Je suis intervenu en séance plénière du Conseil général cet après midi, afin d’attirer l’attention de mes collègues sur une vraie tromperie de l’Etat. Résumé des épisodes précédents : Acte I, le gouvernement annonce en 2008 qu’il entend donner aux universités françaises une dimension internationale. Hou la vache ! On va voir ce qu’on va voir ! Le père de Jean Sarkozy annonce alors qu’on va “mettre le paquet” (il va toujours “mettre le paquet“, quel que soit le sujet, c’est devenu une sorte de tic de langage…). La métropole lilloise pousse légitimement ses pions et le projet campus Grand Lille voit le jour. Il s’agit de mettre en réseau, sous forme fédérale, l’ensemble des universités de la métropole, afin de constituer une entité d’audience internationale. Il faut rénover les sites, propulser la recherche, soutenir les étudiants. L’évaluation des besoins, précise et argumentée, sort le chiffre de 640 millions d’€. On va ”mettre le paquet“, paraît-il, et tous les espoirs nous sont donc permis. Acte II : l’excellente Valérie Pécresse, Ministre de l’enseignement supérieur, annonce fin septembre que l’Etat s’engage à hauteur de… 110 millions d’€… et encore, à condition que les collectivités (par ailleurs étranglées par la politique gouvernementale) apportent de leur côté 1€ pour chaque € versé par l’Etat. Comme dirait mon camarade Juppé, maire de Bordeaux, “on se fout de la g… du monde” ! Et comme d’habitude la même recette : annonce en grande pompe d’un effort soutenu… puis abandon en grande discrétion des promesses en question. Classique… terriblement classique...mais tellement insupportable !
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Journal “Libé Lille”
30/10/2009
Conseil général du Nord : le fils du président devra passer les concours
Le tribunal administratif de Lille a cassé jeudi la nomination du fils du président du conseil général du Nord, Bernard Derosier (PS), à la direction des affaires juridiques du département car il n’avait pas passé de concours de la fonction publique, indique l’AFP, de source judiciaire.
Le tribunal, saisi par l’ancien préfet du Nord Daniel Canepa, a suivi l’avis du rapporteur public. Ce dernier estimait que Philippe Derosier devait quitter le poste qu’il occupe pour laisser la place à l’un des candidats ayant réussi le concours et a ordonné l’annulation de l’arrêté portant sur le renouvellement de son contrat.
A l’audience, le rapporteur public a rappelé l’application de la loi du 26 janvier 1984 qui stipule que les collectivités territoriales ne peuvent employer des non-fonctionnaires qu’à titre exceptionnel. Les candidats aux postes doivent avoir passé un concours de la fonction publique.
Détenteur d’un DEA en droit public, Philippe Derosier occupait un poste d’attaché territorial et n’avait pas le diplôme correspondant à sa fonction, alors qu’un autre candidat au poste présentait les diplômes spécifiques et dix années d’expérience à la communauté urbaine de Strasbourg. Le conseil général n’a pas commenté cette décision qui ne lui avait pas encore été officiellement notifiée jeudi soir.