. Là aussi on croit rêver ! Faut-il rappeler que la sécurité est une mission régalienne de l’Etat, et que celui-ci prévoit de supprimer près de 10% des effectifs totaux de la police nationale d’ici 2012 (8000 suppressions de postes) ? Faut-il rappeler qu’au commissariat de police de Lomme, il n’y a plus désormais qu’un seul policier de service le week-end ? Faut-il rappeler qu’il n’est plus possible d’appeler votre commissariat de proximité, mais que vous devez composer le 17, ce qui vous envoie à l’hôtel de police de Lille qui reçoit tous les appels du département ? Faut-il rappeler enfin qu‘à Lomme, nous avons multiplié par deux les effectifs de la police municipale, passant de 9 à 18 agents grâce à l’association avec Lille ?

Critiquer fait certes partie du rôle de l’opposition… quoique certaines critiques peuvent parfois être constructives. Mais la lecture de tracts ne constitue en rien une élévation du débat. Quant à la connaissance de la ville…

UN VRAI DEBAT, PAS UNE MANIPULATION !

ernest_renan

Ernest Renan

Le même coup à chaque fois ! Dès que se profile une élection, le gouvernement nous ressort un de ces joujoux idéologiques qui ne servent que de torchon rouge, et dont le fond lui est totalement indifférent. Ainsi le “grand” débat sur l’identité nationale est-il de retour depuis quelques jours, et aujourd’hui le couvre-feu pour les moins de 13 ans. Même le syndicat de police Alliance, pourtant pas réputé être proche de l’opposition, a réagit en expliquant qu’on ne peut à la fois supprimer les effectifs de police par milliers et proposer des missions supplémentaires aux agents (ce qui évite audit syndicat d’aborder la question de l’opportunité d’une telle mesure). Pierre Moscovici et Martine Aubry ont qualifié le “grand” débat de Besson de malsain. Et ils ont raison(quant à Besson lui même,…).

Malsain, grossier et cynique. Oui au débat, mais pas maintenant, et pas comme çà. Pas en insinuant que tout ce qui vient d’ailleurs serait contraire à l’identité de la France qui , au contraire, s’est bâtie sur des immigrations successives. Qui s’aviserait de remettre en cause l’identité française des immigrés de deuxième génération Brassens, Montand ou Aznavour ? Là où le débat sera intéressant, s’il est vraiment posé sereinement et avec raison, c’est lorsqu’il abordera et posera la vraie et seule question : moi, Français, d’où suis-je ?… Suis-je de là où je suis né et où sont nés mes aïeux ? Suis-je de là où je suis bien ? Suis-je de là où je partage les valeurs du pays ? Suis-je de là où j’ai un projet ? Et on reposera alors la question du droit du sol et du droit du sang. L’homme n’appartient ni à sa langue, ni à sa race : il n’appartient qu’à lui-même, car c’est un être libre, c’est un être moral (…). La vérité est qu’il n’y a pas de race pure, et que faire reposer la politique sur l’analyse ethnographique est une chimère. Les plus nobles pays, l’Angleterre, la France, l’Italie, sont ceux où le sang est le plus mêlé!, disait Ernest Renan dans sa fameuse conférence de la Sorbonne qui a posé les bases de la conception française de la nation, conception ouverte, généreuse et intelligente (alors que Fichte théorisait la nation allemande, fondée sur le droit du sang). Relisons Renan, et si débat il y a, qu’il se fasse dans le respect des uns et des autres, sans arrière-pensées électoralistes. Un vrai débat. Pas une manipulation.

http://www2.ac-lyon.fr/enseigne/ses/ecjs/renan.html

Départ

Départ demain très tôt pour Varna (Bulgarie) avec des collégiens du Département qui sont primés dans le cadre d’un concours européen de photos. Le thème : “Mon idée des frontières en Europe“. Belle réflexion… Retour jeudi. Bon week-end et bonne semaine.

UN PIEGE POLITIQUE REDOUTABLE

Le projet de réforme des collectivités territoriales continue à cheminer dans la douleur. Et le débat dépasse largement la simple opposition droite/gauche, loin s’en faut. Si vous ne l’avez déjà lue, vous trouverez ci-dessous le texte intégral de la tribune publiée dans le Monde ces jours derniers par Bernard Derosier, Président du Conseil général du Nord.

“Collectivités locales : réforme impossible ?

Avant les arbitrages présidentiels et le débat parlementaire, la refonte du «mille-feuille» territorial français soulève plus de soupçons, de critiques et d’inquiétudes que d’encouragements, à gauche comme à droite

Un piège politique redoutable

Alors qu’il aurait pu être fondamental pour la réaffirmation de la démocratie locale, le projet de réforme des collectivités territoriales s’apparente désormais à un piège politique redoutable. Le gouvernement avait en effet le choix : soit proposer une réforme ambitieuse qui renforce la décentralisation, soit promouvoir par tous les moyens l’UMP, au sein de ces collectivités.

Désormais, le doute n’est plus permis. La seconde tentation l’a emporté. Essentielle aux yeux du président de la République, l’élection des conseillers territoriaux en témoigne. La création du conseiller territorial était déjà une idée contestable puisqu’elle réduit considérablement le nombre des élus locaux qui sont pourtant les interlocuteurs quotidiens de nos concitoyens et constituent le maillage apprécié d’une véritable démocratie de proximité. Ainsi « moins de fonctionnaires », « moins de juges indépendants », « moins d’élus de terrain » sont devenus les raccourcis démagogiques d’un Etat qui se dévoile chaque jour un peu plus dominateur.

Mais ce n’était pas assez de supprimer des élus. Il fallait y ajouter un charcutage annoncé de nos cantons et un scandaleux tripatouillage du mode de scrutin. Le charcutage est évident. A partir de circonscriptions législatives nouvellement redécoupées au détriment de la gauche, le gouvernement se propose de rajouter l’injustice à l’injustice en créant de nouveaux cantons dont la géographie sera – de manière bien trop prévisible – complaisante pour l’UMP.

Pour le mode de scrutin, le tripatouillage est total avec la suppression du deuxième tour, distinctif de la démocratie française depuis des décennies. Ainsi, un candidat pourrait être élu conseiller territorial avec moins de 20 % des suffrages dès lors qu’il serait placé en tête au tour unique. Or la France n’a jamais été une démocratie bipartisane comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne et le scrutin majoritaire uninominal à un tour n’y est donc absolument pas transposable.

Main basse sur les territoires

Pour le gouvernement, il s’agit donc bien de faire main basse sur les territoires locaux afin que la majorité des régions et départements tombent dans l’escarcelle présidentielle, ce qui aurait l’avantage masqué, mais stratégique, de conforter la majorité de droite au Sénat. Pour justifier un tel dessein, tous les moyens sont bons, y compris ceux qui relèvent d’une démagogie éculée, voulant faire croire à une gestion des territoires dispendieuse, alors même que l’Etat n’a cessé de leur transférer des compétences.

Nous sommes tous soumis à l’exigence d’une bonne gestion. Or le projet gouvernemental entend brider les collectivités en supprimant la clause générale de compétence, consubstantielle pourtant à toute idée de décentralisation parce qu’elle marque la différence entre une collectivité libre de gérer ses propres affaires et un établissement public contraint dans des compétences spécialisées.

En l’état, cette réforme marque une régression considérable : elle met à bas les fondements de notre République décentralisée et pervertit l’essence de notre démocratie locale.”

Bernard Derosier

AUTOROUTE A24 : JE NE LÂCHERAI PAS !

autorouteJe ne vous fais pas le résumé de tous les épisodes précédents, ces dernières années, concernant le destin de ce que nous espérons être l’ex-future autoroute A24. Rappelons néanmoins que le Préfet Daniel Canepa, avant de partir vers un autre destin, avait affirmé que ce dossier était “en apesanteur“. Prenant sa succession, l’actuel Préfet Jean-Michel Bérard expliquait quant à lui que le projet est “sur la touche“. Certes… mais j’avais quand même écrit à ce dernier en novembre 2008 pour lui demander où en est EXACTEMENT ce projet d’autoroute et s’il est REELLEMENT abandonné. Plus d’apesanteur ni de touche dans la réponse qui m’avait été apporté (voir les articles précédents sur le sujet). JM Bérard m’indiquait qu’un Schéma national des infrastructures de transport (SNIT) serait présenté fin 2009, que ce document serait élaboré en coordination et concertation avec les élus et collectivités concernées. Nous sommes en octobre, et nulle trace du SNIT, encore moins de concertation… ni d’abandon explicite du projet A24. J’ai donc repris la plume pour réinterroger le Préfet sur le sujet (en notant par ailleurs que je ne suis pas le seul à m’inquiéter du silence gouvernemental, un parlementaire UMP ayant interpellé le Ministre). Vous trouverez ci-dessous le texte de cette lettre. Je ne lâcherai pas… et vous tiendrai bien entendu informé des suites :

Monsieur le Préfet,

Le 24 novembre 2008, lors de votre rencontre avec les élus du Conseil Général du Nord réunis en séance plénière, je vous avais transmis un courrier afin d’attirer votre attention sur l’avenir du projet de liaison autoroutière A 24.

Ce courrier faisait suite à vos propos tenus dans la presse où vous aviez confirmé la « mise sur la touche » de la liaison rapide Amiens-Lille-Belgique (A24).

Par réponse du 11 décembre 2008, vous m’aviez précisé que la démarche du Grenelle de l’Environnement entendait réformer en profondeur la politique des transports afin de la rendre compatible avec les objectifs de développement durable et de l’orienter vers les modes alternatifs à la route.

Ainsi, afin de coordonner et de planifier les différents projets, un Schéma National des Infrastructures de Transport (SNIT) devait être élaboré afin d’être opérationnel en cours d’année 2009, les grands projets d’infrastructures en cours, dont l’A24 et le contournement de Lille, devant faire quant à eux l’objet d’une évaluation socio-économique.

Or, à la lecture des débats parlementaires du Sénat (JO Sénat du 06/08/2009, intervention de M. Louis NEGRE), il apparaît que le gouvernement n’a communiqué ni le calendrier, ni l’état d’avancement actuel de la procédure, ni même les modalités et le déroulement de la concertation avec les collectivités.

Vous comprendrez que l’absence de réponse confirmant un abandon définitif du projet condamné unanimement, engendre des difficultés aux élus du canton de Lomme, car il est difficile, dans ce cadre, d’envisager tout aménagement du territoire à moyen et court terme.

Dès lors, je souhaitais savoir si vous disposiez d’informations nouvelles sur ce dossier, et notamment sur l’évaluation socio-économique qui devrait être réalisée. En effet, nous sommes tous dans l’attente de cet abandon pour envisager un développement cohérent de ce territoire et sauvegarder la qualité de vie que nous devons à ces habitants.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes sentiments les meilleurs.”

Campus Grand lille : la dernière arnaque de l’Etat

imagesJe suis intervenu en séance plénière du Conseil général cet après midi, afin d’attirer l’attention de mes collègues sur une vraie tromperie de l’Etat. Résumé des épisodes précédents : Acte I, le gouvernement annonce en 2008 qu’il entend donner aux universités françaises une dimension internationale. Hou la vache ! On va voir ce qu’on va voir ! Le père de Jean Sarkozy annonce alors qu’on va “mettre le paquet” (il va toujours “mettre le paquet“, quel que soit le sujet, c’est devenu une sorte de tic de langage…). La métropole lilloise pousse légitimement ses pions et le projet campus Grand Lille voit le jour. Il s’agit de mettre en réseau, sous forme fédérale, l’ensemble des universités de la métropole, afin de constituer une entité d’audience internationale. Il faut rénover les sites, propulser la recherche, soutenir les étudiants. L’évaluation des besoins, précise et argumentée, sort le chiffre de 640 millions d’€. On va  ”mettre le paquet“, paraît-il, et tous les espoirs nous sont donc permis. Acte II : l’excellente Valérie Pécresse, Ministre de l’enseignement supérieur, annonce fin septembre que l’Etat s’engage à hauteur de… 110 millions d’€… et encore, à condition que les collectivités (par ailleurs étranglées par la politique gouvernementale) apportent de leur côté 1€ pour chaque € versé par l’Etat. Comme dirait mon camarade Juppé, maire de Bordeaux, “on se fout de la g… du monde” ! Et comme d’habitude la même recette : annonce en grande pompe d’un effort soutenu… puis abandon en grande discrétion des promesses en question. Classique… terriblement classique...mais tellement insupportable !

Chiffres à méditer (merci Antoine)

A qui ont bénéficié les baisses d’impôts ces dernières années en France ?

La fondation de centre gauche Terra Nova a étudié, sur la base des documents budgétaires, l’ensemble des mesures fiscales annoncées et mises en oeuvre depuis 2002, parmi lesquelles la réforme de l’impôt sur le revenu ou le “bouclier fiscal”. Elle conclut à “une logique étonnante de “redistribution à l’envers” : 20 milliards d’euros par an, plus d’un point de la richesse nationale, sont pris chaque année aux classes moyennes pour être redistribués aux ménages les plus aisés”, soit les deux tiers des baisses d’impôts.

( Article paru dans l’édition du Monde du 06.10.09)

Maison Folie Beaulieu

2h30. Je rentre de la Maison Folie Beaulieu où j’ai accompagné l’équipe jusqu’au bout du bout de ce samedi un peu fou, samedi de l’inauguration officielle. Un lieu magnifique, porteur de tant d’histoire et de tant d’histoires,  et auquel nous avons su redonner vie, avec l’aide la ville de Lille, du Conseil général du Nord, et du Conseil régional. Mais qu’est ce qu’une Maison Folie ? Un lieu qui porte une ambition à la fois extrêmement simple et très complexe. Il s’agit de faire vivre un lieu de culture qui à la fois sache promouvoir les projets les plus pointus, mais aussi les faire partager avec le plus grand nombre. Un lieu où la culture est tout sauf une exception réservée à un public averti (averti de quoi, d’ailleurs ?) , tout sauf un lieu d’élite pour une élite, tout sauf un lieu pour “spécialistes” de la culture.. Non, un lieu populaire, au sens le plus positif du terme. Un lieu de partage, de rencontres, de transmissions. On y verra du théâtre, du cirque, des arts plastiques, de la vidéo, des expositions, de la photo, de la peinture, de musique, la vidéo… et bien d’autres choses encore. On y verra surtout des lommoises et des lommois, et tous ceux qui ont envie de partager, de vivre, de découvrir, de s’ouvrir… Une Maison Folie, quoi ! La programmation du trimestre est déjà fabuleuse. On s’y retrouvera bientôt !

Mise à mort

Présentation en Conseil des Ministres du Projet de loi de finances pour 2010… bref du budget de l’Etat pour l’an prochain. Déficit record, suppression de la taxe professionnelle (l’une des principales ressources fiscales des colllectivités territoriales), et de 34 000 postes de fonctionnaires (après les 30 000 de 2009, et les milliers d’autres les années précédentes). Cela signifie clairement que, sous prétexte de plan de relance, de sortie de crise et de je-ne-sais-quoi, le moins d’Etat continue d’avancer inexorablement. Le moins d’Etat, le moins de services publics, de services aux Français. Je ne prendrais que l’exemple de la police nationale, qui va voir ses effectifs fondre deprès de 10% dans les trois ans qui viennent. 8000 postes de policiers en moins, 8000 interlocuteurs de moins au coeur de nos villes, 8000 présences en moins… et des millions de Français de plus en plus abandonnés, à qui on propose par pages entières de publicité dans les journaux de se doter d’alarmes de plus en plus sophistiquées, des abonnements qui vont avec, etc… Pas à tous les Français, bien entendu… à ceux qui en ont les moyens. Par un même mouvement de balancier qui offre nos droits à la concurrence et au profit, les mêmes pages de publicité proposent de confier vos enfants à des officines privées qui ont même les moyens de se payer des campagnes de pub sur tous les murs de France… au moment où on annonce 16 000 supressions de postes dans l’Education Nationale. La crise a décidément bon dos, et se transforme jour après jour en autel de la mise à mort des services publics.